Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.01.26
De deux choses, l’une. Soit on se réclame du « droit international », soit on considère, en analyste cynique, lecteur de Clausewitz et Bismarck, les seuls rapports de forces.
Si on est de la première catégorie, alors désolé, il faut condamner le comportement de Trump au Venezuela avec la même force que celui de Poutine en Ukraine. Dans les deux cas, à des degrés certes différents, il y a l’application, pure et dure, de la loi du plus fort : « Tu es dans ma zone d’influence, je suis le patron ». Et cela, c’est tout, sauf le « droit international ».
Si on se veut de la seconde catégorie, celle qui reconnaît, comme fait accompli, les sphères d’influence, donc la capacité d’attraction d’un petit par un proche puissant, alors OK, on laisse Trump débarquer à Caracas, enlever le Président en exercice (fût-il un très méchant individu), s’approprier le pétrole du pays, en recouvrant cet acte de pur piratage de belles paroles sur la démocratie. Mais alors, dans le cas de la Russie et de l’Ukraine, on doit peut-être se poser quelques questions sur l’ancestrale rivalité de Kiev et Moscou autour de la partie orientale de l’Ukraine, à commencer par le Donbass.
Bref, le moralisme, dans cet implacable paradoxe, qui nous force à nous montrer cohérents et à choisir, est la grande victime. Rien ne sert de gémir. Il nous faut être lucides, c’est la première des vertus.
Pascal Décaillet
Commentaires
La politique de deux poids deux mesures éclate au grand jour:
Le Kosovo, arraché par la force à la Serbie, aux frontières pourtant reconnues par les pays de l'OTAN,
l'attaque sur le Panama, pour enlever Noriega ( en 1989 déjà.. ), sans oublier La Grenade en 1983, etc.
On attend les sanctions européennes égales à celles infligées à la Russie.
Pour les oscars de l'envahisseur, les US sortent grands vainqueurs.
Bien dit et bien écrit. On peut aussi se référer à Napoléon. Incroyable personnage.
Constance et cohérence occupent une place de choix dans le bagage de l'Honnête Homme !