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L'école : tout le monde s'en fout !

 
 
Sur le vif - Lundi 26.01.26 - 15.56h
 
 
En politique, rien ne sert de pérorer. Il faut des actes. C'est valable dans tous les domaines, à commencer par l'école.
 
Difficile, en Suisse, d'élaborer de manière crédible un discours national sur l'école. Difficile, et même contre-nature : l'instruction publique est cantonale, il y a 26 systèmes scolaires en Suisse, et c'est très bien ainsi.
 
Et tous les "Concordats" intercantonaux, toutes les ordonnances fédérales sur les diplômes, n'y pourront rien changer : les Suisses sont viscéralement attachés à ce fédéralisme de proximité, que nos voisins français nous envient. On n'enseigne pas à Genève comme dans les Grisons : où est le problème ?
 
Dans ces conditions, que peut bien valoir un "papier de position" déposé un certain samedi, dans une Assemblée nationale de délégués, par un certain parti, en un certain lieu, fût-il celui d'une grande bataille ? Que peut-il bien valoir, si ce n'est une déclaration d'intention ? Une stratégie d'occupation du terrain, pour être dans les médias le temps d'un week-end, puis servir de blason au parti.
 
Que vaut une bannière sans couture de victoires ? Et pour qu'il y ait victoire, il faut bataille, courage, clairvoyance, ténacité, sens du sacrifice. Faute de cela, donc faute d'actes, les paroles iront s'envolant dans l'oubli.
 
Soyons clairs. Un homme, depuis deux décennies, a incarné le courage de "Refaire l’École". Cet homme, c'est le radical Jean Romain. On partageait on non ses positions, mais on avait affaire à une pensée claire, un verbe haut, une envergure culturelle, une rare capacité combative. Un sens de l'Etat digne du Grand Vieux Parti, celui qui, depuis 177 ans, a fait la Suisse moderne.
 
Aujourd'hui, les actes de bataille ne sont plus au rendez-vous. Faute de tempéraments. Faute de combattants. Faute de chefs. Alors, au lieu d'agir, on se rassure avec des "papiers de position". Celui du PLR suisse était fort intéressant, et je m'en étais entretenu maintes fois, à GAC, avec Cyril Aellen et Natacha Buffet-Desfayes, deux rares consciences de ce parti, à Genève, à vivre encore, dans leurs tripes, la passion pour la formation.
 
Car le pire, c'est l'indifférence : l'absence de combattants, faute d'intérêt pour la cause. A vrai dire, vingt ans après la bataille victorieuse de Jean Romain et ses amis pour les notes (septembre 2006), le débat autour de l'école s'est aujourd'hui totalement tassé. La gauche ne nous parle que de "moyens" financiers, ou de conditions cadres. Plus personne ne parle du cognitif. La connaissance, c'est pourtant la pierre angulaire. En un mot comme en mille, l'école, en 2026, tout le monde s'en fout. Là est le drame.
 
Le "papier de position" de l'UDC suisse, avant-hier à Näfels, est, lui aussi, intéressant. Il nous parle des fondements de l'école primaire : lire, écrire, compter. Nous en débattrons ce soir, à GAC. Que le premier parti de Suisse relance le débat sur l'école, c'est, en soi, fort bien.
 
Mais pour l'heure, nous n'avons que des effets d'annonce au niveau national, qui n'est, tout simplement, par le bon échelon pour s'occuper d'école. Alors, à l'UDC, il faudra transformer tout cela en actes. Surtout, pour mener bataille, il faudra que les idées soient incarnées par des personnes. Des combattants. Des courageux. Du style de Jean Romain.
 
Faute d'actes, dans les mois qui viennent, le souvenir de Näfels demeurera ce qu'il est aujourd'hui, soit une très belle chose : celui d'une bataille. Mieux : celui d'une victoire.
 
 
Pascal Décaillet

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