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Liberté - Page 772

  • CH-UE : aucune raison de s'exciter !

     

    Sur le vif - Vendredi 07.12.18 - 18.10h

     

    Le Conseil fédéral a parfaitement raison de prendre son temps dans l'affaire de l'Accord cadre institutionnel, un document de 34 pages, issu des négociations avec l'Union européenne. Il annonce aujourd'hui vouloir consulter tous azimuts (les Cantons, les partenaires sociaux, les partis), et il a raison. En sachant que la seule consultation qui vaudra, en la matière, sera, le jour venu, celle du suffrage universel, comme pour tous les grands sujets qui engagent le destin du pays.

     

    Voilà des années qu'en matière européenne, le gouvernement suisse démontre un singulier manque de conduite. Pour dire les choses franchement, entre les années technocratiques de Didier Burkhalter, et les débuts plutôt chaotiques d'Ignazio Cassis, plus personne ne peut décrypter les intentions du Conseil fédéral.

     

    Mais au fond, ce paroxysme de l'illisible n'est pas une mauvaise chose. Et cela, pour une raison simple : l'Accord cadre institutionnel avec l'Union européenne n'excite en Suisse que la toute petite Nomenklatura de la Ville fédérale, avec sa bureaucratie, ainsi que les plus hautes instances du PLR. Autant dire, pas grand monde.

     

    On a beau nous mettre le couteau sous la gorge avec des histoires d'équivalences boursières ou d'accès aux grandes écoles, le peuple suisse a d'autres priorités. Il tient à la souveraineté du pays, et cela n'a nullement été mis en cause par la votation du 25 novembre. Il tient en très faible estime la machinerie bruxelloise. Il n'a aucune intention d'entrer dans un rapport de vassalité avec cette dernière.

     

    Dans ces conditions, le Conseil fédéral a bien raison de prendre, en profondeur, le pouls et la température du pays. Cela exigera le temps qu'il faudra : l'attribut premier de la souveraineté est la maîtrise du calendrier, elle doit venir de la Suisse, non de l'Union européenne. Nous avons une nation, fédérale depuis 170 ans, une culture politique et sociale, nous avons notre Histoire, il n'est pas question qu'une superstructure externe (au demeurant, en voie d'éclatement) nous impose notre rythme de réflexion.

     

    En clair : voilà un dossier qui mérite une maturation interne. Ce document de 34 pages, négocié avec Bruxelles, qu'il fasse le tour de notre pays ! Que chacun, sans se précipiter, prenne position. Le chantage sur les Bourses et les Universités ne saurait en aucune manière nous émouvoir. En un mot comme en mille : il n'y a ni feu au lac, ni la moindre raison de s'exciter.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • L'incomparable fumet du silex

     

    Sur le vif - Jeudi 06.12.18 - 12.37h

     

    Dans la vie, on ne se lève pas le matin en se disant : "Youpi, aujourd'hui, je vais faire des compromis !".

     

    Non. On se lève avec des convictions. Fortes. Ancrées. Nourries par une vie d'expérience et de jugement. Et puis, ces convictions, si on a choisi d'entrer dans un espace de dialogue (qui pourrait, par exemple, s'appeler un Parlement), on les frotte, on les oppose, aux idées des autres. On se bat ! Et le frottement doit dégager l'incomparable fumet du silex, et nul autre.

     

    Et puis, chacun s'étant courageusement battu, peut-être qu'à la fin, on négocie un compromis. Et puis, peut-être pas.

     

    Mais en aucun cas, on ne se lève le matin, Mesdames et Messieurs les centristes professionnels, en se disant : "Youpi, je vais faire un compromis !".

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • De l'Histoire politique, SVP !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.12.18

     

    Il est inimaginable que l’Histoire politique soit aussi peu enseignée à l’école. A tous les degrés : primaire, Cycle d’orientation, post-obligatoire (Collège, Ecoles de commerce, etc.).

     

    Je dis bien : l’Histoire politique. J’ai eu la chance, là où j’étais, dans mon école primaire des années soixante, d’être initié très jeune à l’Histoire des guerres, des traités, des alliances. Avec des dates, qui n’étaient certes pas des buts en soi (l’ignorance chronologique ne l’est pas non plus), mais des repères, dans le champ de perspective de la durée. Ce qu’on appelle la diachronie.

     

    Depuis Mai 68, la mode est à l’enseignement de l’Histoire, à travers les sujets de société, Au nom de la valorisation des sources, l’obsession du document, émanant souvent des aspects de la vie privée des gens, tellement parcellaire, a pris une importance telle que, chez beaucoup d’élèves, pourtant fort disposés à la chose historique, la vision politique d’ensemble est très atténuée.

     

    Il faut réhabiliter, dans nos écoles, l’Histoire politique. Je ne dis pas qu’il faille gorger les élèves, comme des oies, de dates. Mais tout de même, un peu de vision chronologique, que diable ! Qu’on leur fasse lire du Thucydide, le lumineux auteur, il y a 25 siècles, de la Guerre du Péloponnèse. Qu’on raconte la Réforme, la Révolution française, les deux Guerres mondiales ! Qu’on réhabilite les grands ensembles ! Certains profs, admirables, le font avec un rare talent, je le sais. Mais j’aimerais tant qu’ils soient plus nombreux !

     

    Pascal Décaillet