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Suisse à dix millions : la campagne ratée des opposants

 
 
Sur le vif - Lundi 04.05.26 - 16.51h
 
 
 
Désolé si je jette un froid, mais je vous dis que les opposants à l'initiative UDC sur la Suisse à dix millions FONT ABSOLUMENT TOUT FAUX.
 
Je ne leur reproche en aucune manière de s'opposer au texte. Nous sommes en démocratie, on nous soumet des idées, nous disons OUI ou NON, chacun est libre, il n'y a nul procès à instruire à des concitoyens en fonction de leurs opinions.
 
Je dis simplement que l'énormité de l'artillerie mise en oeuvre, dans tout le pays, à coup de dizaines de millions, pour combattre l'initiative, va finir par la faire gagner. Ou, tout au moins, obtenir un excellent résultat, qui pèserait sur l'avenir.
 
Artillerie ? Orgues de Staline ! Je suis la politique suisse depuis un demi-siècle, et la couvre depuis quarante ans, je n'ai jamais vu un tel déferlement pour nous promettre la fin du monde, en cas de OUI le 14 juin.
 
Eh bien je vous dis, moi, que les délires d'appel à l'Apocalypse du grand patronat, celui-là même qui porte une responsabilité si écrasante dans la sous-enchère et l'exploitation des étrangers, se retourneront contre les opposants, et apporteront donc des voix à l'initiative. Jusqu'à la faire gagner ? Peut-être.
 
Il m'est parfaitement égal, quant à moi, que le texte vienne de l'UDC. Il proviendrait du Club Alpin Suisse, ou de la Ligue pour la protection des rivières, ce serait la même chose. Je ne juge jamais sur l'expéditeur, ni sur l'emballage. JE JUGE SUR L'OBJET-MÊME QU'ON NOUS PROPOSE.
 
Or, la question démographique est assurément la plus brûlante, aujourd'hui, dans l'opinion publique suisse, à commencer par les gens les plus modestes, les ouvriers sans emploi, les chômeurs, pour qui l'appel à l'altérité ne relève ni du Nirvana, ni du simple bon sens.
 
Question brûlante, pour tous ceux, de condition précaire, qui souffrent de l'engorgement des routes, du réseau ferroviaire, et de l'absence criante de logements, en milieu urbain, pour nos enfants.
 
La question n'est pas de savoir s'il y a trop d'étrangers. Mais, plus simplement, s'il n'y a pas TROP DE MONDE, bientôt, en Suisse. Elle avait déjà été évoquée par Ecopop, déjà je l'avais prise très au sérieux, déjà les élites et le patronat l'avaient méprisée.
 
Avec la Suisse à dix millions, la violence des opposants a passé la surmultipliée. Il y a vraiment des gens, dans les milieux du grand patronat, qui ont peur. Ils font tout pour transmettre leur peur, à eux, au peuple suisse, tout entier.
 
Eh bien le peuple suisse, nous verrons bien, le 14 juin, ce qu'il décidera. Dans tous les cas, il conviendra d'appliquer sa volonté.
 
Quant au débat citoyen sur les sujets de politique suisse, que j'ai pour métier - et pour passion - depuis quarante ans, à ma modeste place, là où je suis, d'animer, il mérite d'autres tonalités que celles de la diabolisation et de l'anathème.
 
Un texte nous est proposé. Prononçons-nous sur lui, et sur lui-seul. Comme nous y invite la grande philosophie allemande, et avant elle les Grecs, examinons l'objet intrinsèquement. Plutôt que d'instruire, entre citoyens de ce même pays que nous aimons, d'inutiles procès.
 
 
Pascal Décaillet
 
 
 

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