Sur le vif - Vendredi 01.12.23 - 09.01h
A part, peut-être, Mme Keller-Sutter et M. Rösti, c'est un changement complet du Conseil fédéral qu'il faudrait, le 13 décembre prochain.
Passons sur Mme Amherd, qui laisse l'OTAN mettre la main sur les cadres de son Département.
Passons sur M. Parmelin. Oui vraiment, passons.
Restent les deux qui doivent absolument partir : Mme Baume-Schneider, nulle dans la gestion de l'asile, et M. Cassis, le plus catastrophique ministre des Affaires étrangères depuis la guerre.
Je tire la sonnette d'alarme depuis des mois. M. Cassis est sûrement un homme intelligent, cultivé, aimable. Mais il n'est pas à sa place pour diriger la diplomatie suisse. Il doit, tout au moins, changer de Département.
Dans l'affaire ukrainienne, il a bradé la neutralité suisse, en se jetant avec une obédience inimaginable dans toutes les "sanctions" possibles et imaginables contre la Russie, dictées par l'Oncle Sam. Il a donc grillé toutes les chances de notre pays d'être un lieu de négociations pour la paix. Ce qui est notre mission, notre honneur, notre vocation.
Dans l'affaire du Proche-Orient, ses sympathies pour l'un des camps, depuis des années, donc bien avant le 7 octobre 2023, pulvérisent, là aussi, toutes les chances de la Suisse de devenir un jour un hôte de négociations. La Suisse est une amie d'Israël, et c'est tant mieux, mais elle doit, tout autant, avoir une politique arabe, connaître ce monde complexe, passionnant. M. Cassis ne s'intéresse pas au monde arabe. Ni aux racines historiques de la cause palestinienne. Il est atlantiste, pro-Israël, Punkt Schluss.
Hélas, le 13 décembre, le nouveau Parlement reconduira les actuels conseillers fédéraux. Les nouveaux parlementaires viennent d'arriver, peuvent se permettre un coup de sac, ils en ont même le devoir. Mais ils ne le feront pas. Parce que le pouvoir appartient aux partis. Notamment aux ineffables, et beaucoup trop puissants, "groupes" aux Chambres fédérales. Ce sont eux, leurs machineries, qui font et défont les rois. J'en ai vécues, des "Nuits des longs couteaux", la veille de l'élection, sur place, jusqu'au milieu de la nuit. Je la connais, la musique. Je sais comment les choses se passent.
Heureux pays, au fond. Il accorde si peu d'importance à ses gouvernants qu'il les maintient en place, quel que soit le mérite de chacun, sa valeur, sa vertu, au sens latin, pas victorien.
Pour la gestion des tempêtes, on garde l'équipage des beaux jours. Pour les routes glacées, on conserve les pneus d'été.
Pascal Décaillet