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Sur le vif - Page 75

  • Sami Kanaan, l'homme qui rêve de régenter les médias

     
    Sur le vif - Jeudi 09.01.25 - 11.36h
     
     
    Merci aux différents journalistes œuvrant sur la place de Genève de bien vouloir désormais rédiger leurs papiers, construire leurs émissions radio ou TV, définir leurs angles, choisir leurs collaborateurs, en fonction des lignes directrices énoncées par M. Sami Kanaan.
     
    Une récente saillie, cet automne, avait déjà singularisé cet homme au pouvoir depuis 14 ans en Ville de Genève (et même bien avant) comme le roi de l'ingérence dans les politiques rédactionnelles. Dans le Temps, ce matin, le Régulateur-en-Chef de la presse genevoise récidive. Cet homme-là ne connaît strictement rien au métier de journaliste. Mais il aspire à le régenter. Le moraliser. Introduire des mécanismes de contrôle des pouvoirs publics, via d'ineffables "Fondations", dont le rôle de paravent ne dupe personne.
     
    La vision Kanaan, c'est le premier pas vers un Ministère de l'Information. Ce qu'il ose dire des possesseurs privés des médias audiovisuels est non seulement insultant, mais surtout totalement faux ! Cet homme-là ignore tout du métier, de son fonctionnement, des énergies qui prévalent à la production d'émissions, ou de journaux. IL PARLE DE CE QU'IL NE CONNAÎT PAS.
     
    La vérité, sur ses intentions ? Homme d'une gauche morale, habitué à régner sans partage au milieu de ses courtisans de la Ville, ne supportant nulle contradiction, pétrifié dans l'exercice du pouvoir, M. Kanaan voit émerger, de plus en plus, une presse échappant à ses schémas de gauche. C'est le cas à Genève, en Suisse, en Europe, c'est ainsi. Et ça le rend fou. Alors, sous prétexte "d'aider la presse", il imagine mille mécanismes de contrôle. Il rêve de "Fondations", et sans doute d'en présider une, le jour venu.
     
    Dans le Temps d'aujourd'hui, prétendant répondre à l'excellente tribune de Cyril Aellen (qui mettait en garde sur le risque de contrôle de la presse par les pouvoirs publics), Sami Kanaan nous livre sa vision à lui : moraliste, interventionniste, triste à l'extrême, comme un congrès des camarades, un jour de pluie.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Les économies doivent être nationales, et certainement pas planétaires !

     
     
    Sur le vif - Mardi 07.01.25 - 13.49h
     
     
    Toute ma vie, j'ai défendu le concept d'économie nationale. Je l'ai fait avant la chute du Mur de Berlin (1989), dans une jeunesse où j'étais à la fois très attaché à l'industrie (mon père était ingénieur), aux travaux publics, et à l'Etat. L'un, pour moi, n'allait pas sans l'autre : on doit d'abord être fort économiquement, donc il faut produire, inventer, s'imposer. Mais cet effort commun n'a de sens que déployé au service d'un peuple, un pays, une nation. Et certainement pas dans des chimères planétaires. C'est cela, l'économie nationale. Elle exige la délimitation, la précision, la frontière. Je déteste le concept de multinationale.
     
    Ce double attachement, à l'économie et à l'Etat, je l'ai puissamment gardé, et même renforcé, après la chute du Mur. J'étais un homme de droite, mais d'une droite clairement anti-libérale, en tout cas dans la version ultra, déracinée des patries, boursicoteuse mondiale, de ce mot. Dans les années 90, j'étais un homme de droite étatiste, partisan des nations souveraines, alors que paradoxalement la gauche devenait partisane de Blair, de Schröder, libérale, mondialiste. Aujourd'hui encore, je m'inscris dans cette double tradition : la vitalité économique, oh oui, mais au service d'une communauté nationale, et non des seuls actionnaires.
     
    J'ai lu Marx, il m'a marqué. J'ai aussi, immensément, puisé mes sources dans Léon XIII (Rerum Novarum, 1891), dans le Sillon, dans la Revue Esprit, dans l'étude de la politique sociale bismarckienne, et bien sûr dans l'Histoire économique et sociale de mon pays, la Suisse. Tout converge, dans mon esprit, vers l'idée d'une économie nationale, au service du peuple, associant les travailleurs au profit, et même au capital, de l'entreprise dans laquelle ils œuvrent. C'est l'idée de participation, que je soutiens depuis toujours : j'y reviens demain, dans GHI.
     
    Entre le philosophe de Trèves, journaliste dans sa jeunesse à la Rheinische Zeitung de Cologne (il faut lire ses articles de l'époque), et le Pape des ouvriers entre 1878 et 1903, nombreuses sont les pistes communes. Non dans les visions du monde (matérialiste dialectique pour l'un, profondément spirituelle pour l'autre), mais dans les propositions d'amélioration de la vie des plus faibles.
     
    Pour mon pays, la Suisse, j'aspire à une économie dynamique, centrée sur les PME (97% de nos entreprises), avec un partage des bénéfices profitant aux plus faibles, aux plus précaires, aux plus modestes des travailleurs. Une économie nationale, déployée sur le marché intérieur, en fonction des besoins stratégiques de notre souveraineté, mais aussi de la qualité de vie de notre peuple. Dans ce sens doivent s'orienter, avec le soutien actif de l'Etat, notre agriculture, notre industrie. Une économie par le peuple suisse, et pour le peuple suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Pas questions de foncer, tête baissée, dans une nouvelle affaire des fonds en déshérence !

     
     
    Sur le vif - Dimanche 05.01.25 - 18.25h
     
     
    En quoi une "Commission sénatoriale américaine" a-t-elle la moindre leçon à donner à notre pays sur les choix de clientèle de l'une de ses banques, il y a plus de 80 ans ? S'il y a nécessité d'investigation, cela doit être l'affaire des historiens. Et non le fruit, comme il y a trente ans, d'un chantage politique de certains milieux américains sur la souveraineté suisse.
     
    Il n'est absolument pas question de repartir, tête baissée, vers une nouvelle affaire des "fonds en déshérence". Je dirigeais la rubrique nationale de la RSR, il y a trente ans, lorsque cette affaire avait éclaté, nous l'avons traitée de fond en comble, j'ai même couvert en direct à Berne la session spéciale du Parlement sur le Rapport Bergier.
     
    D'un bout à l'autre, cette affaire a été détestable. Non quant au travail des historiens, mais quant à l'intensité des pressions américaines sur la Suisse. Et surtout, quant à la position ridiculement défensive de la Suisse officielle de l'époque (années 90), toujours un coup de retard, toujours à s'excuser, toujours à sanctifier les donneurs de leçons de l'Oncle Sam !
     
    Non, il n'est pas question de repartir dans un tel psychodrame. Et je suis assez optimiste, car il y a une chose que nos moralistes de la Côte-Est américaine doivent savoir : la Suisse de 2025 n'a absolument aucun rapport avec celle de 1995. Son opinion publique a changé. Son rapport à la souveraineté a prodigieusement progressé, en tout cas dans le peuple, oui les couches populaires, patriotes, bosseuses, attachées au pays.
     
    Transparence historique oui, bien sûr, sur cette affaire comme sur n'importe quelle autre ! Mais courber l'échine, crever de trouille face aux pressions d'une "Commission sénatoriale" (dont on se réjouit de connaître les attaches, les obédiences, les liens d'intérêts), ça c'est totalement exclu.
     
    Mesdames et Messieurs les moralistes de la "Commission sénatoriale", la Suisse a changé, en trente ans. Des forces telluriques, patriotes, souverainistes, sont montées dans le pays. Elles ne se laisseront pas faire, comme les élites politiques lâches et flasques d'il y a trente ans. Elles sauront, croyez-moi, vous répondre, le jour venu.
     
     
    Pascal Décaillet