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Sur le vif - Page 559

  • L'odieux charabia du bulletin de vote

     

    Sur le vif - Vendredi 03.05.19 - 15.08h

     

    "Acceptez-vous l'arrêté fédéral du 28 septembre 2018 portant approbation et mise en oeuvre de l'échange de notes entre la Suisse et l'UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive de l'UE sur les armes (Développement de l'acquis de Schengen) ?"

     

    Vous venez de lire, mot pour mot, le texte figurant sur votre bulletin de vote pour le 19 mai 2019.

     

    Je vous le dis tout net, ce charabia, à l'usage du grand public, pour désigner l'un des onze objets soumis au vote à Genève (deux fédéraux, neuf cantonaux), est une honte. Un galimatias d'obscurité. Un triomphe de juridisme. Une renoncement total à l'impératif de clarté, essentiel dans le Pacte républicain.

     

    Oh, bien sûr, moi, je comprends. Mais moi, j'ai été correspondant à Berne plusieurs années, chef de la rubrique nationale, producteur d'émissions de grande écoute pendant plus de vingt ans, je connais un peu la musique fédérale.

     

    Mais peut-être nos quelque cinq millions d'électrices et électeurs, en Suisse, n'ont-il pas pas tous cet exact degré de connaissance. Parmi eux, beaucoup (hélas !) ne regardent ni Infrarouge, ni Genève à Chaud, ni le Journal de la TSR, ni celui de Léman Bleu et des TV privées régionales, n'écoutent ni les Matinales, ni le 12.30h, ni Forum à la RSR, ne regardent pas Arena, ne lisent pas trop les pages politiques des journaux.

     

    On peut, bien sûr, se dire qu'ils ont tort, et que, s'ils ne comprennent pas le jargon fédéral, c'est bien fait pour eux, ça sanctionne leur paresse à se renseigner.

     

    Je ne partage pas cette approche. La clarté dans la communication est l'une des mes passions. Et je sais bien que si un message ne passe pas, l'émetteur doit avant tout s'en prendre à lui-même. A-t-il été assez clair ? Synthétique ? Vulgarisateur, dans le meilleur sens du terme ? A-t-il pensé à ceux de nos concitoyens qui ne lisent jamais, peinent avec les mots abstraits ? Ces derniers ne sont-ils pas, pour autant, des Suisses comme les autres ? N'ont-ils pas, comme tous les autres, le droit à la meilleure des informations sur les enjeux ? Le droit de savoir.

     

    Le libellé du bulletin de vote concernant le scrutin sur les armes, que j'ai reproduit ici au premier paragraphe, constitue une honte de communication sans nom. Un scandale. Un chef d’œuvre de la politique de l'entre-soi, au sein d'une cléricature charabiesque et jargonnante. L'exemple absolu de ce qu'il faut bannir.

     

    Citoyennes, citoyens, que la clarté soit notre trésor commun !

     

    Pascal Décaillet

     

  • Trafic immobilisé le dimanche : ça continue !

     

    Sur le vif - Jeudi 02.05.19 - 16.13h

     

    Fantastique ! Pour une fois, le Tour de Romandie n'arrive pas sur la rive droite. Les habitants de cette partie de la ville, nourrissant encore quelque espoir de se déplacer en transport privé, commençaient à se dire qu'ils pourraient, cette année, souffler un peu.

     

    Las ! C'était sans prévoir le cortège "Marche de vie pour Israël", qui partira de la Place des Nations à 13h, avec plusieurs centaines de personnes.

     

    En clair : rive gauche totalement immobilisée par le Tour de Romandie ; rive droite partiellement immobilisée, exactement au même moment, par une manifestation.

     

    Aucun respect pour les automobilistes genevois. Aucune consultation des habitants des quartier touchés. Aucune espèce de coordination, avec vue d'ensemble sur les différentes manifestations autorisées, et un minimum de connexion de neurones.

     

    A Genève, les usagers de véhicules privés sont considérés comme des vaches à lait. Payer, payer, encore payer. Et se faire souffler régulièrement l'usage de la chaussée publique, avec la totale complicité des autorités, par des manifestations sur lesquelles ils ne peuvent jamais se prononcer.

     

    Et le week-end prochain, ce sera le Marathon, et puis ça continuera !

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Armée : bravo, Benoît Genecand !

     

    Sur le vif - Lundi 29.04.19 - 12.12h

     

    Avec mes quelque 500 jours d'armée, principalement entre 1977 et 1990, je ne pense pas pouvoir être soupçonné d'antimilitarisme. Mais je suis en accord total avec Benoît Genecand, lorsqu'il ose mettre en cause l'incroyable liberté de parole, assurément excessive, dont jouit depuis toujours, en Suisse, la Société suisse des officiers, dans le champ politique. Dans un pays comme la France, à forte tradition républicaine, une telle liberté serait inimaginable. Dans la quasi-totalité des autres pays, aussi.

     

    La seule "société" dont un officier doit se sentir membre, c'est l'armée. Et l'armée est un corps de la nation, qui obéit au pouvoir politique, et à nul autre. L'armée n'est pas un corps autonome. Elle fait ce qu'on lui dit de faire. Ce que le chef du Département lui dit de faire. Ce que le Conseil fédéral lui dit de faire. Au final, elle est au service du peuple suisse. Hors de ce service, elle n'a aucune existence propre, n'a pas à en avoir. Ainsi fonctionne l'idée républicaine.

     

    Ensuite, chaque officier, chaque sous-officier, chaque soldat, lorsqu'il a ôté son uniforme, vote strictement comme il veut, en tant que citoyen. Et prend les positions qu'il veut, dans l'espace public.

     

    Mais tant qu'il se proclame "officier", "sous-officier", ou "soldat", en tant que tel, il n'a pas à exprimer ses préférences politiques. Il est là pour exécuter ce que le pouvoir civil lui dit de faire.

     

    Le conseiller Benoît Genecand, dont on peut discuter par ailleurs (mais c'est une autre affaire) le côté imprévisible, atypique, a eu parfaitement raison de mettre le doigt sur une certaine arrogance de tonalité dans les prises de position de la Société suisse des officiers. On peut aller plus loin, si on est républicain et non corporatiste, et oser mettre en cause l'existence même de cette société, jusqu'à son nom. Ce libellé m'a toujours gêné : il laisse entendre une sorte d'Etat dans l'Etat, ou de corporation parallèle, toutes choses dont l'intransigeance d'une âme républicaine peut légitimement se méfier.

     

    Ce que j'écris ici n'entame en rien mon attachement à l'armée suisse, pourvu qu'elle soit au service du peuple, pétrie de conscience de son obéissance au pouvoir civil. Une armée n'est pas un corps en soi. Son existence ou sa dilution, les modalités de son organisation et de son financement, ses missions surtout, tout cela doit être défini par le pouvoir civil. Chez nous, le corps démocratique de ses citoyennes et citoyens. Ce sont eux, au final, les vrais patrons de l'armée suisse.

     

    Pascal Décaillet