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Sur le vif - Page 331

  • Mme Fontanet et ses paravents

     
    Sur le vif - Mercredi 27.01.21 - 14.17h
     
     
    Désolé si je suis très seul à le dire et si je jette un froid, mais je ne suis absolument pas convaincu par la passion que semble investir Mme Fontanet dans les questions liées au genre, à l'anti-discrimination et à l'égalité.
     
    Thèmes à la mode, éminemment rassembleurs. Nul n'osera s'y opposer, de peur d'avoir face à lui la meute communautariste des collectifs et des associations, dûment subventionnés par le contribuable pour rugir, s'indigner, anéantir toute opinion contraire à leur dogme, dresser le bûcher des hérétiques.
     
    J'en veux à Mme Fontanet de tant insister sur ces sujets. Je ne suis pas dupe de son petit jeu : en brandissant des questions sur lesquelles le Parlement sera d'accord (en vertu des contraintes et intimidations énumérées plus haut), on s'achète à bas prix un label de rassembleuse, celle qui sait dégager des majorités, oh la grande dame, que même la gauche applaudira.
     
    Eh bien moi, je n'aime pas ce procédé. La ficelle est lisible, pour qui sait lire, c'est une forme de populisme, que personne n'osera condamner, puisqu'il va dans le sens de la doxa ambiante.
     
    J'y vois surtout un immense paravent. Habile, la ministre nous jette un rideau de fumée avec un sujet de société où elle sait qu'elle sera gagnante. Et ce procédé de trompe-l’œil lui permet de cacher quoi ? Réponse : l'essentiel de sa mission ! L'état terrible des Finances genevoises, dont elle a, jusqu'à nouvel ordre, la responsabilité. Les déficits se cumulent, la dette se creuse à n'en plus finir, Mme Fontanet elle-même s'y est convertie, nous allons laisser à nos enfants une ardoise hallucinante. Nous allons à la catastrophe.
     
    Dans ces conditions, en termes d'image, mieux vaut avancer des sujets de société où l'on pourra apparaître comme une réformatrice devant l'Histoire. Déjà, la notice biographique est prête. Déjà, le choeur des louanges est programmé. Le salut des contribuables, des classes moyennes, de ceux qui se lèvent le matin pour bosser, ce sera pour une autre vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Les survivants du Déluge

    Sur le vif - Mardi 26.01.21 - 23.43h
     
     
    Dans la Saxe de Haendel et la Thuringe de Bach, s'est produit, dans les premières décennies du dix-huitième siècle, comme un éblouissement de la conscience humaine. Une lumière supérieure à celle de la foudre, plus douce et plus intense.
     
    Ce miracle ne s'est pas forgé par la science, bien que nous fussions dans les prémisses de l'Aufklärung, mais par des notes de musique, posées sur des paroles.
     
    Cette parole, c'est, chez Bach, celle de la traduction de la Bible par Luther, deux siècles plus tôt (1522).
     
    De ces provinces paisibles et paysannes, avec leurs villages nichés aux creux des vallons, à l'orée de l'immense forêt, le Thüringer Wald, juste signalés par le surgissement d'un temple, a surgi cette jonction d'une parole, d'un rythme et d'une tonalité, qui ont traversé les siècles.
     
    Il faut savoir une chose. Les Allemagnes du jeune Bach, du jeune Haendel, tous deux natifs de 1685, reviennent littéralement du néant. Une génération plus tôt, en 1648, à la fin de la Guerre de Trente Ans, c'était la ruine totale. Comparable à ce que sera celle de 1945.
     
    Bach, Haendel, et, juste avant eux, le grand Buxtehude à Lübeck, ont pour mission de réinventer un monde. Ils sont, comme Noé et ses fils débarquant sur le Mont Ararat, les survivants du Déluge.
     
    Ils reviennent de l'Apocalypse. Ils doivent tout reprendre à zéro. Pour l'un, c'est la sublimation des Psaumes. Pour l'autre, la narration du monde en opéras et en oratorios.
     
    Et avec eux, le destin allemand qui redémarre. Par les syllabes et par les notes. Par la langue, et par la musique. Par la voix, par le souffle et par le corps. Par le verbe, par l'esprit et par le chant.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Maudites plumes !

     
    Sur le vif - Mardi 26.01.21 - 13.07h
     
     
    Dernière minute - Le peuple pakistanais se prononcera le 7 mars sur une initiative visant à ancrer dans la Constitution l'interdiction du costume tyrolien.
     
    La population locale semble avoir de plus en plus de peine à supporter l'omniprésence - bien connue - des chapeaux à plume et cuissettes de cuir dans les rues des quartiers populaires de Karachi.
     
    Le costume bavarois, quant à lui, style Oktoberfest, n'est pas concerné par le texte. "Nous avons voulu, affirment les initiants, concentrer notre texte sur un objet précis. Nous n'entendons en aucun cas amalgamer notre interdiction à l'ensemble des coutumes vestimentaires traditionnelles de l'Arc alpin germanophone".
     
    Philosophes et parlementaires se déclarent favorables à l'interdiction. Et le martèlent à l'envi sur les réseaux sociaux.
     
     
    Pascal Décaillet