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La messe sera dite. Quelle messe ?

 

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.26

 

C’est reparti pour le scénario habituel. Il règne, dans la politique suisse, comme un parfum d’inéluctable. Une liturgie, toujours recommencée. L’UDC avance une initiative. Tout le monde est contre. L’UDC, comme un lion, se bat pour son texte. La masse des autres, en face, jouit du soutien des milieux patronaux, qui dépensent des sommes astronomiques. Souvent, malgré tout, l’UDC gagne, un beau dimanche, auprès du peuple et des cantons. Dans ces cas-là, comme après le OUI à l’initiative du 9 février 2014 sur l’immigration de masse, la coalition des perdants s’arrange, dans les conciliabules bernois, pour éviter à tout prix de mettre en application la volonté du souverain. Liturgie ? Oui. Mêmes mots. Mêmes anathèmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que notre personnel politique, tous partis confondus, ne brille pas par la réinvention du verbe. On ressort les grimoires. Les lèvres articulent les mêmes syllabes. L’argument, remplacé par l’incantation.

 

Le 14 juin prochain, l’UDC propose de plafonner à dix millions le nombre d’habitants de la Suisse. C’est un vieux thème : dès la fin du dix-neuvième siècle, plus fortement au début du vingtième, on saisit régulièrement le peuple, ou l’opinion publique, du sujet de l’Überbevölkerung, la surpopulation. C’est la vieille peur d’un très grand nombre de nos compatriotes, qui ne sont ni des fascistes, ni des xénophobes. Ce sont, simplement, des esprits géographiques. La moindre des choses, pour connaître un pays, est d’en observer le terrain. Le relief. L’hydrographie. Les zones habitables. Très vite, on voit que le territoire vivable, en Suisse, est loin d’être extensible à souhait. Ce territoire mité, par une politique de constructions longtemps sauvage et déréglée. Franz Weber, l’un de nos plus lumineux contemporains, avait parfaitement saisi cela. L’initiative Ecopop aussi, méprisée par les élites.

 

Toujours, sur ce genre de thèmes, l’UDC voit se dresser face à elle un double front. D’un côté, un patronat avide de profit financier, peu regardant sur les salaires minimaux, ouvert à l’immigration pour mieux pratiquer la sous-enchère. Ce sont eux, les principaux profiteurs de la libre-circulation des personnes. Eux, et non le peuple, surtout pas ces classes moyennes étouffées par les charges, l’impôt confiscatoire, pour financer des infrastructures toujours plus coûteuses, à cause de la masse migratoire. Et puis, en alliance malsaine avec ces ultra-libéraux qui détestent l’Etat, il y a, trois fois hélas, la candeur internationaliste de la gauche et des syndicats. Ceux-là, depuis longtemps, ne défendent plus les Suisses qui souffrent, qui perdent leur travail. Ils n’ont qu’une chose à la tête : promouvoir la libre-circulation des masses venues d’ailleurs, au nom d’un universalisme béat, inculte, sans frontières. Contre l’UDC, le 14 juin prochain, c’est exactement cette alliance-là que nous retrouverons. Ils auront mis des dizaines de millions dans la campagne. Liturgie. Puissance de l’inéluctable. La messe sera dite. Quelle messe ?

 

Pascal Décaillet

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