Sur le vif - Mercredi 18.03.26 - 23.10h
Avec ce brin de perfidie récurrente dont il persiste à ne plus se départir vraiment, Alain Finkielkraut, ce soir dans La Grande Librairie, face à Leila Slimani, croit bon de rappeler, l’air de rien, le célèbre siège de Vienne par les Ottomans. Le vieux thème, déjà si présent dans Eschyle, du Barbare à nos portes.
Tout cela, sur le ton docte de celui qui cite et qui mentionne. Evidemment, vous pensez bien, sans la moindre malignité de pensée liée à la sociologie intérieure de la France aujourd’hui. Toute ressemblance, fortuite.
Fort bien. Va pour le siège de Vienne.
Juste dommage que, par symétrie, l’exégète en chef de Levinas et Arendt (une citation, métronomique, de l’un ou l’autre, toutes les 187 secondes), omette, par distraction passagère, toute allusion aux Croisades, à la prise de Jérusalem (1099), à la colonisation du Maghreb par la France, à l’expédition du duc d’Aumale en 1843, à la guerre des Français contre l’émir Abdel Kader, aux événements de Sétif le 8 mai 1945, à la corvée de bois dans les Aurès ou en Kabylie, aux guillotinés d’Alger sous François Mitterrand Garde des Sceaux de Guy Mollet (56, 57), à la Question d’Henri Alleg, au Métro Charonne (62), aux Arabes précipités dans la Seine (61).
Pour ne saisir, au vol, que de furtifs et rafraîchissants exemples.
Dommage, oui.
Si on convoque le vent de la violence dans l’Histoire, il est peut-être préférable de considérer tous les sens dans lesquels ce délicieux et mortifère zéphyr a pu être amené à souffler.
Pascal Décaillet