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Merci Roi Ubu, merci Sire !

 
 
Sur le vif - Mardi 05.05.26 - 16.32h
 
 
 
Le destin de l'Allemagne ne se ramène pas à ce que nous en roucoulent les chroniqueurs superficiels qui ne se sont pas penchés, pendant de longues années, en profondeur, sur son Histoire.
 
De longues années ? Toute une vie ! Non seulement il faut fuir l'écume, la mode de pensée du moment, mais il faut, par une ascèse de résistance intellectuelle venue dès les premières années, s'extraire du temps, s'immerger dans le passé, exercer son imagination vers lui, pour mieux la projeter sur le présent.
 
Ainsi, le départ des 5'000 soldats américains, d'ici l'an prochain. Trump, qui ne connaît sans doute rien à l'Histoire allemande, croit les punir, parce que M. Merz, le Chancelier, a été insolent envers lui, raillant son expédition dans les airs - et les eaux - de la Perse millénaire.
 
C'est exactement le contraire qui se produit. Sur le moment, certes, Trump prive les Allemands de parapluie logistique et d'emplois. Mais il dégarnit - ENFIN - le sol germanique sur lequel les troupes américaines ont pris pied début 1945, pour ne plus le quitter pendant 81 ans.
 
Et c'est cela qui compte. Cela, que les Allemands voient. Cela, qui frappe les imaginaires. Les Soviétiques (entendez : les Russes) avaient déjà quitté l'Allemagne de l'Est (entendez : la Prusse, la Saxe et la Thuringe) après la chute du Mur. Eh bien aujourd'hui, ce sont les Américains qui s'en vont. Bien au-delà de Trump, et sa tragi-comédie de Roi Ubu, le peuple allemand se conforte - une nouvelle fois, dans son Histoire - dans l'idée qu'il va devoir pendre en charge seul son destin.
 
Depuis la destruction totale de la Guerre de Trente Ans, dont l'Allemagne sort "à l'âge de pierre" en 1648, en passant par les guerres napoléoniennes et l'occupation française de la Prusse entre 1806 et 1813, et en passant bien sûr par 1945, L'Année Zéro", l'Allemagne a connu bien pire que la frêle et dérisoire "punition" de M. Trump.
 
En vérité, le Roi Ubu ne punit personne. Il rend au destin allemand, en quête muette et souterraine de lui-même depuis toujours, l'éminent service qui lui manquait encore pour se réaffirmer puissamment en Europe. Au passage, l'Allemagne vient d''investir 100 milliards pour redevenir une puissance militaire de premier plan.
 
Alors, au fond, les Allemands peuvent dire "Merci, Roi Ubu, merci Sire !".
 
 
Pascal Décaillet
 
 
 

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