Sur le vif - Jeudi 26.03.26 - 11.37h
Hier soir, Grande Librairie. Autour de Michel Houellebecq, qui sort un recueil, on parle poésie. Et on écoute du Bach, remarquablement interprété au piano par Claire-Marie Le Guay.
Poésie, Bach, ça me parle. Ca nous change des mondanités de salon. Je tends l’oreille, et toujours davantage. L’émission est belle, même si les propos sur l’acte poétique, par les autres invités, gravitent autour du sujet, lui en demeurant extérieurs. Mais peu importe, de belles choses sont quand même dites, par de belles personnes.
Surtout, Houellebecq se tait. Il est là, totalement présent, concentré, aimable, drôle quand on l’interpelle, mais frappe par ses silences. Il ferme les yeux, comme en radio, tout au verbe, insensible à l’image. Il est là, central, objet des discours et des louanges (Orsenna, dans l’ordre de la pommade, en fait un peu trop). Mais lui, Houellebecq, muet, semble à des années-lumière. Alors qu’il est là, totalement présent. À l’écoute.
Et Bach, à dix jours de Pâques, pour ponctuer cet attachant petit monde de surgissantes élévations.
Et puis, sur le coup de minuit, à la toute fin de l’émission, vient le moment où Houellebecq se voit invité à lire, à haute voix, l’un des poèmes de son dernier recueil. Et là, comme dans les Écritures, lumière et parole. Densité. Souffle, retenue, présence. Un moment de feu.
Enfin là, face à nous, celle dont on nous parlait tant mais demeurait invisible : la poésie.
Pascal Décaillet