Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 13

  • Flibuste, suite

     

    Coup de Griffe - GHI - 02.11.11


    Il y a quelques jours, dans le « Matin », l'avocat Charles Poncet attaquait sans ménagement, et avec le talent pamphlétaire qui est le sien, le président 2010 du Conseil d'Etat genevois. Ce dernier, à la TSR, l'avait qualifié de « traître à son pays », parce qu'il avait défendu les intérêts libyens dans l'affaire Kadhafi. Il s'agit là, véritablement, d'une affaire personnelle, entre deux hommes. D'où une certaine stupeur lorsque le secrétaire général adjoint du magistrat, un homme payé par les deniers de la République, déclare à la presse que son conseiller d'Etat « laisse Monsieur Poncet à ses fonds de corbeilles ». Depuis quand un commis administratif de l'Etat peut-il, en fonction, porter des jugements de valeur sur des citoyens ? Est-il payé pour servir la République ? Ou le blason personnel de son patron ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

  • La lettre où le Conseil d'Etat se ridiculise

     

    Sur le vif - Vendredi 04.11.11 - 10.44h

     

    L'actuel Conseil d'Etat genevois ne craint pas le ridicule. Suite aux fameux propos de Sandrine Salerno, dans le journal de la Ville de Genève « Vivre ensemble », sur les multinationales, il a cru bon, le plus officiellement du monde, le 5 octobre dernier, d'écrire au Maire de Genève, Pierre Maudet, pour hurler sa colère. La lettre, portant le numéro 8103 - 2011, reçue le 6 par la Ville, fut portée à la connaissance du Conseil administratif lors de sa séance du 12 octobre.

     

    Sa teneur révèle une savante mixture de Clochemerle et d'Ubu. Pour avoir, en militante socialiste qu'elle a parfaitement le droit d'être, défendu une vision socialiste de l'économie (comme Pierre Maudet passe son temps à défendre une vision radicale du monde, et M. Pagani une vision païenne), Mme Salerno se voit admonester comme une jouvencelle du premier jour. « Pris connaissance... Avec consternation... Attaques irresponsables... Conséquences désastreuses ... De nature à augmenter le chômage et la précarité... Notre Conseil déplore vivement... Répercussions négatives sur le marché de l'emploi... Etc. etc... ».

     

    Bref, Mme Salerno aurait attaqué à mains armées la Banque Cantonale, ou tenté de s'opposer au mortier à cet événement majeur que constitue le déménagement de l'Office cantonal de l'emploi, ou prétendu que la Chancelière se broutait dans ses chiffres, ou pilonné à l'artillerie lourde les Ateliers de Sécheron, la lettre de cachet eût été à peu près fleurie des mêmes propos.

     

    La surréaction des milieux dits « économiques » (je déteste ce mot, lorsqu'il est censé qualifier le patronat, comme si une aide-soignante n'œuvrait pas, à son niveau, à l'économie globale) était déjà d'un ridicule accompli. Cette lettre du Conseil d'Etat, signée Anja Wyden et Mark Muller, parachève le sentiment d'une instance oscillant de l'essoufflement à la décomposition. Deux ans, putain deux ans, à tirer encore ! Pire : deux ans et un jour ; 2012 sera bissextile !

     

    Pascal Décaillet

     

  • Le sort de Mme Widmer-Schlumpf : on s'en fout !

     

    Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 04.11.11

     

    Vous avez remarqué ? Impossible d'allumer un poste sans entendre immédiatement parler du destin d'Eveline Widmer-Schlumpf ! Les ondes publiques, radio et TV d'Etat, se sont fait une spécialité de se gargariser sur le sort de cette Grisonne totalement inconnue en Suisse romande. Plus fou encore : le lendemain même d'élections fédérales qui consacrent une incroyable continuité dans le rapport droite-gauche en Suisse, la SSR de M. de Weck nous balance, dûment stipendié par la redevance, un sondage en forme de plébiscite pour que cette conseillère fédérale soit réélue le 14 décembre prochain. Comme si c'était là le premier souci du peuple ! Alors que Mme Widmer-Schlumpf, l'immense majorité des gens s'en contrefoutent.

     

    Il s'est passé quoi, le 23 octobre ? Un scrutin de continuité ! L'UDC perd certes des sièges, mais demeure de très loin le premier parti du pays. Si vous lui ajoutez le corps amputé qu'on appelle PBD (et qui n'est certainement pas un parti du centre !), vous arrivez même à un meilleur résultat qu'il y a quatre ans. Le PS ne perd pas trop, et c'est une excellente nouvelle, car notre dialectique politique a besoin de ce grand parti qui a contribué à faire le pays. Le PLR et le PDC s'érodent sérieusement. PBD et Verts libéraux viennent compliquer et morceler l'univers sis entre la gauche et l'UDC. Bref, recomposition à l'intérieur des grandes tranches, mais maintien des équilibres qui nous régissent depuis très longtemps : la Suisse, au niveau fédéral, est deux tiers à droite, un tiers à gauche. C'est un pays foncièrement conservateur.

     

    Ce qui doit nous intéresser, c'est l'avenir de nos relations avec l'Union européenne, la bataille pour une véritable économie nationale, au service de l'humain et non du casino, les conditions de la sortie du nucléaire, le refus du libre-échangisme dogmatique en matière agricole, la priorité aux résidents dans le retour à l'emploi, l'aide aux familles, l'instauration d'une Caisse unique efficace dans l'assurance maladie, ce sont là les questions qui touchent les gens ! La gauche, tout autant que la droite, doit être écoutée sur ses propositions. Mais, désolé, le sort de Mme Widmer-Schlumpf ne passionne que le tout petit cercle d'initiés qui gravitent autour du Palais fédéral. La génération de journalistes qui étaient à Berne lors du putsch parlementaire contre Blocher, donc lors de l'avènement de la Madone grisonne. Persuadés, au fond d'eux-mêmes, qu'il y avait là un acte de salut public, pour la morale, pour la grande cause du Bien. Et tout en haut de cette Pyramide du Convenable, il y a un croisé nommé Roger de Weck. Celui qui commande les sondages sur le destin de Mme EWS.

     

    A partir de là, qu'ils réélisent ou non la Grisonne. Nous verrons bien. La politique suisse, entre 2011 et 2015, se fera sur des valeurs conservatrices et sociales, environnementales aussi. En jetant, Dieu merci, aux orties la finance de spéculation. Cette politique-là, on peut la faire avec ou sans la traîtresse de Coire. Cela n'a strictement aucune importance.

     

    Pascal Décaillet