Sur le vif - Mercredi 15.07.26 - 09.26h
J’ai déjà dit ici mon opposition à Mélenchon, même si je le rejoins sur de nombreux points : Proche-Orient, soutien à la cause palestinienne, ouverture au monde arabe, au Sud, souveraineté intransigeante de la France, rejet de la machine administrative européenne, rejet de l’atlantisme et de l’impérialisme américain depuis 1945, rejet de tout colonialisme, rejet du capitalisme prédateur. Et, bien sûr, dans les grandes lignes, aspiration à une société plus juste, richesses mieux réparties, respect des plus humbles. Ca commence à faire beaucoup, d’ailleurs, quand j’y pense, le nombre de sujets fondamentaux sur lesquels je le rejoins. Je dirais même que ça me travaille, ça me remue intérieurement, ça m’interroge, ça laboure mes réflexions, ça m’intrigue.
Alors, mon opposition, pourquoi ? Elle ne vient pas des thèmes, mais de sa personne. Parce que sa vision sectaire, sa haine de ses adversaires, sont de nature à DIVISER LES FRANÇAIS, plutôt qu’à les réunir. Parce que lui, Mélenchon, par sa nature, son orgueil démesuré, sa manière de faire de la politique, n’est autre qu’une graine de dictateur. Au fond, cet homme brillant, cultivé, prodigieux orateur, a pour pire ennemi la noirceur constamment émergente de sa propre personne.
C’est un gourou, un chef de meute, un excitateur de foules. Désolé, mais la France, déjà si déchirée, a besoin en 2027 d’un pacificateur. Un unificateur. Un Henri de Navarre, entrant dans Paris par le Pont-Neuf, un 22 mars 1594, pour mettre fin à l’horreur absolue des Guerres de Religion, et RÉCONCILIER LES FRANÇAIS.
Revivifier ce miracle, oui, en 2027, mais cette fois autour de la Nation, et de la République.
Mélenchon n’est pas cet homme, il n’est pas un rassembleur. C’est un clanique. Un sectaire. Un aiguiseur de haines. Un marionnettiste de meutes, pour établir son propre pouvoir. D’ailleurs, regardez son entourage, ses lieutenants, les Bompard, les Panot : adhésion totale, fidélité aveugle au chef. Tous, autour du gourou. Tous, à sa suite. Tous, à se presser, pour figurer le plus près possible du Maître, dans les meetings, les manifs. Ils sont ses officiants. Ses enfants de chœur.
Mélenchon, un homme d’une grande intelligence, mais miné par la monstruosité de son propre rapport au pouvoir. Par sa propre personne. La France n’a pas besoin d’un Fouquier-Tinville en 2027, ni de charrettes de condamnés, ni de s’exciter face à la lame sanglante et vengeresse, en place de Grève. Se réinventer, oui, trouver la profondeur d’un nouveau souffle, ce dont elle a toujours été capable dans son exceptionnelle Histoire. En 1789, en 1792, en 1830, en 1848, en 1944, en 1958. Mais pas avec un factieux. Pas avec un chef de meute. Pas avec un vengeur de classes. La France mérite mieux.
Pascal Décaillet