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Liberté

  • La Colline inspirée

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.02.26

     

    Diction, Histoire de l’art : ces deux branches majeures, et magnifiques, sont en danger de disparition au Collège de Genève. Levées de boucliers, mobilisations : cela suffira-t-il ? Empoignons le problème, non pour défendre la corporation des intéressés, mais celle, essentielle et centrale, des élèves.

     

    J’ai passé ma propre Maturité fédérale, type A (latin-grec), il y a cinquante ans, le 7 avril 1976. A l’époque, il n’était pas question de diction. Ni d’Histoire de l’art. Si cette dernière avait été possible, je l’aurais très volontiers troquée contre, par exemple, la physique ! Mais c’était une autre époque.

     

    La diction nous invite à habiter corporellement la langue et les syllabes. Le souffle. Les silences. Les intonations. L’Histoire de l’art nous initie aux grandes œuvres, les ausculter, les décrypter. Dans les deux cas, des ondes merveilleusement positives. Après deux heures de maths, avec des dérivées et des intégrales, et une heure de physique, franchement ça fait du bien ! A 17 ans, ça m’aurait fait du bien. Aux jeunes d’aujourd’hui, ça fait du bien ! Ça ouvre des horizons. Ça élève.

     

    Bien sûr, nulle branche n’est indispensable. Pas plus, d’ailleurs, que de fréquenter à tout prix le Collège. Mais il est des lieux, écrit Barrès au début de sa Colline inspirée, où souffle l’esprit. De grâce, qu’il souffle ! Et souffle encore !

     

    Pascal Décaillet

  • Oser dire non aux Verts !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.02.28

     

    En ce milieu, déjà dépassé, de législature 2023-2028, le Conseil d’Etat genevois a-t-il une cohérence idéologique ? Une épine dorsale ? Un programme de législature qui repose sur une philosophie politique, plutôt qu’un amoncellement administratif ? A-t-il un cap, tient-il le gouvernail, plutôt que d’errer, tel un Vaisseau fantôme, au gré des vents ? Travaille-t-il en intelligence interne, plutôt qu’en juxtaposition de sept baronnies, indifférentes les unes aux autres ? A-t-il du courage, celui de dire OUI, mais aussi parfois celui de dire NON ? Tient-il ses engagements de campagne ? Respecte-t-il la très nette majorité de droite plébiscitée par le peuple au printemps 2023 ? Voit-t-il, simplement, que la mode de la doxa Verte des quinze dernières années, une vague sur Fukushima, puis une autre sur le climat, s’est nettement tassée ? Voit-il, tout court ? N’est-il pas dans la nuit ?

     

    Une question, claire : en quel honneur, et en vertu de quel basculement, le Conseil d’Etat genevois a-t-il cru bon, le mercredi 4 février, de se prononcer en faveur de l’initiative Verte sur le « Fonds Climat » ? Une initiative fédérale de gauche, sur laquelle nous voterons le 8 mars prochain, qui demande d’investir entre 0,5% et 1% du PIB (produit intérieur brut) de la Suisse pour le « climat ». Et qui, au nom de l’impératif que cet enjeu représenterait, entend soustraire ces milliards de dépenses au mécanisme du frein à l’endettement, dûment mis en place par notre ordre démocratique. En clair, une dépense qui, au nom d’un impératif moral supérieur, aux accents de dogme théologique, échapperait à la loi suisse. Quoi qu’on pense de la nécessité de protéger notre planète (nous n’en contestons pas ici le principe), ce saute-moutons sur la loi suisse, démocratiquement votée, est inacceptable. Il en dit long, très long, sur la mentalité des initiants, leur légèreté face à la loi, leur approximation marécageuse face au marbre républicain.

     

    Le Conseil d’Etat genevois est composé de trois personnes de droite, trois de gauche, et un imprévisible. Aux trois de gauche, nous n’avons nul reproche à adresser. L’initiative vient de leurs rangs, elle est parfaitement légitime sur le plan formel, elle a eu les signatures, ils ont absolument le droit de la défendre. Mais il a bien fallu, arithmétiquement, qu’un membre, au moins, du collège bascule à gauche, pour obtenir ce soutien du Conseil d’Etat à l’initiative sur le Fonds Climat. Aux Verts, nul reproche : ils soutiennent leur texte. Aux socialistes, nul reproche : ils soutiennent les Verts. Mais le drame d’une bonne partie de la droite suisse, depuis au moins deux décennies, c’est qu’elle semble comme apeurée par les thèses des Verts. Comme si on n’avait pas le droit de leur dire, en toute fraternité républicaine : « Vous êtes adorables, mais votre initiative est excessive. Nous n’en voulons pas ». Il est temps que la droite suisse se réveille. Organise sa pensée autour de ses propres valeurs. Et non autour de celles des Verts.

     

    Pascal Décaillet

  • Indemnités chômage : les politiques aux fraises !

     
     
    Sur le vif - Lundi 09.02.26 - 15.46h
     
     
     
    J'ai déjà dénoncé avec vivacité, ici même avant-hier, le scandale des indemnités non-versées à près de quinze mille chômeurs en Suisse. Et j'y reviens ce soir avec cinq invités, en direct 19h dans GAC.
     
    Mais j'aimerais dire l'essentiel : le vrai scandale ne réside pas dans le pataquès informatique. Oh, il y a eu, certes, un méga-couac administratif. Mais le fond de l'affaire est politique. C'est là que réside le fond de ma colère de citoyen.
     
    Le vrai scandale, à partir du moment où l'informatique foirait complètement, c'est l'absence crasse, hallucinante, de rapidité POLITIQUE dans le traitement de la situation. L'absence de Plan ORSEC, de prise en compte de l'urgence, par les POLITIQUES de notre pays.
     
    Il y a, bien sûr, une responsabilité du Seco. Elle devra être établie, et on espère que le Parlement fédéral assumera sa mission de contrôle de d'administration.
     
    Mais il y a, bien plus grave, un défaut total de plan d'urgence POLITIQUE, de la part du Département fédéral de tutelle (Économie).
     
    Et il y a, encore plus grave, une lamentable inexistence du Collège exécutif dans son ensemble, le Conseil fédéral, gouvernement de la Suisse, GARANT DE NOTRE COHÉSION NATIONALE. Tous aux fraises ! Là est le scandale.
     
    Face à une telle situation, il fallait l'audace et le courage POLITIQUES d'agir dans l'urgence. En pensant, en absolue priorité, aux chômeurs concernés. Il fallait, immédiatement, trouver une solution pour leur verser leurs indemnités. Débloquer les fonds. Payer les gens, dont certains attendent l'indemnité dès le milieu du mois en cours, tant ils tirent la langue financièrement.
     
    Il fallait penser au peuple, à nos compatriotes dans la difficulté, immédiatement agir, après on se serait arrangé. Opération du reste quasiment blanche, car on n'allait leur payer deux fois leur dû pour la même période.
     
    Ce qui me révolte : pour sauver une compagnie aérienne, pour sauver une grande banque, ces trente dernières années, on a su agir dans l'urgence. Pour les nantis, les géants financiers, on sort l'aide. Pour les petits, les faibles, les fragiles, on laisse le Seco prendre le temps de réparer la panne.
     
    Deux poids, deux mesures. La grandeur de notre communauté nationale est de nous occuper des plus faibles. Et non d'agir en valets de la finance mondialisée.
     
    Citoyen, patriote, j'ai de la Suisse une autre attente que ce mépris des fragiles, et cette obédience devant les puissants.
     
     
    Pascal Décaillet