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Liberté

  • Sur le coup de minuit, feu et lumière

     
     
    Sur le vif - Jeudi 26.03.26 - 11.37h
     
     
    Hier soir, Grande Librairie. Autour de Michel Houellebecq, qui sort un recueil, on parle poésie. Et on écoute du Bach, remarquablement interprété au piano par Claire-Marie Le Guay.
     
    Poésie, Bach, ça me parle. Ca nous change des mondanités de salon. Je tends l’oreille, et toujours davantage. L’émission est belle, même si les propos sur l’acte poétique, par les autres invités, gravitent autour du sujet, lui en demeurant extérieurs. Mais peu importe, de belles choses sont quand même dites, par de belles personnes.
     
    Surtout, Houellebecq se tait. Il est là, totalement présent, concentré, aimable, drôle quand on l’interpelle, mais frappe par ses silences. Il ferme les yeux, comme en radio, tout au verbe, insensible à l’image. Il est là, central, objet des discours et des louanges (Orsenna, dans l’ordre de la pommade, en fait un peu trop). Mais lui, Houellebecq, muet, semble à des années-lumière. Alors qu’il est là, totalement présent. À l’écoute.
     
    Et Bach, à dix jours de Pâques, pour ponctuer cet attachant petit monde de surgissantes élévations.
     
    Et puis, sur le coup de minuit, à la toute fin de l’émission, vient le moment où Houellebecq se voit invité à lire, à haute voix, l’un des poèmes de son dernier recueil. Et là, comme dans les Écritures, lumière et parole. Densité. Souffle, retenue, présence. Un moment de feu.
     
    Enfin là, face à nous, celle dont on nous parlait tant mais demeurait invisible : la poésie.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Plus jamais la chienlit de 2003 !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.03.26

     

    Je suis le premier à contester l’ordre libéral du monde. L’impérialisme américain. Le capitalisme mondialisé. La politique de MM Trump et Netanyahu au Proche-Orient. Et jusqu’à l’existence même, indécente, de ce club de riches et puissants qu’on appelle le G7.

     

    Tout cela, oui. Mais tout de même ! Face aux événements qui attendent Genève en juin, comment ne pas se remémorer ceux de 2003 ? J’ai couvert tout cela, pour la RSR. J’étais producteur de Forum. Et nous collions aux événements, avec la valeureuse équipe de correspondants genevois de l’époque. La chienlit, nous l’avons vécue de près. De l’intérieur.

     

    Elle n’était pas belle à voir. Liberté d’expression, oui. Mais Genève à feu et à sang ! Casseurs habituels. Vitrines brisées. Commerces en état de siège, barricadés derrière des planches de bois. Genève, transformée en Fort Alamo. Forces de police venues d’Allemagne, en renfort. Une Conseillère d’Etat, par ailleurs de qualité, en a payé le prix. L’Etat, dépassé par les événements. La République, aux abonnés absents.

     

    C’est cela que nous voulons revivre, en juin ? Ma réponse de citoyen est claire : « Non, non, et non ! ». Nous attendons de nos autorités que tout soit mis en œuvre pour éviter le retour d’un tel cauchemar. Genève est une ville de paix et de dialogue. Et non un capharnaüm de fureurs mêlées.

     

    Pascal Décaillet  

  • Santé : la Révolution oui, le rikiki non !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.03.26

     

    La franchise minimale à 400 francs. Au lieu de 300, aujourd’hui. C’est la toute dernière trouvaille du Conseil fédéral, pour tenter d’exister un peu, dans le casse-tête de l’assurance maladie. 100 francs de plus à payer, avant de commencer à être remboursé par sa Caisse, sans compter ensuite la quote-part. Venant de la plus haute instance exécutive de notre pays, cette mesure est mesquine. Elle manque totalement de classe, d’allure, et surtout d’ampleur dans la perception générale de notre politique de santé, en Suisse. C’est petit, c’est rikiki, c’est anti-social. C’est aveugle. Notre petit pays, si grand par la lente et magnifique construction de son système social, culminant en 1947 par l’introduction de l’AVS, mérite tellement mieux que cette mesurette ponctuelle, cette apprentie-comète, déjà éteinte. Déjà oubliée.

     

    On pourrait disserter à l’infini sur le côté « Assommons les pauvres » de cette décision. Ou « Assommons les seniors en difficulté financière ». Ou « Assommons les malades chroniques ». Ou encore « Epargnons les Caisses, gorgées de réserves financières, acharnons-nous sur les assurés, et parmi eux sur les plus précaires ». On pourrait faire cela, oui. Mais prenons – quant à nous – de la hauteur. Regardons-le, ce système de santé suisse, c’est lui qui souffre, lui le malade, lui que le libéralisme ultra des années 1990 s’emploie à rendre incurable. Pour mieux engraisser les finances de ces géants qu’on appelle « les Caisses ». Trente ans qu’on enrichit le système. Trente ans qu’on appauvrit les assurés. Trente ans qu’on entretient la machine. Trente ans qu’on méprise l’humain. Il faut le dire, une fois pour toutes : la LAMal (loi sur l’assurance maladie), dont j’ai eu l’honneur de suivre toute la genèse à Berne, au début des années 1990 comme correspondant parlementaire, est un échec monumental. Une tache. Une honte, dans l’Histoire sociale, pourtant si belle, de la Suisse.

     

    Le Conseil fédéral ? Dans ce dossier, il n’existe pas ! Le Parlement ? Vermoulu par le lobbying éhonté des puissants des Caisses et des pharmas ! A la vérité, nous n’avons rien à attendre, en matière de santé, de notre machine à Tinguely institutionnelle. C’est le peuple qui doit agir. Par voie d’initiative. Sur la Caisse unique, il a déjà échoué, c’est vrai, mais les grands dossiers des assurances sociales, en Suisse, exigent, comme chez La Fontaine, « patience et longueur de temps », regardez l’assurance maternité. Et même l’AVS, notre fleuron, votée en juillet 1947, entrée en vigueur le 1er janvier 1948 : enfin acceptée, après trente ans de combat. Sa première revendication date du Comité d’Olten, en 1918, la dernière année de la Grande Guerre ! Alors oui, nous, citoyennes et citoyens de ce pays, mobilisons nos méninges pour sauver notre système suisse de santé. Pour ma part, je dis : « Grand retour de l’Etat, justice, égalité, primauté de l’intérêt public sur le profit financier ». Bref, arracher le dossier de la santé aux intérêts privés. Je n’ai pas dit « aux requins ». Parce que je suis de bonne humeur.

     

    Pascal Décaillet