Sur le vif - Vendredi 07.08.26 - 12.40h
S’il est un impérialisme qui a multiplié depuis 81 ans, éhontément, à n’en plus finir, avec une tranquillité dominatrice, une arrogance et une morgue jamais vues, les « ingérences » sur nos pays d’Europe occidentale, sur l’Amérique latine et centrale, sur nombre de pays d’Asie, c’est bien celui des États-Unis d’Amérique.
Ce sont eux qui, depuis 1948, et plus encore depuis 1967, soutiennent sans faille la politique coloniale, mortifère, de l’Etat d’Israël, face au peuple palestinien.
Eux qui arrangent les élections en Amérique latine, et en « corrigent » les résultats, par des coups d’Etat téléguidés, lorsque les peuples ont le malheur de voter pour l’équité et la justice sociale. Et contre l’emprise prédatrice de leurs multinationales.
Eux qui ont laissé, après la chute du Mur, le Pacte de Varsovie se démembrer, sans défaire en contrepartie l’Otan, dont les pions ne font qu’avancer sur les Marches de l’Est, depuis 36 ans.
Eux qui ont soutenu et financé l’absorption gloutonne, d’une vulgarité sans précédent, de la DDR par Kohl, et son système d’obédience atlantiste à l’Ouest.
Eux qui ont téléguidé les « Révolutions » ukrainiennes, avec leurs lots d’oligarques.
Eux qui ont fait une pression d’enfer sur la Suisse, pour qu’elle « corrige » dans leur sens son système financier. Et qui en ont profité pour la coloniser, dans les domaines de la banque et de la finance.
Eux qui dominent une partie du monde, dont bien sûr la Suisse, par leur mainmise absolue sur les titans du numérique.
Alors, « ingérences russes » ? Oui, sans doute. Il ne s’agit pas de les nier. Encore moins, de soutenir le régime Poutine.
Mais tout de même, un peu de culture historique, de sens des proportions ! La colossale russophobie qui s’abat sur les bonnes consciences libérales en Europe, par qui est-elle entretenue, téléguidée ? Par qui, si ce n’est par les ultra-libéraux de Bruxelles, par les atlantistes, par les valets de l’Oncle Sam ?
A cela s’ajoute le crétinisme de certains candidats sans envergure, issus du bloc central ou de la sociale-démocratie invertébrée et européiste, à la présidentielle française. Et, chez nous, l’inculture historique crasse de certains suppôts du libre-échange sans entraves et du capitalisme mondialisé.
Désolé, mais il fallait que ces choses-là fussent dites. Même si ça dérange.
Pascal Décaillet