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Liberté

  • David, Goliath

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 16.41h
     
     
     
    Ne le dites pas trop fort, ça pourrait heurter le crétinisme atlantiste, et l'obédience à l'Oncle Sam qui sévissent, JUSQU'AU PLUS HAUT NIVEAU, en Suisse. Mais les faits sont là : menacée, il y a quelques mois, d'être réduite "à un retour à l'âge de la pierre", la Perse millénaire a résisté à la première puissance du monde. Ca n'est pas la victoire d'une idéologie : C'EST UNE VICTOIRE NATIONALE.
     
    De même, il y a un peu plus de cinquante ans (j'étais enfant, puis ado, je suivais cette guerre passionnément), un petit peuple de paysans pauvres, en Indochine, appelé "le Vietnam", pétri lui aussi de culture et d'Histoire millénaire, a eu raison du même impérialisme américain, qui couvrait éhontément son pays de napalm, vingt ans après avoir déjà triomphé des Français.
     
    Il y a quand même des moments, dans l'Histoire, où David sort sa fronde contre Goliath.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La trahison des clercs : un crime contre le peuple

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 10.05h
     
     
    La droite libérale, responsable no 1 de l'étouffement de la Suisse, ces vingt dernières années, par une démographie galopante liée à la libre-circulation des personnes, a obtenu dimanche, avec l'appui incompréhensible de la gauche et les dizaines de millions du grand patronat, la victoire contre l'initiative UDC sur la Suisse à dix millions.
     
    Dont acte. Nous sommes démocrates. Nous acceptons les verdicts du peuple.
     
    Mais cette même droite libérale, qui N'A STRICTEMENT RIEN FAIT, ces vingt dernières années, pour conjurer la pression démographique sur le logement, les infrastructures, les transports, le système de santé, les assurances sociales, a le culot, depuis dimanche soir, de nous laisser entrevoir qu'elle a "une ou deux pistes" pour nous soulager de l'asphyxie démographique.
     
    La vérité, moi, je vais vous la dire.
     
    La vérité, c'est que la droite libérale ne fera STRICTEMENT RIEN. Elle n'a jamais rien fait dans ce sens, elle ne fait rien, elle ne fera rien.
     
    La vérité, c'est que le capitalisme financier, méthode ultra-libérale des trente dernières années (depuis la chute du Mur), méprise le monde du travail. Il méprise les ouvriers, les plus humbles, les plus modestes, les oubliés de la croissance des bilatérales. Il laisse d'innombrables patrons avides, sans scrupules, profiter éhontément de la submersion migratoire pour engager à vil prix des travailleurs venus d'autres pays. Cela s'appelle, beaucoup trop poliment, la "sous-enchère salariale".
     
    La vérité, c'est que la gauche a eu l'incroyable candeur, pour des raisons de niaiserie idéologique, de S'ALLIER AVEC CES MILIEUX-LÀ, qui lui sont totalement contraires, juste parce que l'initiative venait de l'UDC. C'est d'une bêtise abyssale. J'ai toujours respecté, dans ma vie, la gauche sociale, celle qui se bat pour la justice, les travailleurs, de meilleures conditions de vie, l'égalité des chances. Mais là, la gauche suisse s'est fourvoyée dans une alliance avec ses vrais ennemis, les pires : la droite libérale, mondialiste, financière, spéculative. Cette alliance, profondément malsaine, laissera des traces. Profondes.
     
    La vérité, c'est que le vote de dimanche signe un blanc-seing à la continuation du laxisme absolu que le système capitaliste, avec sa sanctification du "marché", laisse régner sur la question démographique. On fait venir du monde pour les sous-payer, on se contrefiche des conséquences sur la vie quotidienne des Suisses, on laisse les routes et le trafic ferroviaire étouffer, les hôpitaux s'engorger, les assurances sociales coûter de plus en plus cher, on saccage la nature en construisant n'importe où et n'importe comment, on livre notre magnifique pays aux requins de la spéculation.
     
    L'UDC, hier, a perdu sur la question ponctuelle de la Suisse à dix millions, avec en effet ce plafond arbitraire qui n'était pas une bonne idée. Mais la question démographique est plus centrale que jamais. Un jour ou l'autre, ceux qui veulent réguler les flux gagneront. Comme ils avaient gagné le 9 février 2014. On a juste tout entrepris pour ne surtout pas appliquer leur décision souveraine.
     
    La trahison des clercs est un crime contre la démocratie. Un crime contre le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Une défaite pour l'UDC ? Vous voulez rire !

     
     
    Sur le vif - Lundi 15.06.26 - 15.41h
     
     
     
    Bien sûr, hier, sur la Suisse à dix millions, l'UDC a perdu. C'est indéniable. Certes, elle décroche 45% des voix, presque un Suisse sur deux, ce qui représente 15% de plus que son réservoir électoral. Ces 15%, il faut aller les chercher un peu partout, mais principalement au PLR, très partagé sur le sujet, mais aussi chez les conservateurs démocrates-chrétiens de Suisse centrale et orientale. Mais enfin, bien entendu, 45%, c'est une défaite.
     
    L'UDC a perdu sur cet objet précis, la Suisse à dix millions. Sans doute, à cause de l'aspect arbitraire du chiffre, le peuple suisse n'aime pas trop ce genre de plafonds, dont il sent le côté artificiel.
     
    Mais moi, je vous dis que l'UDC, hier, a remporté une victoire.
     
    Ses puissants stratèges savaient parfaitement que cette barre à dix millions allait risquer de retenir pas mal de monde. Mais il s'agissait d'une initiative marketing, avec un titre frappant, clair, lisible, capable de déclencher un vaste débat national autour d'un texte à eux. Ils auraient été très heureux de gagner, mais la perspective d'une défaite très honorable (45%, c'en est une) leur convenait presque tout autant.
     
    Dans toute cette campagne, l'UDC a multiplié les qualités stratégiques, pour mettre son parti au centre de toutes les discussions, à seize mois des élections fédérales d'octobre 2027. Premier étage de la fusée : la Suisse à dix millions. Deuxième étage : la campagne amirale qui nous attend, sur les Bilatérales III. Tout cela, tout cet enchaînement chronologique, est pesé, prémédité, pensé. Cela porte un nom : cela s'appelle stratégie.
     
    Une telle construction intellectuelle, dicter l'agenda, tenir le tempo, garder l'opinion en haleine du coup suivant, fait, hélas, cruellement défaut dans les autres partis de la droite suisse. Au PLR comme au Centre, on passe son temps à jouer les pompiers, en tentant de RÉAGIR aux offensives fulgurantes de l'UDC. Avec un soutien sans limite du grand patronat, pas loin d'être éhonté dans la Suisse à dix millions, on passe son temps à creuser des tranchées, des fortins, faire la morale. On s'allie même avec la gauche, pour défendre le grand capital. ON NE FAIT QUE SE DÉFENDRE, ARRIVER APRÈS. On n'est presque jamais, soi-même, à l'origine d'un grand débat national.
     
    Car la Suisse à dix millions fut un grand, un magnifique débat, sur l'ensemble du territoire de notre pays. La participation, hier, fut remarquable. Le sujet (qui n'est pas l'immigration, mais la DÉMOGRAPHIE) était juste, pertinent, ciblé. Il épousait les légitimes préoccupations des plus humbles de nos concitoyens sur la géographie, le relief, le territoire si particulier de notre magnifique pays. Il est tout, sauf extensible à souhait. La démographie est donc un thème central.
     
    Alors oui, sur la Suisse à dix millions, l'UDC a perdu. Mais, dans la perspective du combat pour les fédérales 2027, elle a occupé le terrain avec une rare intelligence.
     
     
    Pascal Décaillet