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Liberté

  • Le pire en politique : les amateurs

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 30.09.26

     

    Rien de plus insupportable que les gens qui prétendent vouloir « faire de la politique autrement ». Ces petits prétentieux, tous partis confondus, qui déboulent sur la place publique, riches de leur seule inexpérience, sans passé, sans cicatrices, surtout sans la moindre culture historique et politique, et vous annoncent l’avènement, grâce à eux, d’une nouvelle ère. Le coup de la table rase. Le coup de l’homme nouveau. Celui qui va se saisir de la chose publique, en tout affranchissement de la moindre contrainte, en toute apesanteur du passé, de ce qui fut patiemment construit par nos ancêtres, des rapports de forces sociaux, de la lutte des classes, des antécédents historiques. Non, juste se pointer, prendre un air moderne (ah, le mythe de la nouveauté !), dégagé de toute contingence, celui qui va vous libérer des entraves, des archaïsmes, des appartenances.

     

    Foutaise. Et je pèse mes mots. Ces gens-là sont des amateurs. Ils n’ont pas le bagage, les codes, la préparation historique, philosophique, pour affronter l’arène politique, alors ils se drapent dans leur ignorance, la transforment en vertu. Ce sont des baratineurs de bas étage. La vérité, c’est que la politique est un métier. Elle exige d’éminentes qualités. Une longue préparation intellectuelle, d’abord, historique surtout, pour placer dans la diachronie, donc dans la durée, la chaîne d’antécédents, un problème politique à résoudre aujourd’hui. On ne surgit pas du néant, ni de Sirius : on consacre sa jeunesse, ses années de formation (Lehrjahre) à se préparer. On étudie l’Histoire. On lit la vie des hommes illustres. On se renseigne sur les guerres, les traités. On se plonge dans l’Histoire économique et sociale, on lit Thucydide (La Guerre du Péloponnèse) et Karl Marx, on se renseigne sur l’Histoire ouvrière, on lit les témoignages, tous, ceux des victimes, ceux des bourreaux, ceux des gentils, ceux des méchants.

     

    Surtout, on se débarrasse de la morale. Non dans sa vie, bien sûr. Mais comme outil d’analyse des rapports de forces humains, donc de la politique. L’observation de la politique exige, désolé de le dire, un parfait cynisme, glacé. Un seul impératif : comprendre. Alors oui, la politique est un métier. Elle a ses codes, ses lois de la guerre, ses impératifs d’endurance. François Mitterrand, plus d’un demi-siècle de politique active, connaissait par cœur la carte électorale de la France, circonscription par circonscription. Président pendant quatorze ans, il prétendait s’en désintéresser, laisser ces détails aux partis. La vérité, c’est qu’il contrôlait tout, actionnait les leviers, plaçait ses hommes. Il faisait de la politique non pas « autrement », mais « mêmement ». Il était habité, jusqu’au fond des ses artères, par la même éternelle noirceur du pouvoir. Il le savait. Il connaissait la règle. Il jouait le jeu. Et souvent, il gagnait. Mais jamais il n’affectait le masque du rénovateur. Il ne trichait pas. Il faisait même, ouvertement, de son cynisme renseigné une marque de fabrique, un fleuron.

     

    Pascal Décaillet

       

     

  • Droite genevoise : pour un changement RADICAL de logiciel

     
     
    Sur le vif - Dimanche 27.09.26 - 12.05h
     
     
    Le rapport de forces gauche-droite, induit par les résultats des votations à Genève, préfigure un basculement de majorité au printemps 2028. Le temps de l’arrogance libérale à Genève, y compris au sein des droites, est révolu.
     
    Le retour d’un État fort est puissamment demandé par le peuple. Si la droite n’intègre pas RADICALEMENT la notion d’Etat, au sens d’arbitre au service du plus grand nombre, et notamment des plus faibles, et non bien sûr au sens d’une armada de fonctionnaires derrière des guichets, elle court à la déroute.
     
    Un espoir dans ce sens, tout de même : le projet de Caisse Santé Genève, qui mérite pour le moins d’être pris au sérieux et étudié en profondeur.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Netanyahu : face aux juges, vite !

     
     
    Sur le vif - Vendredi 25.09.26 - 08.49h
     
     
    L’immense majorité des participants qui quittent la salle de l’ONU, à New York, lorsque Netanyahu monte à la tribune, révèle une réalité : d’innombrables pays, dans le monde, ne veulent plus entendre parler de sa politique coloniale et mortifère.
     
    Les deux ans de massacres à Gaza, les exactions quotidiennes des colons de Cisjordanie contre les Palestiniens, sont dans toutes les consciences.
     
    Les pays du monde ne condamnent pas l’existence de l’Etat d’Israël, reconnue depuis 1948. Encore moins, le peuple qui l’habite. Ils condamnent UNE POLITIQUE bien précise, contraire aux droits les plus élémentaires de la personne humaine.
     
    Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la justice internationale. Il n’a rien à faire sous les lambris de l’ONU. Il n’a rien à faire à New York, dont le courageux Maire a très bien fait de le condamner.
     
    La place de Netanyahu, comme d’ailleurs celle de l’actuel locataire de la Maison Blanche, n’est pas devant les Nations Unies. Mais devant les juges.
     
     
    Pascal Décaillet