Liberté
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La Suisse profonde vous ferait-elle peur ?
Sur le vif - Dimanche 11.10.26 - 10.54hIl n’est absolument pas question que le débat sur la double ou simple majorité, pour la future votation sur les Bilatérales III, vire au débat de juristes.Nous savons bien que juridiquement, la majorité simple (celle du peuple) suffit. Nous connaissons la Constitution fédérale, et n’avons nul besoin de grands clercs, aux airs graves et aux accents moralisateurs, pour nous le rappeler.Non. Ce débat sur la double ou simple majorité est un débat citoyen. Il nous appartient à tous. C’est une question éminemment POLITIQUE, donc citoyenne. Quel degré d’ancrage, donc de légitimité, voulons-nous donner à une décision qui tranchera, entre autres, sur la souveraineté juridique de notre pays ?Pour ma part, je plaide pour la double majorité. Le peuple ne me fait pas peur. Les Cantons ne me font pas peur. La Suisse profonde ne me fait pas peur.Pascal Décaillet -
La Louve Romaine
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.10.26
Une place UDC se libère donc au Conseil fédéral. Personne, parmi les réalistes, ne conteste à ce parti, premier du pays au niveau fédéral, ses deux sièges au gouvernement. Guy Parmelin laissant vacante une place romande, il est hautement souhaitable que le futur élu vienne de la Suisse francophone.
A partir de là, faites vos jeux. Mais ne personnalisons pas trop tôt le débat, qui sera, de toute manière, tranché, non par les quelque quatre millions de citoyennes ou citoyens suisses ayant le droit de vote, mais par les 246 de l’Assemblée fédérale.
Ce qui compte, dans le jeu des équilibres, c’est le profil politique du successeur de Guy Parmelin. A cet égard, je plaide pour une personnalité protectionniste, proche – voire issue – du monde paysan, partisane de relancer l’industrie suisse, d’encourager à fond nos PME, d’accorder la priorité au marché intérieur.
Un homme ou une femme, clairement affranchi des puissances financières, de l’Argent-Roi, des milliardaires zurichois ultra-libéraux. Bref, un Latin, héritier de la Louve romaine, partisan d’un Etat fort, mais surtout pas tentaculaire, avec des citoyens libres. Au fond, un radical patriote.
Vous avez des noms ? Moi aussi ! Mais pour l’heure, exigeons un profil. Une ligne, en rupture avec toute cette bande de valets de la finance mondiale qui torpillent l’idée que nous avons de la Suisse : simple et belle, souriante, maternelle. Comme une Madone, au détour du chemin.
Pascal Décaillet
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Les femmes de ménage du Palais fédéral
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.10.26
Il y a des moments, en politique, où une petite phrase, juste une allusion, entre virgules, frappe davantage les consciences (pour peu que le récepteur du message en soit doté) que tout le reste du discours. Ainsi, ce vendredi 2 octobre 2026, quelques minutes après 11h, Guy Parmelin, annonçant son départ du Conseil fédéral après onze années de loyaux services, a-t-il tenu à associer à ses remerciements les femmes de ménage du Palais fédéral. Citoyen suisse, épris d’égalité entre les humains, m’adressant à tous de la même façon, quel que soit leur statut social, j’ai été infiniment touché par ces quelques mots. A eux seuls, ils résument la Suisse, tout son secret fragile et délicat, ce jeu d’équilibres, tissé de respect mutuel et d’estime pour toutes les fonctions, absolument toutes, à commencer les plus modestes.
Et puis, quoi ! Qui a fait la Suisse, depuis 1848 ? Qui a creusé nos merveilleux tunnels alpins, le Simplon, le Gotthard, le Lötschberg, le Saint-Bernard ? Qui a construit notre réseau de routes et d’autoroutes ? Qui, si ce n’est des ouvriers, des mineurs, des perceurs de rochers, dans des conditions parfois épouvantables, l’humidité, le risque d’effondrement de la roche ? Qui a donné sa santé, parfois hélas aussi sa vie, en œuvrant dans des galeries, dans le ventre de la montagne ? Qui, si ce n’est des ouvriers, à commencer par des Italiens, à qui je veux rendre ici un vibrant hommage. Ces hommes, souvent venus d’ailleurs, oui par exemple de cette Italie qui nous est si proche, si chère, matricielle, font partie intégrante, par leur travail, leur sacrifice, de notre Histoire suisse moderne. Et, par là-même, de notre communauté nationale. Ils s’y sont hissés par l’acte, non par le discours.
Les femmes de ménage du Palais fédéral. 35 ans après, voilà qui m’a immédiatement rappelé un souvenir de mes années comme correspondant parlementaire à Berne. Avec mes trois vaillants collègues de la RSR, nous avions notre studio au troisième étage du Palais fédéral. On nous avait chargés, en plus de toute la couverture politique ordinaire, d’inaugurer une nouvelle séquence, à 07.20h et 08.20h du matin, la Revue de presse alémanique. Internet n’existait pas. Celui d’entre nous quatre qui, par tournus, en était chargé, devait d’abord, vers 5 heures du matin, passer au kiosque de la gare de Berne, où une gentille dame nous avait préparé un solide paquet, bien ficelé, de journaux, qui venaient d’arriver, de nuit, de Zurich, Bâle ou Saint-Gall. Puis, nous faisions notre entrée dans un Palais fédéral encore désert. Dont les seules habitantes étaient…… les femmes de ménage du Palais fédéral ! En tirant, à la machine, notre premier café de la journée, c’est à elles que nous adressions nos premières paroles. Toujours avec le sourire. Toujours avec complicité, fraternité entre braves matinaliers. Ces dames étaient tout simplement formidables. Alors, moi aussi, des décennies plus tard, je rends hommage aux femmes de ménage du Palais fédéral.
Pascal Décaillet