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Liberté

  • Léon XIV : la puissance d'un prénom

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.06.26

     

    A peine avais-je appris le prénom que venait, à l’instant, de se choisir le nouveau Pape, que j’exprimais sur mon blog ma joie et mon espoir. J’ai mal compris le Pape François, n’ai jamais saisi ses intentions exactes, ni ses lignes de force et de cohérence intellectuelles, me suis donc tu, tout au long de son règne. Ce qui n’enlève rien au respect que je porte à l’homme. Mais là, à la seconde, l’annonce de ce prénom, « Léon XIV », m’a revivifié d’une lumière. Je suis, depuis de longues décennies, un passionné de son lointain homonyme, Léon XIII, né Vincenzo Gioacchino Pecci, en 1810, Pape de 1878 à sa mort, en 1903. J’ai étudié à fond sa vie, son œuvre. Surtout, je me bats depuis quarante ans pour convaincre les gens, autour de moi, de lire son Encyclique « Rerum Novarum », publiée en 1891. J’ai beaucoup écrit sur Léon XIII, non sous l’angle théologique (je n’ai aucune qualité pour cela), mais sur la dimension économique, politique et sociale de cette Encyclique, qui lui a valu le surnom de « Pape des ouvriers.

     

    En 1891, la Révolution industrielle est à son apogée. Des enfants, dans certains pays d’Europe, travaillent encore dans les mines. Les usines tournent à plein, avec des conditions de travail que nul, aujourd’hui, ne pourrait imaginer. Aucune protection sociale, à part dans l’Allemagne bismarckienne, pionnière en ce domaine. Pas de retraite payée : de toute façon, les ouvriers, les mineurs, meurent jeunes, fourbus, cassés, perclus de maladies, pensez à la chanson de Brel, « Jaurès ».  Allez visiter, si vous passez par la bouleversante région de la Ruhr, le Musée de la Mine, à Bochum (Rhénanie du Nord – Westphalie), vous comprendrez tout. En 1891, pas d’assurance maladie, ni invalidité. Déjà, les usines, les mines sont aux mains d’un capitalisme financier avide de profit. Les propriétaires, les actionnaires s’enrichissent. Les prolétaires crèvent la dalle. A ces conditions de vie dégradantes, un homme, mort huit ans plus tôt, avait passé sa vie à trouver des réponses, une issue : un Rhénan, appelé Karl Marx. Lui aussi, lisez-le, il le faut absolument, sa lucidité économique et sociale est exceptionnelle.

     

    En 1891, la grande ambition de Léon XIII est de trouver une réponse humaniste, chrétienne, non-marxiste (même si les points de jonction avec le philosophe de Trèves sont innombrables) à la misère de la condition ouvrière. Il en résulte un texte exceptionnel, d’un courage et d’une lucidité prophétiques, une dénonciation sans appel du capitalisme financier centré sur le seul profit. Une défense du travail, valeur magnifique en soi, non plus comme aliénation, mais comme clef d’épanouissement, personnel, familial et collectif, pour l’harmonie d’une société humaine tout entière. C’est un texte fondateur. Il a marqué ma pensée économique et sociale, depuis ma jeunesse. En attendant de vous parler, un jour, de « Magnifica Humanitas », l’Encyclique de Léon XIV sur l’Intelligence Artificielle, publiée 135 ans, jour pour jour, après « Rerum Novarum », je voulais vous dire un mot de cet autre Léon, celui des usines et des mines, celui des ouvriers.

     

    Pascal Décaillet

  • David, Goliath

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 16.41h
     
     
     
    Ne le dites pas trop fort, ça pourrait heurter le crétinisme atlantiste, et l'obédience à l'Oncle Sam qui sévissent, JUSQU'AU PLUS HAUT NIVEAU, en Suisse. Mais les faits sont là : menacée, il y a quelques mois, d'être réduite "à un retour à l'âge de la pierre", la Perse millénaire a résisté à la première puissance du monde. Ca n'est pas la victoire d'une idéologie : C'EST UNE VICTOIRE NATIONALE.
     
    De même, il y a un peu plus de cinquante ans (j'étais enfant, puis ado, je suivais cette guerre passionnément), un petit peuple de paysans pauvres, en Indochine, appelé "le Vietnam", pétri lui aussi de culture et d'Histoire millénaire, a eu raison du même impérialisme américain, qui couvrait éhontément son pays de napalm, vingt ans après avoir déjà triomphé des Français.
     
    Il y a quand même des moments, dans l'Histoire, où David sort sa fronde contre Goliath.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La trahison des clercs : un crime contre le peuple

     
     
    Sur le vif - Mardi 16.06.26 - 10.05h
     
     
    La droite libérale, responsable no 1 de l'étouffement de la Suisse, ces vingt dernières années, par une démographie galopante liée à la libre-circulation des personnes, a obtenu dimanche, avec l'appui incompréhensible de la gauche et les dizaines de millions du grand patronat, la victoire contre l'initiative UDC sur la Suisse à dix millions.
     
    Dont acte. Nous sommes démocrates. Nous acceptons les verdicts du peuple.
     
    Mais cette même droite libérale, qui N'A STRICTEMENT RIEN FAIT, ces vingt dernières années, pour conjurer la pression démographique sur le logement, les infrastructures, les transports, le système de santé, les assurances sociales, a le culot, depuis dimanche soir, de nous laisser entrevoir qu'elle a "une ou deux pistes" pour nous soulager de l'asphyxie démographique.
     
    La vérité, moi, je vais vous la dire.
     
    La vérité, c'est que la droite libérale ne fera STRICTEMENT RIEN. Elle n'a jamais rien fait dans ce sens, elle ne fait rien, elle ne fera rien.
     
    La vérité, c'est que le capitalisme financier, méthode ultra-libérale des trente dernières années (depuis la chute du Mur), méprise le monde du travail. Il méprise les ouvriers, les plus humbles, les plus modestes, les oubliés de la croissance des bilatérales. Il laisse d'innombrables patrons avides, sans scrupules, profiter éhontément de la submersion migratoire pour engager à vil prix des travailleurs venus d'autres pays. Cela s'appelle, beaucoup trop poliment, la "sous-enchère salariale".
     
    La vérité, c'est que la gauche a eu l'incroyable candeur, pour des raisons de niaiserie idéologique, de S'ALLIER AVEC CES MILIEUX-LÀ, qui lui sont totalement contraires, juste parce que l'initiative venait de l'UDC. C'est d'une bêtise abyssale. J'ai toujours respecté, dans ma vie, la gauche sociale, celle qui se bat pour la justice, les travailleurs, de meilleures conditions de vie, l'égalité des chances. Mais là, la gauche suisse s'est fourvoyée dans une alliance avec ses vrais ennemis, les pires : la droite libérale, mondialiste, financière, spéculative. Cette alliance, profondément malsaine, laissera des traces. Profondes.
     
    La vérité, c'est que le vote de dimanche signe un blanc-seing à la continuation du laxisme absolu que le système capitaliste, avec sa sanctification du "marché", laisse régner sur la question démographique. On fait venir du monde pour les sous-payer, on se contrefiche des conséquences sur la vie quotidienne des Suisses, on laisse les routes et le trafic ferroviaire étouffer, les hôpitaux s'engorger, les assurances sociales coûter de plus en plus cher, on saccage la nature en construisant n'importe où et n'importe comment, on livre notre magnifique pays aux requins de la spéculation.
     
    L'UDC, hier, a perdu sur la question ponctuelle de la Suisse à dix millions, avec en effet ce plafond arbitraire qui n'était pas une bonne idée. Mais la question démographique est plus centrale que jamais. Un jour ou l'autre, ceux qui veulent réguler les flux gagneront. Comme ils avaient gagné le 9 février 2014. On a juste tout entrepris pour ne surtout pas appliquer leur décision souveraine.
     
    La trahison des clercs est un crime contre la démocratie. Un crime contre le peuple.
     
     
    Pascal Décaillet