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Liberté

  • La place de Netanyahu est à La Haye

     
     
    Sur le vif - Jeudi 09.04.26 - 07.59h
     
     
    Le Liban, scène collatérale du théâtre d’opérations iranien ? Pas du tout ! L’horreur absolue qui s’y déroule dévoile, comme en palimpseste, l’appartenance du Liban à un plan de guerre général, dûment prémédité par les pires faucons d’Israël, décliné diaboliquement en fonction de l’intensité ou des cessez-le-feu avec l’Iran.
     
    Dès que Trump laisse poindre la possibilité d’un accord avec Téhéran, Netanyahu en profite pour mettre le paquet sur le Liban. Et pour y massacrer tous azimuts, comme il le fit pendant deux ans à Gaza.
     
    Le plan ? Augmenter de facto (même pas besoin tout de suite d’annexer, comme en juin 67) le territoire israélien. Créer une zone incompressible, au Sud du Liban, qui puisse servir d’antichambre sécuritaire à Israël, pour très longtemps. Une sorte de Sac du Palatinat (1688), trois siècles et demi après.
     
    Pour cela, sans même plus s’appuyer sur l’argument de la présence du Hezbollah, Israël pulvérise, massacre massivement la population civile du Liban, exactement comme à Gaza. Le but n’est autre qu’une extension pure et simple de son propre territoire. Il faisait partie du plan, longtemps avant la guerre avec l’Iran.
     
    Pire : IL ÉTAIT LE PLAN. Pire encore : IL ÉTAIT L’ESSENTIEL DU PLAN. Et si l’affaire iranienne n’avait été que le gigantesque leurre des ambitions territoriales d’Israël au Sud du Liban ?
     
    La place de Netanyahu n’est ni à Jérusalem, ni au Sud du Liban. Elle n’est ni dans la liste des Justes, légitimement chère au peuple d’Israël, ni dans celle des hommes de bien. La place de Netanyahu, comme d’ailleurs celle de Trump, est à La Haye.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Rima : un parfum de cachet

     
     
    Sur le vif - Vendredi 03.04.26 - 18.21h
     
     
    Bon. Si je résume, il suffit que n’importe quel barbouze de la Cinquième Colonne pro-Netanyahu, section France, lance une délation pour « apologie du terrorisme » pour que la justice et la police de la République se précipitent à flanquer Rima Hassan en garde à vue. Et en avertissent les médias avant même l’audition, histoire que le récit préfabriqué précède l’événement, comme l’existence précède l’essence.
     
    Tant qu’à faire, autant réhabiliter les lettres de cachet, avec séjour à la Bastille à la clef. Ou les masques de fer. Ou les trajets en canot vers le Château d’If. Ça sent l’Ancien Régime, toute cette péripétie, où le féodal le dispute à l’arbitraire. Manque juste le Collier de la Reine, prochain épisode sans doute.
     
    Et les délateurs, ils s’annoncent ? Ils se présentent, auprès du public ? Leurs liens d’intérêts ? Leurs réseaux ? On peut connaître leur visage, à ces colombes pascales ?
     
    Et les Praud, les Le Bret, toute la soldatesque bolloréenne qui se surexcite ! Et la drogue, vous pensez ! French Connection ! Marseille ! Quartiers Nord ! 
     
    Toute cette histoire, c’est un épisode, parmi mille autres, de la création parfaitement concertée, planifiée, construite, d’un roman noir visant à la prise du pouvoir en 2027. Pas celle de Marine. Non, celle de son jeune acolyte ultra-libéral, fringué comme un banquier, et si grand ami de M. Netanyahu. N’a-t-il pas pris soin, en pleine période de massacre généralisé à Gaza, d’aller, en parfait gendre de boulevard, lui présenter, sur place, ses hommages ?
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Impasse des syllogismes

     
     
    Sur le vif - Vendredi 03.04.26
     
     
     
    La lucidité historique est affaire d’imprégnation, non de raisonnement. D’humus, non d’éther.
     
    On ne comprend pas un phénomène historique en alignant les syllogismes, comme s’il y avait à tout prix quelque chose à démontrer. Les Français, incarcérés dans le mythe cartésien, sont passés maîtres dans l’art de vouloir briller par la démonstration rationnelle. Leur mot préféré est « donc ». Les coquelets de combat, sur les chaînes parisiennes, n’en peuvent plus d’aligner les déductions. Surexcités de satisfaction, ils s’écoutent raisonner. Leur jouissance suprême est un oral de maths.
     
    Non. La démarche historique est toute de temps et de patience. Elle est d’observation et d’écoute. De fragments. D’échantillons. Il faut, toute une vie sur un sujet, ouvrir ses yeux et ses oreilles. Très important, l’ouïe. La galaxie des sons. La musique, forme suprême de la vie.
     
    Je m’exprime, mercredi prochain, sur l’absolue nécessité de laisser venir à soi la polyphonie des voix adverses, les vaincus, les vainqueurs, les victimes, les bourreaux. Les colons, les opprimés. Toutes les voix, toutes les perspectives. Je prends l’exemple des 132 ans de présence française en Algérie (1830-1962), dans laquelle je m’immerge depuis un demi-siècle.
     
    Comment, dès le début, dès la résistance de l’Émir Abdelkader (1808-1883), est née, puis s’est développée, par mille courants souterrains et souvent adverses, l’idée de nation algérienne indépendante. C’est long, complexe, passionnant. Ça prend du temps, ce chemin-là.
     
    On n’accède pas à la compréhension historique par une pirouette démonstrative, comme on étalerait un théorème géométrique, Thalès, Pythagore, au tableau noir, en écrasant sa craie de jouissance précipitée.
     
    Non. On se renseigne. On multiplie les témoignages. On écoute, et on écoute encore. On laisse en soi s’entrechoquer les voix.
     
    Surtout, on laisse au vestiaire les concepts beaucoup trop globaux, « Occident », « civilisation », « monde libre », « lois de l’Histoire ». On ne contemple pas l’Histoire humaine du haut d’un satellite. Non. On l’écoute. On lui prête l’oreille. On laisse venir à soi la voix de chaque humain. À commencer, impérieux paradoxe, par ceux qui, dans les cercles du pouvoir, n’ont jamais droit à la parole.
     
     
    Pascal Décaillet