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Liberté

  • Plus jamais la chienlit de 2003 !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.03.26

     

    Je suis le premier à contester l’ordre libéral du monde. L’impérialisme américain. Le capitalisme mondialisé. La politique de MM Trump et Netanyahu au Proche-Orient. Et jusqu’à l’existence même, indécente, de ce club de riches et puissants qu’on appelle le G7.

     

    Tout cela, oui. Mais tout de même ! Face aux événements qui attendent Genève en juin, comment ne pas se remémorer ceux de 2003 ? J’ai couvert tout cela, pour la RSR. J’étais producteur de Forum. Et nous collions aux événements, avec la valeureuse équipe de correspondants genevois de l’époque. La chienlit, nous l’avons vécue de près. De l’intérieur.

     

    Elle n’était pas belle à voir. Liberté d’expression, oui. Mais Genève à feu et à sang ! Casseurs habituels. Vitrines brisées. Commerces en état de siège, barricadés derrière des planches de bois. Genève, transformée en Fort Alamo. Forces de police venues d’Allemagne, en renfort. Une Conseillère d’Etat, par ailleurs de qualité, en a payé le prix. L’Etat, dépassé par les événements. La République, aux abonnés absents.

     

    C’est cela que nous voulons revivre, en juin ? Ma réponse de citoyen est claire : « Non, non, et non ! ». Nous attendons de nos autorités que tout soit mis en œuvre pour éviter le retour d’un tel cauchemar. Genève est une ville de paix et de dialogue. Et non un capharnaüm de fureurs mêlées.

     

    Pascal Décaillet  

  • Santé : la Révolution oui, le rikiki non !

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.03.26

     

    La franchise minimale à 400 francs. Au lieu de 300, aujourd’hui. C’est la toute dernière trouvaille du Conseil fédéral, pour tenter d’exister un peu, dans le casse-tête de l’assurance maladie. 100 francs de plus à payer, avant de commencer à être remboursé par sa Caisse, sans compter ensuite la quote-part. Venant de la plus haute instance exécutive de notre pays, cette mesure est mesquine. Elle manque totalement de classe, d’allure, et surtout d’ampleur dans la perception générale de notre politique de santé, en Suisse. C’est petit, c’est rikiki, c’est anti-social. C’est aveugle. Notre petit pays, si grand par la lente et magnifique construction de son système social, culminant en 1947 par l’introduction de l’AVS, mérite tellement mieux que cette mesurette ponctuelle, cette apprentie-comète, déjà éteinte. Déjà oubliée.

     

    On pourrait disserter à l’infini sur le côté « Assommons les pauvres » de cette décision. Ou « Assommons les seniors en difficulté financière ». Ou « Assommons les malades chroniques ». Ou encore « Epargnons les Caisses, gorgées de réserves financières, acharnons-nous sur les assurés, et parmi eux sur les plus précaires ». On pourrait faire cela, oui. Mais prenons – quant à nous – de la hauteur. Regardons-le, ce système de santé suisse, c’est lui qui souffre, lui le malade, lui que le libéralisme ultra des années 1990 s’emploie à rendre incurable. Pour mieux engraisser les finances de ces géants qu’on appelle « les Caisses ». Trente ans qu’on enrichit le système. Trente ans qu’on appauvrit les assurés. Trente ans qu’on entretient la machine. Trente ans qu’on méprise l’humain. Il faut le dire, une fois pour toutes : la LAMal (loi sur l’assurance maladie), dont j’ai eu l’honneur de suivre toute la genèse à Berne, au début des années 1990 comme correspondant parlementaire, est un échec monumental. Une tache. Une honte, dans l’Histoire sociale, pourtant si belle, de la Suisse.

     

    Le Conseil fédéral ? Dans ce dossier, il n’existe pas ! Le Parlement ? Vermoulu par le lobbying éhonté des puissants des Caisses et des pharmas ! A la vérité, nous n’avons rien à attendre, en matière de santé, de notre machine à Tinguely institutionnelle. C’est le peuple qui doit agir. Par voie d’initiative. Sur la Caisse unique, il a déjà échoué, c’est vrai, mais les grands dossiers des assurances sociales, en Suisse, exigent, comme chez La Fontaine, « patience et longueur de temps », regardez l’assurance maternité. Et même l’AVS, notre fleuron, votée en juillet 1947, entrée en vigueur le 1er janvier 1948 : enfin acceptée, après trente ans de combat. Sa première revendication date du Comité d’Olten, en 1918, la dernière année de la Grande Guerre ! Alors oui, nous, citoyennes et citoyens de ce pays, mobilisons nos méninges pour sauver notre système suisse de santé. Pour ma part, je dis : « Grand retour de l’Etat, justice, égalité, primauté de l’intérêt public sur le profit financier ». Bref, arracher le dossier de la santé aux intérêts privés. Je n’ai pas dit « aux requins ». Parce que je suis de bonne humeur.

     

    Pascal Décaillet

  • La Cisjordanie, vous connaissez ?

     
     
    Sur le vif - Mardi 24.03.26 - 15.53h
     
     
     
    L'ampleur massive des deux ans de massacres à Gaza, puis aujourd'hui des guerres en Iran et au Liban, avec leurs milliers de morts, leurs centaines de milliers d'humains déplacés, comme des troupeaux errants, au gré des bombes, toute cette horreur ne doit pas faire oublier ce qui se passe en Cisjordanie. C'est moins global, moins perceptible au premier coup d'oeil. C'est plus dispersé, plus caché, plus pervers.
     
    La guerre, c'est aussi cela : créer des situations de leurre, braquer les projecteurs sur un événement, pour mieux en dissimuler une série d'autres. Lisez, chez Xénophon, Thucydide, puis plus tard Plutarque, les récits des guerres antiques : les plus grandes batailles sont truffées de ce mécanisme de ruse. Vieux comme le monde.
     
    Occupée depuis la Guerre des Six jours, ainsi que Gaza et Jérusalem-Est, puis administrée en "Territoires" depuis les grands Accords des années 1990 (les années d'espoir, tant regrettées), la Cisjordanie n'en peut plus de subir les attaques, les exactions, les humiliations des colons israéliens. Le gouvernement Netanyahu ferme les yeux. D'aucuns, dans ses rangs et ses alliés, encouragent même ces procédés.
     
    Il faut être allé sur place pour se faire une idée de la situation. Ce qu'on appelle "colonie", ce sont parfois juste des drapeaux israéliens, affichés en pure provocation aux fenêtres d'immeubles palestiniens. Ce colonialisme-là, présent dès 1948 (et même plusieurs décennies en amont !), exacerbé depuis juin 1967, s'exerce aujourd'hui, à l'heure où j'écris ces lignes, avec toute la malignité mortifère de ceux qui profitent de l'attention mondiale sur d'autres théâtres d'opérations (Iran, Liban) pour se livrer à leur travail de sape. Il s'agit de marquer le territoire, humilier les Palestiniens, et au fond les forcer à l'exil.
     
    Cela, au moment précis où le ministre israélien des Finances avance la lumineuse idée d'un Sud-Liban annexé par Israël. Il va plus loin que les pire faucons de l'opération "Paix en Galilée", en 1982.
     
    Tout cela, dans l'indifférence du monde. Les chaînes en continu, dont la plupart sont inféodées à MM Trump et Netanyahu, mettent la lumière ailleurs. Et maintiennent dans l'ombre ce qui se passe en Cisjordanie, et qui nous dessine le pire visage du colonialisme.
     
     
    Pascal Décaillet