Liberté
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Les gentils soldats de la presse romande
Sur le vif - Jeudi 05.03.26 - 11.45h"Iran : la guerre, tant attendue" : le titre de cet édito TG, au lendemain de l'agression israélo-américaine, constitue un sommet inégalé d'obédience atlantiste, d'inféodation aux faucons de l'axe Washington-Jérusalem, de conformisme à la vision imposée par les puissants, dans le monde éditorial romand. Lequel est, plus que jamais, à désespérer. Il n'y a plus rien, strictement RIEN, à en attendre.Les bribes de vérité, de lucidité, d'indépendance, de courage, de solitude nourrie de lectures, de désespoir au moins lettré, nous viennent d'ailleurs. Surgissent d'autres sources. Souvent des individus isolés, des inconnus, surprenants, éblouissants, sur les réseaux, comme celui sur lequel vous me lisez. Mais les journaux établis, c'est fini.Pascal Décaillet -
Et tout le reste est littérature
Sur le vif - Mercredi 04.03.26 - 16.57hAu Sud du Liban, comme hier à Gaza, des populations entières déplacées. Une armée, toujours la même, qui sème la mort et la désolation. Un gouvernement, toujours le même. Une idéologie, toujours la même. Un Premier Ministre, toujours le même, dont la place est à La Haye.Tout le Proche et le Moyen-Orient, en état d'embrasement. La guerre, portée à l'échelle d'une région du monde, dans son ensemble. Une armée, toujours la même, protégée, immunisée, par la plus puissante du monde, qui porte le feu où elle veut, comme elle veut, quand elle veut. Pour elle, nul besoin de droit international. Ni de feu vert de l'ONU. Non, juste la complicité de son puissant protecteur.Et chez nous, l'armée des complices. La Cinquième Colonne de l'axe Washington-Jérusalem. L'immense relent post-colonial de se dire qu'on a tout à gagner à un monde arabe affaibli, un monde persan désormais, comme sous le Shah, aux ordres de l'Occident anglophone. Tout ça, pour que M. Trump puisse se servir des ressources naturelles. Tout ça, pour que M. Netanyahu puisse faire diversion des accusations mondiales portées contre lui, de son dossier à La Haye. Tout ça, sous le paravent des droits de l'homme, du droit des femmes, de la "démocratie" face à la "dictature".Bien sûr que le régime des mollahs est infâme, qui dit le contraire ? Mais les VRAIES raisons de la Croisade menée de conserve par les faucons du Nouveau Monde et ceux d'Israël n'ont évidemment rien à voir avec les prétextes avancés. Il y a des moments, dans la vie, où l'impératif de lucidité doit l'emporter sur les beaux sentiments brandis, avec un incroyable cynisme, par les agresseurs de cette guerre : Washington et Jérusalem. Les faucons des Etats-Unis. Et ceux d'Israël.C'est aussi simple que cela.Et tout le reste, comme chez le grand Verlaine, est littérature.Pascal Décaillet -
Duel d'escogriffes
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.26
Qui sommes-nous ? Des hommes et des femmes libres. Libres de vivre. De respirer. Libres de nos regards sur le monde. Nos lucidités. Nos décryptages. Nos analyses. Nos adhésions spirituelles. Libres, surtout, de nous détacher de toute meute, d’où qu’elle vienne. Les rejeter. Les haïr. Les meutes de gauche. Et, tout autant, les meutes de droite, en forme olympienne, ces temps, sur certaines chaînes privées parisiennes. La meute, c’est le degré zéro de l’esprit critique. La meute, c’est la nullité, c’est la honte.
Alors oui, fuyons toutes les meutes. Un exemple : Mélenchon. Dieu sait si je le combats, celui-là, mais je ne supporte pas la meute contre lui, orchestrée au plus haut niveau de la droite française la plus ultra. Elle est tout aussi détestable, cette meute contre un homme, que les meutes des Insoumis pour empêcher les opinions contraires aux leurs dans les Universités.
Deux extrêmes, qui passent leur temps à surenchérir l’un contre l’autre, dans l’ordre de l’invective. Le pays de Verlaine et Debussy, de Jean-Philippe Rameau, de Racine et La Fontaine, le pays de Ravel, est tombé si bas ? Assister à l’affrontement à mort de deux meutes, enragées, endoctrinées ? Non, non et non : la France mérite mieux que ce duel d’escogriffes. Elle a d’autres lumières à offrir au monde. Elle a une autre musique à livrer à nos oreilles. A quand, le grand réveil ?
Pascal Décaillet