Liberté
-
Vivement une France sans Macron !
Sur le vif - Mardi 14.07.26 - 11.17hLe 14 Juillet, c'est la prise de la Bastille, en 1789. Donc, dans l'imaginaire, le moment fondateur de ce prodigieux enchaînement d'événements, sur plusieurs années, qu'on appelle la Révolution française. On aurait pu la dater du 20 juin 1789, le Serment du Jeu de Paume, mais peu importe, va pour le 14 juillet.La Révolution est un Bloc, c'est Clemenceau qui l'a dit. Moi, quand je pense à elle, je me projette trois années plus tard, les Soldats de l'An II, cette "armée en haillons", issue de la première levée en masse de l'Histoire de France, qui va se couvrir de gloire sur tous les champs de bataille d'Europe. Car en 1792, la France est seule. Toute l'Europe coalisée, les têtes couronnées, veulent y rétablir par la force, DONC PAR L’INVASION, le système féodal, les privilèges à la noblesse, l'Ancien Régime.Le seul problème pour eux, c'est que "l'armée en haillons", contre toute attente, elle qu'on s'imaginait pouvoir tailler en pièces en quelques semaines, gagne les batailles. Protège le Rhin. Et peu après, se projettera en Italie, pour vaincre les Autrichiens, avec à sa tête un général de 26 ans, nommé Bonaparte. En quelques années, la Révolution a réussi militairement. L'armée française de l'Ancien Régime, déjà admirable sous Louis XV, puis Louis XVI, s'est fondue dans l'Armée de la Nation. La France de la Révolution est seule. Elle verse son sang, celui du peuple, levé en masse. Et elle remporte des victoires. Elle a "ramassé l'épée de Turenne", lui fait honneur comme rarement. Elle écrit l'Histoire. Pendant ce temps, les Émigres, les Emperruqués, sont à Coblence. Pactisent avec l'ennemi. Rêvent de Restauration.Voilà pourquoi, Cher lecteur, je ne supporte pas l'idée de voir, un 14 Juillet, une autre armée que celle de la France défiler sur les Champs-Élysées.Sur les questions de stratégie et de défense, Macron fait fausse route, sur toute la ligne. Il ne cesse de parler "d'Europe", de "défense européenne". Il semble croire sincèrement qu'en cas de danger réel, les pays d'Europe joueront la solidarité continentale. Mais qu'a-t-il appris de l'Histoire ? Dans tous les moments décisifs, vitaux, la France a été SEULE. En 1792, seule. En 1814, seule. En 1815, seule. En 1870/71, seule. En 1914, seule. En 1940, plus seule que jamais, LÂCHÉE PAR LES ANGLAIS.La vérité, c'est que Macron se figure être déjà au temps des Nations dépassées, alors que nous sommes, plus que jamais, dans le temps des Nations, tout court. Dès que les choses vont mal, la Nation resurgit. Déjà, à l'époque du Covid ! Dès que les intérêts vitaux d'un pays sont en jeu, c'est chacun pour soi, on oublie l'Europe, on oublie les diplomates, on oublie la "Genève internationââââle", on oublie les cocktails, on en revient à l'économie de survie nationale, à l'économie de guerre, aux plans directeurs, à une souveraineté alimentaire et une protection de l'agriculture, une souveraineté industrielle aussi, qui n'auraient jamais dû être abandonnées !Dans ces conditions, je vous l'avoue, il y a des personnages, des visages, que je ne supporte tout simplement pas de voir, dans la tribune d'honneur du défilé du 14 Juillet. Seuls doivent y figurer le Président de la République française, son Premier ministre (en l'espèce, l'admirable, le national Sébastien Lecornu), les ministres français, les hauts responsables de l'armée française.Car le 14 Juillet, c'est la Révolution. Et la Révolution, c'est la France seule. Le peuple de France, seul. La Patrie en péril, défendue contre qui ? Non contre un peuple lointain, au-delà de la Vistule ou du Niémen, mais contre ses VOISINS IMMÉDIATS. Mais bon sang, imprégnez-vous d'Histoire ! Les autres nations en Europe, de taille comparable à la France, qui se réarment à la vitesse grand V, sont certains de ses voisins directs. Dont l'un, juste derrière le Rhin, qui se refait une santé d'enfer, une armée à 100 milliards d'Euros, sous la bénédiction générale, sous prétexte de "sécurité européenne". Mais ce voisin-là, le jour venu, dans dix ans, vingt ans, trente ans, son armée enfin retrouvée, il s'en servira non pour « l'Europe », mais pour LUI-MÊME.Et c'est un germanophile total, viscéralement habité par l’Histoire, la langue, la littérature, et avant tout la musique allemandes, et aussi par la philosophie prussienne, qui signe ces lignes. Paradoxe ? Si vous voulez. Je dirais plutôt : ascèse de lucidité. Unterwegs zur Erklärung ! Zur Aufklärung !Bon réveil à tous, bande d'ensommeillés europhiles et supranationaux. Le temps des Nations est tout, sauf révolu. Et vivement une France sans Macron !Pascal Décaillet -
Ecône : pause fraîcheur, SVP!
Sur le vif - Mercredi 01.07.26 - 15.56hJe ne porte strictement aucun jugement négatif sur le mouvement d'Ecône. Encore moins, sur les adhérents eux-mêmes, en tant que personnes humaines.Je ne porte d'ailleurs aucun jugement sur les adhésions spirituelles de quiconque, toutes religions confondues. Ou hors-religions, d'ailleurs. Ni sur l'absence d'adhésion. Ni sur la vie intérieure d'un autre humain, son rapport à la mort, à la transcendance. Je ne parle jamais des questions de foi, qui sont pourtant l'essentiel du christianisme. Sur l'essentiel, je ne me prononce jamais. C'est peut-être paradoxal, mais je l'assume.Je respecte les gens d'Ecône, tout comme les adeptes, en apparence diamétralement opposés, de la théologie de la libération. Ceux qu'on appelle "la droite" de l’Église, ceux qu'on appelle "sa gauche". J'ai dit maintes fois mon admiration pour Dom Helder, l'archevêque de Recife, au Brésil, son sourire, son courage, sa joie pastorale. J'admire des Papes conservateurs (Benoît XVI, pour sa lumineuse intelligence textuelle). Mais j'admire, tout autant, des Papes progressistes (Léon XIII, pour son Encyclique de 1891, Rerum Novarum). Les uns comme les autres me parlent, me nourrissent.Mais là, j'aimerais simplement demander à Ecône une pause fraîcheur.Je me suis tu pendant tout le règne du Pape François. Un chef de l’Église que je n'ai pas compris, tout en le respectant d'ailleurs, et en admirant sa fougue pastorale. Mais je ne l'ai pas compris. Alors que j'ai compris Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI.Ce silence, j'en suis sorti, vous le savez, à la minute même, l'an dernier, de l'annonce du nom choisi par le nouveau Pape : Léon XIV ! Vous connaissez ma passion pour son homonyme de 1878 à 1903, Léon XIII. J'ai déjà écrit sur ce réveil, en moi.Et c'est pour cela que je demande à Ecône une pause fraîcheur.Avec Léon, le nouveau Pape américain, la possibilité d'une page nouvelle s'offre à l'Assemblée, cette communauté invisible (j'y tiens), et possiblement universelle, qu'on appelle, pour faire court, l’Église. Léon XIV revivifie la Doctrine sociale de 1891. Lisez Magnifica Humanitas, vous y retrouverez, de façon saisissante, appliqué à notre époque, l'esprit de Rerum Novarum. Une Eglise pour tous, n'excluant personne, soucieuse des plus défavorisés, habitée par la nécessité de restaurer le lien entre les humains. En l'occurrence, par rapport à l'Intelligence Artificielle. Mais en réalité, en tous domaines.Je perçois Léon XIV comme ouvrant, pour l'Assemblée des fidèles, y compris à ses invisibles, ses muets, une perspective régénérante pour affronter les défis colossaux d'aujourd'hui. Bref, je perçois, dès la première minute, ce Pape comme une chance historique.Et c'est pour cela que je demande à Ecône une pause fraîcheur.L'Assemblée invisible des fidèles, l'Ecclesia, vient de traverser des décennies de crises, liées notamment aux scandales sexuels, absolument abominables, qui ont enfin été révélés. Elle a perdu en visibilité, en crédit. Alors, Ecône, pause fraîcheur, SVP.Pause fraîcheur, oui ! L'Assemblée, l'Ecclesia, a peut-être, me semble-t-il, d'autres urgences à régler que se payer un nouvel épisode de Schisme, avec psychodrames, excommunications, oui ce mot hallucinant, par le terrible frémissement d'anachronismes qu'il provoque dans nos consciences. On se croirait rejeté aux temps cathares, avec leurs bûchers, ou à l'époque de Philippe le Bel, Jacques de Molay, les Templiers. Alors, Ecône, pause fraîcheur, SVP.Nous sommes en 2026. Le monde, la planète, se portent mal. Nous, humains, devons impérieusement chercher ce qui nous rassemble, il y a tant de choses qui nous déchirent ! A mes yeux, Léon XIV, Magnifica Humanitas, placés dans la perspective de Léon XIII, Rerum Novarum, cette filiation en forme de résurgence, nous offrent une porte. Un passage. Une perspective. Alors, Ecône, pause fraîcheur, SVP.L'Assemblée, dans le miracle de son invisibilité, de son anonymat, de son universalité qui ne doit exclure strictement personne, je dis bien aucun humain, aucun maudit, aucun rejeté, aucun damné, cette communauté de vie et d'espérance me semble quand même, en juillet 2026, avoir autre chose à foutre que se payer la lamentable théâtralité d'un Schisme, d'excommunications. Alors, Ecône, pause fraîcheur, SVP.Pause fraîcheur. On respire. On sourit au monde. On accueille la vie, qui est sublime. On cherche des solutions pour vivre, tous, sur cette planète, cette Terre habitée. On ne vient pas rajouter de l'huile sur le feu, avec des nominations d'évêques qui seront, à tort ou à raison, perçues comme des provocations.Pause fraîcheur ! On vit, chacun s'il le veut, sa part d'appartenance invisible à l'Assemblée.Bref, on se comporte comme des adultes. Ceux qui crèvent de faim, les pestiférés, les pauvres parmi les pauvres, ceux qui se croient maudits, abandonnés, ont besoin de frères humains qui se comportent, avec eux, comme des adultes. Ils n'ont rien à faire d'une dramaturgie médiévale du Schisme. Et de l'excommunication.Pause fraîcheur !Pascal Décaillet -
Contrat social
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.07.26
A Genève, ville de Rousseau, le Contrat social fonctionne-t-il, entre les habitants et les autorités, en 2026 ? D’un côté, oui : les inégalités sont corrigées par un océan de subventions aux plus défavorisés. La subvention, c’est bien, il est clair que personne, en Suisse, ne doit être laissé sur le chemin. Mais le côté « océanique », justement, pose problème.
Il n’est absolument pas normal que près de 38% des habitants du Canton soient exemptés d’impôts, parce qu’ils sont sous les seuils. Les mêmes reçoivent de solides subventions pour payer, entre autres, leurs primes d’assurance maladie. En clair, les 62% de Genevois qui payent des impôts doivent non seulement payer pour eux les primes les plus chères de Suisse. Mais en plus, ils doivent, comme contribuables, financer ces fameuses subventions pour payer les primes des autres ! Mais eux, jamais, ne reçoivent la moindre subvention.
Et là, il y a scandale. S’il est normal d’aider les plus précaires, il ne l’est absolument pas de faire payer par l’impôt, donc l’argent d’Etat, celui des contribuables, des primes enrichissant encore des Caisses privées, les mêmes qui déjà nous tondent à longueur d’année ! La subvention directe à l’assurance n’aurait de sens que dans le cas, pour lequel je plaide depuis toujours, de Caisse maladie unique, en Suisse, Ou, tout au moins, de Caisse cantonale publique. Cette erreur hallucinante du système doit être corrigée. Par un retour régalien de l’Etat.
Pascal Décaillet