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Liberté

  • Glucksmann se bat-il pour Kiev et Tbilissi, ou pour la France ?

     
     
    Sur le vif - Samedi 17.10.26 - 12.00h
     
     
    Pourquoi si peu de curiosité, dans la presse Rive Gauche française, sur les années géorgiennes, mais aussi ukrainiennes, de Glucksmann ? Tout le monde trouve normal qu'un candidat à la Présidence de la République ait passé une partie de sa jeunesse comme agent d'influence à Tbilissi, mais aussi à Kiev, au moment de la Révolution orange de 2004 ?
     
    Dans tous ces engagements, un fil rouge : une haine féroce de la Russie. Que cette dernière, depuis des siècles, sous les Tsars comme sous l'URSS, se montre prédatrice pour ses voisins, c'est une certitude. Il est parfaitement compréhensible qu'un Géorgien, un Ukrainien, un Moldave, un Letton, un Polonais de l'Est, se méfient comme de la peste du puissant voisin russe.
     
    Tout comme il est normal qu'un paysan cubain, ou une infirmière, ou un ouvrier, considèrent avec quelque angoisse vitale la présence, à quelques encablures de leurs côtes, de la puissance représentant, depuis 1945, le premier impérialisme mondial. En tentant, depuis 1962, de les affamer par blocus.
     
    Se mêler des relations entre Moscou et ses voisins ? Cela, par exemple, n'a jamais été l'affaire des Etats-Unis, qui, au contraire, pendant toute la période soviétique, se seraient frottés les mains de telles tensions internes à l'Empire. Mais tout a changé, par opportunisme, depuis la chute du Mur. On sait aujourd'hui le rôle que le CIA a joué dans l'éclatement de l'URSS, à la fin des années 80, début 90. Le rôle, aussi, qu'elle a joué en Ukraine, au moment des Révolutions oranges.
     
    Ca n'était pas l'affaire de Washington, mais au moins maintenant, avec le revirement de Trump, c'est parfaitement clair.
     
    J'en viens au tabou, c'est la question no 2. En quoi les conflits de Moscou avec ses anciennes puissances tutélaires sont-ils notre affaire, à nous, au centre de l'Europe ? L'obsession anti-russe d'un Glucksmann, quel dessein masque-t-elle ? D'où vient, chez ce citoyen français, cette mission obsessionnelle de Croisade, qu'il s'est lui-même confiée, contre le pouvoir russe ? Contre les appétits de Poutine (bien réels, il ne s'agit pas de les nier) de reconstituer l'Empire ? N'est-ce pas là une affaire interne à un monde slave bien éloigné du nôtre, nourri de tant de siècles de conflits et de rééquilibrages complexes ?
     
    Que Poutine soit un dictateur, qu'il bafoue les droits de l'homme, qu'il s'emploie à museler toute opposition, c'est certain, nous n'avons en effet aucune sympathie à nourrir pour le personnage. Mais enfin, avons-nous, ici au centre de l'Europe, mission de nous mêler des mécanismes internes au pouvoir russe, ainsi qu'aux relations séculaires entre Moscou et Kiev, Moscou et Tbilissi, Moscou et Tallinn ?
     
    De grâce, ne venez pas me parler de l'OTAN, l'éternel argument des atlantistes inféodés à Washington. L'OTAN a profité de la chute du Mur, le 9 novembre 1989, pour étendre son influence sur les Marches les plus lointaines de l'Europe de l'Est. Le vieux rêve des faucons du Pentagone, pendant toute la Guerre froide. Il y a là rupture des équilibres de Yalta, et, bien au-delà, ingérence d'une puissance extra-continentale dans des mécanismes internes à un monde slave régi depuis des siècles par des équilibres qui lui sont propres.
     
    Alors ? Alors oui, Poutine est un dictateur. Oui, Poutine veut reconstituer l'Empire autour de la Russie. Mais un candidat à la Présidence de la République française ne doit-il pas avoir d'autres priorités, un peu plus intérieures, un peu plus en rapport avec le déclin et la dette abyssale de son pays, que de mener Croisade dans un conflit certes regrettable, moralement condamnable, tout ce que vous voudrez, mais qui n'est pas le sien ?
     
    Un candidat à la Présidence de la République française doit avoir le souci de la pérénité, à travers les siècles, à travers les régimes, tsariste, communiste ou post-communiste, de la RELATION D’ÉTAT A ÉTAT, plusieurs fois séculaire, entre la France et la Russie. En rendant visite à Staline, fin 44, Charles de Gaulle, Président du Gouvernement Provisoire depuis fin août, qu'a-t-il fait d'autre ? Il n'est pas allé rendre hommage au communisme ! Ni au dictateur Staline ! Il est juste allé rétablir, la tête froide, une continuité d'Etat, entre la France et la Russie, qui transcende les idéologies, les droits de l'homme, la couleur des régimes successifs.
     
    La France a besoin d'un Président qui ait LA TÊTE froide en politique étrangère. Et non d'un Croisé, enragé sur la cause d'un pays étranger contre un autre pays étranger.
     
    Sur la question ukrainienne, un pays comme la France doit renouer avec sa vieille tradition, gaulliste notamment, de recherche de solutions politiques. Non pour se plier devant Moscou, mais pour rétablir le contact, le dialogue. Cette posture, où la diplomatie et l'intelligence retrouvent leurs lettres de noblesse, est autrement dans la lignée de l'Histoire de France, que le bellicisme opportuniste de Macron, et obsessionnel chez Glucksmann.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Les leçons de géométrie du Marais, ça suffit !

     
     
    Sur le vif - Vendredi 16.10.26 - 18.41h
     
     
    J’en ai assez, plus qu’assez, d’entendre les pleureuses du Marais, comme à l’instant à Forum l’inénarrable représentante fribourgeoise, se plaindre de la « polarisation ».
     
    Mais bon sang de bon sang, si les deux premiers partis de Suisse sont l’UDC et le PS, c’est que les citoyennes et citoyens de ce pays, qui n’ont strictement aucun compte à rendre aux politiciens du Centre, le veulent !
     
    Si les deux premiers partis de France sont le RN et LFI, c’est pour la même raison ! Parce que le Centre improbable de Macron, en réalité ultra-libéral, atlantiste, européiste, obsédé par l’Ukraine, les Français N’EN VEULENT PLUS !
     
    Si l’AfD monte en Allemagne, notamment dans les ex-Länder de la DDR, que je connais à fond de l’intérieur, c’est qu’il y a des raisons à cette ascension ! Absorption brutale et gloutonne de la DDR par l’atlantiste libéral Kohl en 1990, puis en 2015 le catastrophique « Wir schaffen das » de Mme Merkel. L’addition se paye aujourd’hui.
     
    Alors, maintenant, ça suffit. Si les fronts politiques, un peu partout en Europe, se « polarisent », c’est que les citoyens de ces pays le veulent !
     
    On dirait, à écouter la représentante du Centre, que la vérité théologique serait détenue par son parti. Et que tout choix clair et marqué, à gauche comme à droite, tout antagonisme dialectique, au sens où l’entendent Hegel puis Marx, relèverait d’une grave déviance, d’ordre moral, à condamner à tout prix.
     
    Ce discours de gentil centriste, détenteur du point géométrique adoubé par le Ciel, le soir même où un sondage national confirme la première et deuxième place de partis clairs et droits dans leurs bottes, à droite comme à gauche, est tout simplement insupportable.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Macron, Glucksmann : même combat

     
     
    Sur le vif - Vendredi 16.10.26 - 11.00h
     
     
    Les mêmes milieux qui, en 2017, puis piqûre de rappel 2022, ont fabriqué Macron, nous façonnent aujourd'hui Glucksmann.
     
    Les similitudes éclatent. Même positionnement "centriste", flottant dans un marécage assez mouvant, illisible en soi, pour permettre toutes les compromissions, à commencer par celle avec la droite financière, ultra-libérale, arracheuse d'emplois à l'agriculture, à l'industrie françaises.
     
    Même obsession pour l'Ukraine, pour Zelensky, donc même russophobie, peut-être opportuniste pour Macron, assurément pathologique pour le Stagiaire, qui en est encore à subordonner les intérêts supérieurs de la France à des questions morales. Le degré zéro de la politique, au pays de Richelieu et Charles de Gaulle.
     
    Même cécité devant le phénomène montant en Europe : la montée en puissance, stratégique notamment, de l'Allemagne, 100 milliards d'euros par an pour se réarmer. Ils ont, l'un comme l'autre, la naïveté de croire que, le jour venu, cette puissante armée allemande réinventée servira à "l'Europe". Alors qu'elle servira les intérêts stratégiques de l'Allemagne, notamment sur ses Marches de l'Est.
     
    Même insensibilité au sort des plus défavorisés, dans leur propre pays. Macron, en creusant la dette comme jamais, a ruiné tout espoir de relance par l'investissement, pour de longues années. Le candidat Rive Gauche, quant à lui, ne semble jamais sorti des salons parisiens, où il pérore sur l'Ukraine et la Géorgie.
     
    Les mêmes milieux, oui, les ont façonnés, l'un comme l'autre. Ceux qui soutiennent la primauté des puissances financières sur les forces locales de production. Ceux qui soutiennent l'atlantisme et Bruxelles. Ceux qui ne veulent ni Révolution sociale, ni survie de l'agriculture, ni des petites et moyennes industries locales françaises. Ceux qui soutiennent le libre-échange mondialisé, à la solde des spéculateurs mondiaux, contre l'économie de proximité.
     
    Alors, pour ces gens-là, surtout pas Mélenchon, surtout pas Marine. L'un et l'autre, malgré leurs différences, proposent une RUPTURE avec l'inféodation européenne de la France, sa soumission atlantiste. Une RUPTURE, aussi, avec une certaine oligarchie financière, mondialiste, qui étouffe le pays, lui confisque son âme patriote. Au profit du gain en bourse.
     
    Alors oui, le Marais, celui de Macron ou celui du Stagiaire, ne cesse de forger le discours "Surtout pas les extrêmes". Alors que le peuple français, lui, se prépare, dans un sens ou dans l'autre, à..... congédier le Marais ! Parce qu'il a, tout simplement, ruiné le pays par la dette, et soumis la France aux puissances mondialisées de l'Argent-Roi.
     
     
    Pascal Décaillet