Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté

  • Philippe Lazzarini : courage et lucidité

     
     
    Sur le vif - Mercredi 01.04.26 - 16.49h
     
     
     
    Je ne connais pas personnellement Philippe Lazzarini, Commissaire général de l'UNWRA, l'organisme de l'ONU pour l'aide aux Palestiniens. Mais chaque fois que je l'ai vu ou entendu, dans des reportages, j'ai découvert un homme intelligent, responsable, renseigné, courageux. Exactement les qualités requises pour une fonction aussi exposée aux souffrances d'un peuple.
     
    Et, plus je voyais et entendais cet homme, plus je me suis mis à détester profondément l'image absolument haïssable forgée, puis véhiculée à souhait par la Cinquième Colonne pro-Netanyahu dans nos pays. En Suisse, notamment.
     
    Et je me dis qu'il y a un autre reportage à faire, qui est, lui, de l'ordre de la linguistique, de la sémiologie, et de l'étude des instruments de propagande. Comment, sciemment, des professionnels (oh, ils s'y entendent !) du discours pré-fabriqué pour être largement diffusé, ont conçu cette altération volontaire de la réputation d'un homme de bien.
     
    Voilà. Je voulais juste dire cela. Au sujet d'un homme que je n'ai jamais rencontré, mais dont le travail et le courage m'inspirent le respect.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La mer Rouge

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.26

     

    Bien sûr, il y a l’arrivée du printemps. Le retour de la vie. Déméter, Perséphone. Rituel vieux comme le monde. Avant la mythologie grecque. Avant les grands textes bibliques. Bien sûr, en nous promenant dans les vignes, en février ou mars, face à la ligne épurée, cistercienne, des ceps, nous sommes tous en espérance des premiers feuillages. Bien sûr, il y a ce temps d’attente.

     

    Bien sûr, il y a tous ces textes, éblouissants, sur le Passage. Il y a la mer Rouge. Il y a la Terre promise. Il y a tout ce travail, immense, intérieur à chacun de nous, pour permettre, un jour, une ouverture. Il y a les Passions de Bach, toute cette architecture de l’attente, sublimée par une musique sans égal. Il y a les poèmes du Roumain de langue allemande Paul Celan (1920-1970). Du Pont Mirabeau, il s’est jeté dans la Seine. Laissant derrière lui une œuvre unique, construite autour du vide. Le néant.

     

    Bien sûr, il y a tous les rituels du Passage de l’Empire romain d’Orient. Byzance. La Grèce du Nord, celle des monastères. Les Coptes. Les Syriaques. Un homme, mieux que tous, nous en parlait : Georges Haldas.

     

    Tout cela, bien sûr.

     

    Et puis, comme le feu, ces quelques lignes, passantes, énigmatiques, où il est question d’un Tombeau, trouvé vide, un certain matin. Et, face à ce texte, chacun de nous, seul. A chacun, son chemin. A chacun, son passage. A tous, aux Hébreux comme aux Égyptiens, oui à tous, je souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La messe sera dite. Quelle messe ?

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.26

     

    C’est reparti pour le scénario habituel. Il règne, dans la politique suisse, comme un parfum d’inéluctable. Une liturgie, toujours recommencée. L’UDC avance une initiative. Tout le monde est contre. L’UDC, comme un lion, se bat pour son texte. La masse des autres, en face, jouit du soutien des milieux patronaux, qui dépensent des sommes astronomiques. Souvent, malgré tout, l’UDC gagne, un beau dimanche, auprès du peuple et des cantons. Dans ces cas-là, comme après le OUI à l’initiative du 9 février 2014 sur l’immigration de masse, la coalition des perdants s’arrange, dans les conciliabules bernois, pour éviter à tout prix de mettre en application la volonté du souverain. Liturgie ? Oui. Mêmes mots. Mêmes anathèmes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que notre personnel politique, tous partis confondus, ne brille pas par la réinvention du verbe. On ressort les grimoires. Les lèvres articulent les mêmes syllabes. L’argument, remplacé par l’incantation.

     

    Le 14 juin prochain, l’UDC propose de plafonner à dix millions le nombre d’habitants de la Suisse. C’est un vieux thème : dès la fin du dix-neuvième siècle, plus fortement au début du vingtième, on saisit régulièrement le peuple, ou l’opinion publique, du sujet de l’Überbevölkerung, la surpopulation. C’est la vieille peur d’un très grand nombre de nos compatriotes, qui ne sont ni des fascistes, ni des xénophobes. Ce sont, simplement, des esprits géographiques. La moindre des choses, pour connaître un pays, est d’en observer le terrain. Le relief. L’hydrographie. Les zones habitables. Très vite, on voit que le territoire vivable, en Suisse, est loin d’être extensible à souhait. Ce territoire mité, par une politique de constructions longtemps sauvage et déréglée. Franz Weber, l’un de nos plus lumineux contemporains, avait parfaitement saisi cela. L’initiative Ecopop aussi, méprisée par les élites.

     

    Toujours, sur ce genre de thèmes, l’UDC voit se dresser face à elle un double front. D’un côté, un patronat avide de profit financier, peu regardant sur les salaires minimaux, ouvert à l’immigration pour mieux pratiquer la sous-enchère. Ce sont eux, les principaux profiteurs de la libre-circulation des personnes. Eux, et non le peuple, surtout pas ces classes moyennes étouffées par les charges, l’impôt confiscatoire, pour financer des infrastructures toujours plus coûteuses, à cause de la masse migratoire. Et puis, en alliance malsaine avec ces ultra-libéraux qui détestent l’Etat, il y a, trois fois hélas, la candeur internationaliste de la gauche et des syndicats. Ceux-là, depuis longtemps, ne défendent plus les Suisses qui souffrent, qui perdent leur travail. Ils n’ont qu’une chose à la tête : promouvoir la libre-circulation des masses venues d’ailleurs, au nom d’un universalisme béat, inculte, sans frontières. Contre l’UDC, le 14 juin prochain, c’est exactement cette alliance-là que nous retrouverons. Ils auront mis des dizaines de millions dans la campagne. Liturgie. Puissance de l’inéluctable. La messe sera dite. Quelle messe ?

     

    Pascal Décaillet