Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté

  • Au bord du précipice, le Dormeur du Val

     
     
    Sur le vif - Lundi 21.09.26 - 14.40h
     
     
     
    Les petits dîners en ville. Rive gauche. Quartier latin. Entre quelques éditorialistes de tendance sociale-démocrate, et quelques politiques de la gauche caviar. Le but : faire passer Glucksmann, alias le Dormeur du Val. A tout prix. Le rempart, contre la bête immonde, celle de LFI ou celle du RN.
     
    Maçonnerie ? Société secrète ? Shadow cabinet ? Ne cherchons pas si loin. Sans doute n'existe-t-il même aucun plan préalable, formalisé. Nous ne sommes pas dans un complot. Jean Daniel et Françoise Giroud, dans l'Express, il y a sept décennies, soutenaient à mort Pierre Mendès France, inoubliable Président du Conseil de juin 54 à février 55. Ils avaient du goût, du jugement : Mendès, c'est, de loin, la plus pure figure d'intelligence et d'Etat de la Quatrième République. Ils le soutenaient, et ils avaient raison.
     
    Mais Glucksmann ! L'amateur qui fait la leçon aux professionnels. Car oui, la politique est un métier. Il a ses règles, ses rudes lois de la guerre. Il ne suffit pas de débouler, dire vingt fois "Ukraine", quinze fois "Bruxelles", et dix fois "faire de la politique autrement", pour sceller avec le peuple de France un contrat de confiance. Il y faut autre chose.
     
    Mais enfin, Glucksmann tente sa chance, il en a parfaitement le droit. C'est même courageux. Mais ce tournoiement doré d'éphémères et de volatiles qui gravitent autour de sa candidature ! Ségolène Royal, on la boycotte. François Hollande, on la ramène pour la millième fois avec son histoire de scooter, mais Glucksmann, on l'encense, on l'invite, on le met en couverture. Il est le candidat de la presse mainstream. Pas seulement dans le camp social-démocrate, mais dans l'absolu ! Le seul, on se demande bien pourquoi, qui serait de taille à terrasser Mélenchon ou Marine Le Pen.
     
    C'est un peu court. Glucksmann, c'est le candidat des européistes et des mondialistes, le candidat de la nation oubliée au profit des toiles multinationales, le candidat de Sirius, arraché à tout terroir, tout tellurisme, toute puissance d'attraction et d'enracinement. Le candidat des zombies.
     
    Mais les dîneurs en ville n'en ont cure. Ils ont juste besoin d'un candidat pour détourner les Français de toute Révolution radicale, de gauche comme de droite. Un candidat pour maintenir la sujétion de la France à Bruxelles, mais aussi à Washington. Un candidat pour sauvegarder les acquis de décennies de sortants, de gauche comme de droite, qui ont conduit la France à sa situation actuelle. Au bord du précipice.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • La politique allemande, c'est comme le tigre blanc : elle n'existe pas

     
     
    Sur le vif - Lundi 21.09.26 - 09.57h
     
     
    Si jamais vous ambitionnez de commencer à comprendre la politique allemande, démarche à laquelle je vous encourage fraternellement, vous devez, avant toute chose, vous pénétrer d'une réalité : il n'y a pas de politique allemande. C'est comme si vous vous passionnez pour le tigre blanc, mais vous vous rendez compte que le tigre blanc n'existe pas. Ou presque.
     
    Il n'y a pas de politique allemande. Mais il y a une vie politique intense, passionnante, dans les Länder. S'il y a des Européens, autres que les Allemands, qui peuvent comprendre ça, c'est bien nous, les Suisses ! Notre structure de Cantons, cette agrégation de 26 Etats, en dialectique constante avec la Confédération, est semblable à la structure décentralisée des Allemagnes.
     
    Chaque pays a son Histoire. Si la France est centralisée, c'est le fruit de plus de mille ans d'Histoire. Les longs siècles mis par le pouvoir royal, cantonné au début à l'Île-de-France, pour s'imposer face aux puissantes féodalités régionales, la Bourgogne, la Provence, l'Aquitaine, etc. Puis, le flambeau admirablement repris par la Révolution jacobine, beaucoup plus centralisatrice, à vrai dire, que l'Ancien Régime.
     
    L'Allemagne, c'est le contraire. Nul pouvoir central ne s'y est imposé. Seule la Prusse qui, par Bismarck et par le fer, a imposé son autorité en 1866, puis 1871. Mais même en ces temps où les Hohenzollern étaient puissants, la Bavière restait la Bavière, la Saxe demeurait la Saxe.
     
    Au fond, dans les Allemagnes, la succession d'élections régionales, comme celle que nous vivons cet automne (Saxe-Anhalt il y a deux semaines, Mecklenburg-Vorpommern et Berlin hier), est infiniment plus importante, plus porteuse de vérités, que l'élection générale, au niveau fédéral.
     
    Hier, l'AfD s'est à nouveau imposée avec 38% des voix. C'est considérable, mais c'est moins qu'en Saxe-Anhalt. Surtout, le SPD, la vieille et admirable sociale-démocratie qui fut celle de Willy Brandt, d'Helmut Schmidt, est certes battu par l'AfD, mais maintient son implantation, historique en Prusse depuis l'époque wilhelmine, puis la République de Weimar. Contrairement à la CDU en Saxe-Anhalt, ou hier dans le Mecklenburg (même pas le quorum !), le SPD ne s'effondre pas.
     
    Mais au fond, l'événement le plus éclatant, hier, c'est la victoire historique de Die Linke, la gauche de la gauche, parti issu du communisme en DDR, et relancé avec génie par l'un des hommes les plus inventifs de la politique allemande, Gregor Gysi. Cette percée est l'événement d'hier que l'Histoire retiendra. La droite, dans une partie des Allemagnes, se radicalise avec l'AfD, la gauche se radicalise avec Die Linke, c'est la vie, c'est le curseur, les partis naissent, vivent et meurent, d'autres arrivent, rien n'est éternel.
     
    L'AfD monte ? Oui, bien sûr, mais principalement en Saxe, en Prusse et en Thuringe, les trois régions historiques de l'ex-DDR. Les responsables, devant l'Histoire, sont des gentils démocrates-chrétiens, atlantistes à souhait, nommés Helmut Kohl et Angela Merkel. Le premier, pour avoir phagocyté de façon immonde et gloutonne la DDR, qui était un pays en soi, avec quarante ans d'Histoire, de traditions sociales, culturelles, associatives. La seconde, pour son "Wir schaffen das !" de 2015, qui a fait déferler sur les Länder de l'Est une altérité dont les Allemands n'étaient pas demandeurs.
     
    L'AfD monte en ex-DDR, mais, par exemple, elle est contenue en Bavière, où la puissante CSU se charge d'assumer les valeurs conservatrices, celles-là même que la CDU a parfois jetées à la poubelle. En politique comme en physique, les vases communiquent.
     
    Bref, c'est complexe. C'est pluriel. Ca exige d'être scruté Land par Land, ville par ville, patiemment, en profondeur. A ceux qui, n'ayant lu de leur vie que le livre (admirable, certes) de M. Chapoutot sur le glissement de la République de Weimar vers le Troisième Reich, crient déjà au retour des années trente, on a envie de dire de se calmer un peu. Surtout nos amis les surexcités des TV privées parisiennes, y compris bolloréennes. A vrai dire, à part quelques historiens d'élite, les Français n'ont strictement jamais rien compris à la complexité savoureuse des Allemagnes. Cette dernière n'est pas réductible à la pensée cartésienne, aux seuls syllogismes de la Raison, ni surtout aux neurones des jouvenceaux qui confondent la politique avec la morale.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Les petits censeurs de France Inter

     
     
    Sur le vif - Samedi 19.09.26 - 19.06h
     
     
    Quand on combat la censure, on la combat PARTOUT !
     
    Je la combats, par exemple, en condamnant les intimidations judiciaires visant à faire taire Sylvain Thévoz, dans l’affaire de Gaza.
     
    Je la combats tout autant, lorsque les censeurs de France Inter jouissent, ce soir, d’avoir eu la peau d’un journaliste engagé par la direction pour une chronique externe. Les idées de cet éditorialiste ne plaisent pas à la rédaction de gauche de la chaîne.
     
    Aujourd’hui, dans les médias, la censure ne vient pas du sommet, de tel patron véreux ou autoritaire, mais de LA BASE !
     
    Tout cela est à vomir. Car contraire à l’esprit même du journalisme.
     
    Ce que je dis déplaît ? Eh bien, déplaisons !
     
     
    Pascal Décaillet