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Liberté

  • G7 : enfin, le Conseil d'Etat donne un cap !

     
     
    Sur le vif - Mercredi 27.05.26 - 14.45h
     
     
     
    Conférence de presse du Conseil d'Etat sur le G7 : cette fois, l'exercice est réussi. Mme Kast : très à l'aise, très compétente, très ferme et très claire sur ce qui sera accepté ou refusé. Il faut lui faire confiance, à elle comme à l'ensemble du collège.
     
    Il est d'ailleurs très bon que Mme Fontanet soit présente, pour montrer une unité interne au gouvernement, au-delà du clivage droite-gauche.
     
    J'ai suivi, au millimètre, toute l'affaire du G8, en 2003. Producteur responsable de l'émission Forum, sur la RSR, à l'époque, en liaison intime avec l'équipe de correspondants genevois, j'ai présenté plusieurs émissions spéciales, au coeur des événements. Eh bien je peux vous dire une chose : le Conseil d'Etat, à J-18, n'avait à l'époque ni cette clarté, ni cette cohérence. Et la police n'avait pas, à sa tête, une personnalité aussi incontestée que Mme Bonfanti.
     
    A partir de maintenant, j'appelle mes concitoyens de Genève à donner toute ses chances à ce Conseil d'Etat, en le soutenant au maximum dans l'affaire du G7.
     
    En un mot comme en mille, le gouvernement a, cette fois, réussi sa communication. Des choses essentielles se clarifient. Mme Kast a de la synthèse et du caractère. Faisons confiance à cette équipe gouvernementale, sincèrement désireuse de servir Genève.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Vomissure verbale

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.05.26

     

    Qui osera, enfin, tordre le cou à cette insupportable idéologie des « start-up », dont on nous bassine depuis un quart de siècle ? Car enfin, j’en sais quelque chose, on peut parfaitement fonder son entreprise dans la discrétion, sans jouer dans la cour des snobinards en lui balançant un titre en anglais, sans clamer à la cantonade qu’on va « révolutionner le monde du travail ». Et surtout, sans commencer, avant même de s’être retroussé la moindre manche, par emprunter des sommes mirobolantes, sous prétexte, culot suprême, d’avoir « l’indispensable coussin de départ pour se lancer ».

     

    Toute cette idéologie des « start-up », que j’ai condamnée dès le départ il y a 25 ans, n’est qu’un enfant perdu de la dérive ultra-libérale née de la chute du Mur. Cette folie anglo-saxonne, californienne notamment, consistant à vomir l’Etat, promouvoir la seule réussite individuelle, promettre aux jeunes un enrichissement facile. Du vent ! De la vomissure verbale ! Du détournement de sens !

     

    On les a vus, ces prétentieux, hélas Grosjean comme devant, deux ou trois ans après avoir lancé leur « start-up », mettant la clef sous le paillasson, déléguant à l’Etat, donc aux contribuables, le coût social de leurs errances. A l’opposé, respectons, encourageons les petits entrepreneurs, artisans, discrets et bosseurs. Ce sont eux, le vrai trésor de la Suisse, le vrai secret de sa réussite.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La dette est une faute morale

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.05.26

     

    Vous connaissez sans doute le fameux double sens donné par Martin Luther, dans sa traduction de la Bible en allemand, en 1522, au mot « Schuld ». Pour lui, ce mot peut signifier à la fois la dette (une somme d’argent que l’on doit à quelqu’un) et la faute morale. Celle d’un meurtrier. Celle d’un voleur. Dans l’univers francophone, ça n’est pourtant pas la même chose : un débiteur, qui après tout rembourse, et finit par régler ses comptes, ne saurait être comparé à celui qui dérobe, dévalise, ou, pire, tue un humain. Passionné par l’Histoire de la langue allemande, des mots allemands, Luther, les Frères Grimm, je me demande depuis des décennies si cette différence de champ sémantique, entre l’univers germanique et celui des francophones, n’a pas conditionné, au fil des siècles, la perception même de la dette publique, au niveau d’un Etat, d’un Land allemand, d’un Canton suisse, d’une municipalité, ou même d’un ménage, d’un individu. Y compris, à l’intérieur de la Suisse, une sacrée ligne de fracture entre Romands et Alémaniques.

     

    A titre personnel, toute dette, toute idée d’être débiteur de quelqu’un, me révulse. Comme petit entrepreneur, depuis vingt ans, j’ai toujours opté pour une gestion prudente, limite timorée, excluant toute gourmandise dans les « investissements », et surtout toute dépendance par rapport à un usurier. Cette prudence, je la tiens de mon père. Et au niveau d’un Etat ? Là, vous le savez, les écoles s’affrontent. La gauche veut dépenser à souhait. La droite veut bien une dette « d’investissement », à condition qu’elle soit sévèrement encadrée, mais refuse la dette « de fonctionnement ». Pour ma part, partisan de la rigueur absolue, je m’oppose à toute dette, même d’Etat.

     

    Regardez la France : ce cher voisin, que nous aimons, dont nous admirons la grande Histoire, les poètes, les musiciens, est aujourd’hui rongé par la gangrène de la dette publique. Plus de 3'600 milliards d’euros ! C’est un chiffre colossal, une honte publique, une FAUTE MORALE de tous les pouvoirs successifs, de droite comme de gauche, depuis un demi-siècle. Le dernier Président des chiffres noirs est Georges Pompidou, mort le 2 avril 1974. Cela signifie que, pour les générations qui vont suivre, l’avenir est plombé par le remboursement de la dette. Avec les intérêts, bien sûr. Ceux qui endettent le pays, le liant à des créanciers pratiquant l’usure légale pour s’enrichir, commettent une FAUTE MORALE majeure. Ils transmettent à leurs enfants le poids de leur faute. Ils ruinent le crédit de leur pays, à l’international, mais aussi le rapport de confiance avec la classe politique. Le problème no 1 de la France, c’est la dette. Il faudrait, de longues années, toute la rigueur d’un Mendès France, pour commencer à régler le problème. Hélas, nous en sommes loin.

     

    Nous les Suisses, refusons la dette ! Combattons-la, dans les Cantons comme au niveau fédéral. La force d’un pays, son crédit, ce sont des finances publiques saines, une monnaie forte, et un peuple qui bosse. Les Allemands en savent quelque chose. Nous, les Suisses, demeurons rigoureux et prudents !

     

    Pascal Décaillet