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Liberté

  • La Suisse de la paix est une Suisse souveraine

     
     
    Sur le vif - Samedi 08.08.26 - 10.52h
     
     
     
    La souveraineté d’une nation ne souffre pas la moindre fragmentation. Ni le moindre bémol. On est pour la souveraineté, ou on est contre. Il n’existe pas de « souveraineté, mais… ».
     
    Soit on est pour la souveraineté nationale, soit pour une souveraineté supranationale, par exemple européenne. Il faut choisir.
     
    Entre l’une et l’autre, nulle demi-mesure. Si on délègue un millimètre carré de souveraineté nationale à un ensemble supérieur (Europe, ou autre), on a déjà perdu la partie. Déjà glissé dans l’engrenage.
     
    La Suisse n’est pas membre de l’Union européenne. Elle respecte ceux qui ont fait le choix d’en être membres. Elle prend acte de l’existence, autour d’elle, de cet édifice continental, avec son Histoire, ses qualités, ses défauts.
     
    Mais la Suisse n’en est pas membre. Elle a fait ce choix. Elle l’a voulu. C’est la volonté de son peuple.
     
    Elle en reste donc à l’échelon des nations souveraines. Elle n’est pas membre de l’UE. Elle n’est pas membre de l’Otan.
     
    La Suisse est un pays de paix, elle entretient des relations avec tous les peuples du monde. Elle les respecte, tous. Elle en étudie l’Histoire, les langues, les cultures. En cas de conflit entre deux de ces peuples, elle s’offre comme lieu de rencontres, de négociations, de chemin vers le retour à la paix.
     
    Elle le fit, avec une rare efficacité, entre 1958 et 1962, en organisant des rencontres discrètes entre le FLN (Front de Libération Nationale) algérien et les émissaires du gouvernement français. J’ai, comme on sait, étudié de près cette période. La Suisse a permis de préparer patiemment l’architecture des Accords d’Évian (1962), donc la création de la République indépendante d’Algérie, pays ami, pour toujours.
     
    Ami du peuple palestinien, partisan depuis un demi-siècle d’un Etat palestinien, je plaide et je milite pour que mon pays, la Suisse, offre tous ses efforts pour qu’un tel chemin de paix puisse se préparer, sur son sol, entre Israéliens et Palestiniens.
     
    Pour tout cela, une condition sine qua non. Une Suisse souveraine. Ni membre de l’UE, ni membre de l’Otan. Ni satellisée par l’impérialisme américain. Il faut que les négociateurs, lorsqu’ils viennent chez nous, se sentent réellement en terrain neutre. Avec un champ du possible ouvert.
     
    Pour cela, il faut que le ministre suisse des Affaires étrangères, et plus globalement le Conseil fédéral, respirent véritablement le désir de paix, l’ouverture, la neutralité. Ni dans le conflit Russie-Ukraine, ni surtout dans celui entre Israël et Palestiniens, ce ne fut le cas, avec M. Cassis.
     
    Une Suisse souveraine, neutre, ouverte à la paix. Une Suisse dégagée de toute tutelle politique. C’est le seul chemin de notre survie. Une Suisse rejetant tout colonialisme, tout impérialisme. Une Suisse défendant le droit de chaque peuple à disposer de lui-même.
     
    Avec une Suisse souveraine, c’est possible. Avec une Suisse assujettie à une construction supranationale, qui lui lierait les mains et entraverait sa liberté d’action, c’est impossible.
     
    Je crois avoir été assez clair.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Vous avez dit "ingérences" ?

     
     
    Sur le vif - Vendredi 07.08.26 - 12.40h
     
     
    S’il est un impérialisme qui a multiplié depuis 81 ans, éhontément, à n’en plus finir, avec une tranquillité dominatrice, une arrogance et une morgue jamais vues, les « ingérences » sur nos pays d’Europe occidentale, sur l’Amérique latine et centrale, sur nombre de pays d’Asie, c’est bien celui des États-Unis d’Amérique.
     
    Ce sont eux qui, depuis 1948, et plus encore depuis 1967, soutiennent sans faille la politique coloniale, mortifère, de l’Etat d’Israël, face au peuple palestinien.
     
    Eux qui arrangent les élections en Amérique latine, et en « corrigent » les résultats, par des coups d’Etat téléguidés, lorsque les peuples ont le malheur de voter pour l’équité et la justice sociale. Et contre l’emprise prédatrice de leurs multinationales.
     
    Eux qui ont laissé, après la chute du Mur, le Pacte de Varsovie se démembrer, sans défaire en contrepartie l’Otan, dont les pions ne font qu’avancer sur les Marches de l’Est, depuis 36 ans.
     
    Eux qui ont soutenu et financé l’absorption gloutonne, d’une vulgarité sans précédent, de la DDR par Kohl, et son système d’obédience atlantiste à l’Ouest.
     
    Eux qui ont téléguidé les « Révolutions » ukrainiennes, avec leurs lots d’oligarques.
     
    Eux qui ont fait une pression d’enfer sur la Suisse, pour qu’elle « corrige » dans leur sens son système financier. Et qui en ont profité pour la coloniser, dans les domaines de la banque et de la finance.
     
    Eux qui dominent une partie du monde, dont bien sûr la Suisse, par leur mainmise absolue sur les titans du numérique.
     
    Alors, « ingérences russes » ? Oui, sans doute. Il ne s’agit pas de les nier. Encore moins, de soutenir le régime Poutine.
     
    Mais tout de même, un peu de culture historique, de sens des proportions ! La colossale russophobie qui s’abat sur les bonnes consciences libérales en Europe, par qui est-elle entretenue, téléguidée ? Par qui, si ce n’est par les ultra-libéraux de Bruxelles, par les atlantistes, par les valets de l’Oncle Sam ?
     
    A cela s’ajoute le crétinisme de certains candidats sans envergure, issus du bloc central ou de la sociale-démocratie invertébrée et européiste, à la présidentielle française. Et, chez nous, l’inculture historique crasse de certains suppôts du libre-échange sans entraves et du capitalisme mondialisé.
     
    Désolé, mais il fallait que ces choses-là fussent dites. Même si ça dérange.
     
     
    Pascal Décaillet

  • En finir avec La Poste

     
     
    Sur le vif - Jeudi 06.08.26 - 10.12h
     
     
     
    Je suis un vigoureux partisan de l’Etat, celui des radicaux historiques. Dans les domaines régaliens, sécurité, éducation, santé, assurances sociales, retraites, vision agricole et industrielle, il doit s’imposer.
     
    Mais je n’ai JAMAIS compris en quoi l’envoi de messageries, lettres ou paquets, devait être l’œuvre d’une Régie fédérale, omniprésente, toute puissante, tentaculaire. Et surtout, de plus en plus onéreuse, et de plus en plus défaillante dans la qualité de ses services.
     
    Onéreuse, défaillante : La Poste ne cesse d’annoncer des augmentations de prix de ses prestations. Alors qu’elle ferme ses bureaux, diminue ses tournées de distribution, vire les facteurs qui montent aux étages. Dans le privé, avec un VRAI système de concurrence, un tel paradoxe la conduirait droit à la faillite.
     
    Citoyen, je veux l’Etat, depuis toujours. Pas comme but en soi, mais comme outil pour affirmer la primauté de l’intérêt général des citoyens, y compris les plus faibles, sur le système de privilèges naturellement sécrété par les puissances arrogantes, dominantes, en un mot féodales, de l’Argent.
     
    Mais l’État doit être un outil efficace, performant, exigeant, rigoureux comme nul autre dans sa gestion des ressources financières. Il ne doit pas devenir, à son tour, une pieuvre tentaculaire.
     
    J’admire Louis XI, ce grand roi, lucide, cynique, visionnaire. S’il a « nationalisé » les messageries, c’est dans un but politique : contrôler l’information, imposer le pouvoir central et royal sur celui des féodaux. Dont le plus brillant, le plus redoutable, était son cousin, le Téméraire.
     
    Je comprends aussi que la Suisse radicale de la seconde partie du 19ème ait construit le pouvoir fédéral sur quelques grandes Régies, que seront les PTT et les CFF. Il fallait des outils crédibles, sensibles, visibles, de l’existence fédérale du pays. La protection par la Confédération du système postal fut un acte politique, pour affirmer la Suisse fédérale. Il a joué son rôle.
     
    Mais nous sommes en 2026. L’envoi de lettres, dans un système de papier de moins en moins utilisé, ou de paquets, peut PARFAITEMENT être assumé par des systèmes de messageries privées. Nous ne sommes en aucune manière dans le domaine régalien, celui qui doit régir l’armée, les polices cantonales, l’enseignement, les retraites. Et, selon moi, la santé publique, la production de médicaments, l’encadrement de l’industrie et de l’agriculture.
     
    Je déteste les privatisations, elles charrient un esprit de dislocation de l’intérêt général que je rejette de toutes mes forces. J’appelle à certaines nationalisations, dans les domaines notamment de la santé et des médicaments. J’admire immensément celles de Charles de Gaulle, en 44-45, parce qu’il fallait réinstaller l’Etat, et surtout (Sécurité sociale), aider les plus faibles, dans un pays dévasté par la guerre.
     
    Mais La Poste, désolé, est selon moi hors du cercle régalien. Elle se comporte avec l’arrogance d’un géant du privé. Eh bien, ma foi, qu’on la privatise !
     
     
    Pascal Décaillet