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Liberté

  • Ukraine : la magnifique leçon de Ségolène à Glucksmann

     
     
    Sur le vif - Lundi 05.10.26 - 09.50h
     
     
    C'était un moment fort, comme une révélation. Hier soir, au débat de BFMTV entre les candidats à la primaire du PS, la leçon de Realpolitik, et surtout de continuité nationale dans la politique étrangère française, administrée par Ségolène Royal au lunaire Glucksmann, qui n'a, à la bouche, que les mots "Ukraine", "Zelensky", "Géorgie", "Union européenne".
     
    Avec calme, détermination, et même un certain magistère spirituel qui rappelle les moments de grâce de sa campagne 2007, Ségolène a dit qu'elle ne se laisserait pas impressionner par le bellicisme ambiant. Et que, dans les relations de la France avec la Russie, dont elle connaît la continuité plusieurs fois séculaire, elle privilégierait le chemin du dialogue politique et de la paix. Le contraire même de toute cette hystérie montante en Europe.
     
    Ségolène ne veut pas la guerre. Et elle refuse que sa position soit immédiatement qualifiée de munichoise par une bande de petits morveux qui n'ont jamais endossé un uniforme, jamais connu la chose militaire, encore moins le combat, et qui rêvent d'une croisade "européenne" anti-russe. Pour autant, elle ne soutient ni Poutine, ni son agression contre l'Ukraine, elle appelle juste à la recherche, par tous les moyens, d'une solution politique.
     
    Mieux : elle rappelle qu'elle est fille d'officier de carrière, petite-fille de Général, et que, la plupart du temps, les militaires ne veulent pas la guerre. Parce qu'ils en connaissent toute l'horreur. Fille de France, issue du pays profond, elle donne au Sieur Glucksmann une leçon d'amour de la vie dont les inflexions spirituelles n'auront échappé qu'aux incultes et aux insensibles.
     
    A noter tout de même que le Stagiaire fait encore figure de lumière en comparaison du monothématique Guedj, qui semble tout ramener, mais alors absolument tout, à un seul et unique problème, toujours recommencé, comme la Mer, de Paul Valéry. Le génie en moins.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Succession Parmelin : d'abord le PROFIL, ensuite seulement le casting !

     
     
    Sur le vif - Dimanche 04.10.26 - 17.03h
     
     
     
    Je vous préviens : je refuse absolument de débattre de la succession Parmelin en commençant par foncer, tête baissée, dans les questions de casting, donc de visages, donc de personnes, aussi compétentes et respectables soient-elles.
     
    Je refuse cela, même si ça peut heurter un certain cantonalisme, au demeurent totalement désuet, à mon sens, lorsqu'il s'agit d'une élection au Conseil fédéral. Je suis ancien correspondant à Berne, ancien chef de rubrique nationale, je traite les sujets fédéraux depuis 40 ans. Il y a des questions à l'échelle du pays, qui doivent transcender les féodalités cantonales.
     
    Pour moi, la question majeure est celle du profil économique des futur candidats, en priorité sur le curseur du protectionnisme, contre le libre-échange. Citoyen suisse, je veux absolument un Conseiller fédéral qui protège l'agriculture de notre pays, nos paysans, mais aussi notre industrie, nos PME. Nous n'avons nul besoin d'un commis-voyageur de plus du grand patronat, ni de l'actionnariat financier.
     
    Cet élément est autrement important, dans le profil du candidat, que son éventuelle ouverture à des questions sociétales. Non que j'en conteste l'importance, ni la pertinence, ni la légitimité. Mais désolé, en lecteur de Marx et d'autres économistes des tendances lourdes, j'accorde autrement plus d'importance aux fondamentaux économiques et sociaux : défense d'une production suisse, destinée au marché intérieur suisse, protection contre le vent de la concurrence mondiale, défense de nos ouvriers, paysans et travailleurs suisses.
     
    Alors, désolé encore, je ne mettrai pas la charrue avant les bœufs. Je définirai, avec mes invités, et dans mes réflexions éditoriales, le profil idéal dont le pays a besoin. Les questions de casting viendront après.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Succession Parmelin : tout, sauf une Star Academy !

     
     
    Sur le vif - Samedi 03.10.26 - 09.46h
     
     
    Commencer immédiatement à spéculer sur des noms, pour la succession de Guy Parmelin, n’a aucun sens. C’est mettre la charrue avant les bœufs.
     
    La grande question, la seule qui vaille, est celle de la ligne politique. Je dis : une personnalité de l’UDC romande, avec rapport à l’Etat hérité de tradition latine, celle de la Louve Romaine.
     
    Je dis : un patriote, homme ou femme, aucune importance. Mais un patriote ! Doté d’un logiciel mental capable d’intégrer davantage 1848 que 1291. Donc, héritier de la conception radicale, en l’espèce latine, de l’Etat. Un radical patriote.
     
    Les libéraux, ceux de l’UDC zurichoise, encore plus dérégulateurs que les ultras de la Bahnhofstrasse ou de l’école de Saint-Gall, on en a soupé.
     
    Je dis : un partisan du protectionnisme. Qui n’aurait pas voté l’Accord avec le Mercosur. Un protecteur de la paysannerie suisse, fervent partisan d’un combat contre la concurrence déloyale des importations. À cet égard, clairement, un anti-Parmelin. Autant nous rendons hommage à l’homme qui s’apprête à partir, autant nous rejetons sa politique libérale.
     
    Je dis : un passionné de l’industrie suisse. Voulant la relancer, avec une véritable POLITIQUE INDUSTRIELLE, ce à quoi le libéral Parmelin s’est toujours opposé. Cette politique doit privilégier le marché intérieur suisse, et oser remettre en cause, parfois, la vache sacrée des exportations.
     
    Je dis : un homme ou une femme d’Etat, avec sens de l’Etat, vision d’Etat, et pas juste un commis-voyageur de la « place financière », ou du grand patronat.
     
    Je dis : un Conseiller fédéral UDC qui aurait l’ampleur d’approche intellectuelle pour accepter le retour de l’Etat dans le domaine de la Santé publique, livré depuis trois décennies aux requins du privé. Un UDC, de tradition latine, ouvert à l’idée d’une Caisse unique, fédérale, au service de tous.
     
    Vous me direz : « Un tel profil n’existe pas à l’UDC ». Je soutiens que si. Du côté de Genève, notamment.
     
    Vous me direz : « Il existe peut-être, mais n’aura aucune chance face au Groupe UDC, le jour du choix ». Et là, il se peut bien que vous ayez raison.
     
    Et si le libéral Parmelin avait sciemment pris soin de confier sa succession à l’ACTUELLE Assemblée fédérale, en place pour encore un an, dominée par les puissances de l’Argent et la tyrannie du libre-échange ? S’il s’était retiré à la fin de la législature, c’est une nouvelle équipe, par nature imprévisible, qui aurait eu cette charge.
     
    Pour ma part, les noms, dans un premier temps, ne m’intéressent pas. Il faut d’abord définir le profil. Inverser les choses, au profit d’un casting de Star Academy, est profondément contraire à notre magnifique démocratie suisse, où la bataille des idées doit primer sur les jeux d’ambitions personnelles.
     
    Le citoyen Décaillet, profondément démocrate et profondément suisse, a parlé.
     
     
    Pascal Décaillet