Liberté
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Président SSR : portrait-robot
Sur le vif - Jeudi 20.08.26Rêvons. Un Président de la SSR qui soit entrepreneur, connaisse à fond l'audiovisuel et les médias, incarne jusqu'au bout des ongles l'énergie et l'esprit de production, sache FAIRE lui-même, plutôt que pérorer dans les nuages. Soit profondément attaché à nos quatre langues nationales, s'exprime couramment dans deux d'entre elles, allez disons trois. Connaisse à mort le paysage politique suisse, son Histoire, ses ressorts.Il pourrait être, aussi, souverainiste, attaché au pays profond. Social, soucieux des plus humbles. Anti-libéral. Anti-atlantiste. Anti-impérialisme américain. Anti-mondialisation financière. Anti-capitaliste. Anti-cocktails de glandus en costards. Bref, un artisan du métier. Parmi d'autres artisans.Juste une question : si vraiment, par aventure, cette personne devait exister (pure hypothèse, of course), pourquoi diable voudriez-vous qu'elle aspire à présider la SSR ? Alors que son bonheur, son intensité de vie, est dans l'artisanat, jour après jour.La machine est donc condamnée à recruter des amateurs. Des hurluberlus de salon. Extérieurs à l'essentiel : l'acte de production. Sa férocité de vie.Pascal Décaillet -
Foutez-nous la paix avec vos sondages !
Sur le vif - Mercredi 19.08.26 - 15.52hPlus de quarante ans de journalisme politique. Des années passées à Berne, puis chef de rubrique Nationale, des décennies comme producteur d'émissions : Matinales, 12.30h, puis surtout Forum à la RSR. Et, depuis vingt ans, producteur de Genève à Chaud, sur Léman Bleu.Quarante ans à me passionner pour la politique suisse. Quarante ans de débats, radio puis TV, sur les grands enjeux. Tous les sujets de votations fédérales, expliqués, traduits en termes simples, mis en débat, avec les acteurs.Et puis, vous le savez pas mes chroniques et éditos, une passion totale pour notre démocratie directe. La meilleure du monde. La plus finement articulée. La plus accomplie. Le monde nous l'envie, à commencer par nos amis français, frustrés de ne pouvoir actionner la politique par la base.Tout cela, ce parcours cohérent, guidé par un fil conducteur dont je n'ai pas dévié (donner au grand public le goût de la politique suisse), me légitime pour pousser cet après-midi un cri de colère. Il tient en sept mots : "Foutez-nous la paix avec vos sondages !".Nous avons, le 27 septembre, à voter sur deux initiatives. L'une et l'autre sont passionnantes. L'une, sur la neutralité. L'autre, sur l'alimentation, pour encourager les gens à consommer davantage de produits végétaux, moins de viande. Et augmenter notre souveraineté alimentaire.On est pour ou contre, mais ce sont là des sujets majeurs. Ils touchent à notre souveraineté, à notre santé. Ils ouvrent de passionnants débats. J'ai commencé lundi avec la neutralité, à GAC. Je continue dimanche avec l'alimentation, au GRAND GAC. Et je conduirai les débats, sans dévier de ma ligne, jusqu'au 27 septembre.Le coup de colère ? Alors que personne, surtout sur l'alimentation, ne sait encore exactement de quoi il retourne dans ces initiatives, voilà déjà, au moment où à peine commence la campagne d'information et de débats, période si précieuse pour la formation de l'opinion en Suisse, qu'on nous balance des "sondages" !Et déjà, les gros titres, affirmant que ces deux textes n'ont aucune chance, créditant la neutralité de trois cinquièmes de rejet, et l'alimentation de deux tiers de refus. Bref, la messe serait dite.Ce procédé, je pèse mes mots, est tout simplement DÉGUEULASSE. Chacun est évidemment libre de publier ce qu'il veut, cela n'est pas en cause. Mais nous balancer deux condamnations à mort, alors que le procès ne s'est même pas ouvert. Ni exposé des faits, ni parole donnée aux parties. Rien. Et déjà, le verdict.La campagne du 27 septembre est courte. C'est une Blitzkrieg, moins de six semaines, entre le retour des vacances et le jour du scrutin. Nous, journalistes politiques, mettons tout en oeuvre pour que se déroule une campagne intense, vivante, passionnante. Et voilà qu'un "sondage", allègrement repris partout, nous laisse entendre que tout est déjà joué !L'initiative populaire est le bien le plus précieux, le plus inventif, le plus fécond, de notre démocratie suisse. Elle ne part pas des partis, ni des appareils, mais de comités citoyens. Quelques membres du peuple interpellent le corps universel des citoyens, un beau dimanche, après avoir réuni plus de cent mille signatures, et débattu comme des lions. C'est un pari, c'est risqué, on prend des coups, on risque même parfois gros, en cas d'échec trop patent.Ces citoyens, ces citoyennes, qui font vivre notre démocratie, méritent notre respect total. On leur dit OUI, ou NON. Mais la moindre des choses est de prendre le temps d'expliquer leur démarche, celle aussi des opposants. De laisser mûrir le sujet, dans l'opinion publique. Et non de le tuer, en tout début de campagne, avec des "sondages".Alors oui, le citoyen Décaillet est en colère.Pascal Décaillet -
Santé : un nouveau scandale !
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.08.26
Un scandale de plus, dans le domaine de la santé publique, en Suisse. Les rabais sur les médicaments, ainsi que d’autres avantages octroyés par les pharmas aux fournisseurs, cabinets médicaux, pharmacies, hôpitaux, en tout 743 millions par an, ne sont répercutés qu’à hauteur de 12% sur les assureurs et les assurés ! Le Contrôle fédéral des finances dénonce cette injustice.
Le scandale ? Sachons voir large, et traduire les débats médicaux en termes d’intérêt général, de primauté du politique sur l’administration, et non en pesées d’apothicaires. Le scandale, c’est la déficience de contrôles de l’OFSP (Office fédéral de la Santé publique), chargé de veiller, depuis 2020, à la bonne répercussion de ces rabais. Trop occupé à régenter les Suisses d’une main de fer, à l’époque du Covid ?
Le scandale, c’est l’absence d’un vrai contrôle politique, par le peuple et ses élus, sur l’armada de fonctionnaires de la Confédération. Le scandale, c’est l’opacité totale de notre système de santé. On a l’impression que la machine tourne seule, hors d’une volonté humaine. Où est la politique ? Où est la Cité ? Où est l’intérêt général ? Où sont la défense, la protection des plus faibles ?
Le scandale, c’est que la santé publique, en Suisse, échappe une fois de plus à la clairvoyance, à la légitimité d’une vision politique. Il existe pourtant une solution : nationaliser le secteur des médicaments. La main invisible du marché, ça suffit !
Pascal Décaillet