Liberté
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Route des Nations : le triomphe des Maires du Palais
Sur le vif - Jeudi 29.01.26 - 17.41hIl y a des diagnostics que tout le monde connaît, les remèdes seraient faciles, et néanmoins le mal demeure. Ainsi, l'ABSENCE TOTALE DE COORDINATION POLITIQUE entre les Travaux et la Mobilité, au sein du Conseil d'Etat. Pire encore : le poids des hauts-fonctionnaires au sein de ces deux Départements. Certains d'entre eux sont en roue libre. Ils ont de la chance : les véhicules, eux, demeurent désespérément bloqués, dans les bouchons.Le premier scandale, en amont de tous, est évidemment celui des lubies Vertes des SIG avec leurs forages tous azimuts, à ciel ouvert, SANS LE MOINDRE CONTRÔLE POLITIQUE, style RTS (Réseaux thermiques structurants), ou, mieux encore, GeniLac. Une éternité que dure cette autonomie arrogante des Maires du Palais : ils voient passer les Rois, et n'en font qu'à leur tête. Rafraîchissante plongée dans les temps mérovingiens. Mais laissons cela pour un autre billet, un de ces jours.Un exemple, éloquent, de cette ABSENCE DE PENSÉE GLOBALE POLITIQUE, qui laisse, sans le moindre plan d'ensemble, les travaux routiers se juxtaposer. SANS LA MOINDRE CONSIDÉRATION POUR L'USAGER. La fameuse Route des Nations, Rive droite, entre le quartier des organisations internationales et l'autoroute.Longtemps, personne ne comprenait à quoi servait au juste cette nouvelle voie, particulièrement onéreuse. Et puis, il y a quelques mois, on a commencé à saisir : pour plaire à l'idéologie transfrontalière, ces travaux binationaux où les Suisses finissent toujours par payer seuls, en l'espèce le futur tram vers le Pays de Gex (que vous vous réjouissez tous d'emprunter, comme des petits fous), on a créé un inimaginable bordel entre l'avenue de France et la route de Ferney. Résultat : la principale voie de pénétration de la Rive droite vers l'autoroute n'existe plus ! Des dizaines de milliers d'usagers doivent faire autrement.Faire comment ? Eh bien, passer par la Route des Nations, justement ! Embouteillages jusqu'à la place des Nations, devenue une honte de l'immobilité à Genève, puis avenue de la Paix, et enfin, route des Nations.Eh bien figurez-vous que cet après-midi, l'Etat nous annonce, comme un grand, des travaux d'envergure (GeniLac) sur les deux voies de la........ Route des Nations ! Le communiqué le dit lui-même : des ralentissements sont à craindre. Traduction : un enfer de bouchons supplémentaires. En clair, on crée, pour cause de travaux, un axe de déviation. Et, aussitôt fait, on annonce des travaux dantesques sur...... l'axe de déviation lui-même !Et c'est exactement là qu'intervient l'ABSENCE TOTALE DE COORDINATION POLITIQUE au plus haut niveau, celui du Conseil d'Etat. Il y a un moment où il faut convoquer les Maires du Palais, et leur dire "Maintenant vos conneries, ça suffit, on ne commence pas le moindre forage à la Route des Nations tant qu'on n'a pas fini les travaux de la Route de Ferney".Mais non. Silence. Pouvoir absolu des Maires du Palais, comme à la glorieuse époque de Mme K. Et PLUS AUCUNE POSSIBILITÉ FLUIDE de rejoindre l’autoroute, depuis la Rive droite. Un gâchis monumental. Un honte politique. Et le triomphe des permanents. Les Maires du Palais.Il y a un jour où la population de ce canton n'en pourra plus.Pascal Décaillet -
Même pour l'armée, pas question d'augmenter la TVA!
Sur le vif - Mercredi 28.01.26 - 16.29hPrès de 500 jours d'armée, dans ma jeunesse : on ne me soupçonnera pas d'antimilitarisme ! Responsable des sujets de politique de sécurité lorsque j'étais correspondant RSR au Palais fédéral, puis chef de la rubrique Nationale. Membre de la Commission Schoch, "Réforme de l'armée", 30 journées de séances, décentralisées dans tous les cantons suisses, tout au long de l'année 1990. Du nom d'un homme remarquable, feu mon ami le Conseiller aux Etats Otto Schoch (Rad, AR), d'Herisau, lui-même officier supérieur, incarnation de ce radicalisme éclairé, hérité de 1848, qui m'a toujours profondément inspiré.Je ne suis donc pas un ennemi de l'armée. Mais quand j'entends dire qu'on va augmenter la TVA de 0,8% pour la financer, là je dis NIET ! Je le dis comme citoyen. Je le dis comme petit entrepreneur, responsable d'une PME soumise à la TVA. Je le dis au nom de tous ceux qui, dans ce pays, bossent, sont pressés comme des citrons par une fiscalité totalement confiscatoire sur le travail, notamment pour les classes moyennes. Je le dis clairement : augmenter encore la TVA, c'est NIET, encore NIET, plus que jamais NIET !S'il faut investir davantage dans l'armée, eh bien il faudra faire des choix : COUPER AILLEURS, dans le budget de la Confédération. Les pistes d'économies ne manquent pas. Les classes moyennes suisses, éternelles vaches à traire de la fiscalité, payent déjà beaucoup trop d'impôts, directs ou indirects. Maintenant, ça suffit. On ne donne pas un centime supplémentaire à Berne, ni d'ailleurs aux Cantons. On leur donne déjà beaucoup trop ! Augmenter encore la TVA, impôt au demeurant injuste socialement, c'est déclarer la guerre aux Suisses qui bossent. Et qui n'en pourront bientôt plus.Pascal Décaillet -
Régies : du respect, et vite !
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.01.26
La récente affaire des expulsions collectives de locataires et commerçants à la Jonction provoque, à juste titre, la colère générale. Quant au fond, et quant à la méthode.
Dès lors, des questions, et surtout des pistes. Mieux ancrer, dans la loi, la protection des locataires. Simplifier la législation, pour qu’elle soit accessible à tous, compréhensible, lisible, claire. Rappeler fermement aux régies leurs devoirs légaux. Elles doivent être accessibles à tout moment par téléphone (au diable, les « Apps » !). Les répondants doivent se montrer aimables avec les locataires, et surtout rapides dans les réponses, clairs, serviables, efficaces. L’arrogance du puissant, ça suffit.
Plus largement, notre société suisse doit entamer un vaste débat sur la propriété foncière et immobilière. Le rôle, devenu hallucinant, des Caisses de pensions : on regrette le temps des propriétaires connus du locataire, avec qui on traite directement, les yeux dans les yeux, et non machine bureaucratique contre locataire écrasé.
Oui, les chose doivent changer. Les régies doivent trouver des modalités de respect et d’écoute avec les locataires. Le rendement à tout prix, des propriétaires anonymisés dans des mammouths financiers, ça suffit. Davantage d’Etat, d’intérêt public, de protection des plus faibles, sont indispensables dans cette jungle devenue insupportable d’arrogance.
Pascal Décaillet