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Liberté

  • Les tea-rooms pour pékinois, non merci !

     
     
    Sur le vif - Jeudi 03.09.26 - 15.29h
     
     
    Pourquoi faut-il que les interviews d'écrivains, qui pourraient être d'incroyables moments d'échanges de vie, durs, rythmés, haletants, donnent si souvent l'impression d'un désespérant dialogue de convenance et de poussière ? Avec de vieux habits. Dans un tea-room pour pékinois.
     
    Tranches de vie ? Et comment ! Pour peu que le journaliste ait lu le bouquin, soit prêt à parler du TEXTE. Sa construction. Ses mots. Son rythme. Sa musique. Ses silences. Pour peu, aussi, que... l'auteur soit prêt à cet exercice autrement plus exigeant, plus serré sur le tissu vivant de son propre texte, plutôt que se laisser glisser sur les surfaces de la convenance bavarde, mondaine. Du tea-room au cocktail, un seuil lustré suffit.
     
    Cela, oui, un corps-à-corps sur le texte, plutôt qu'errer hors du cercle de l'essentiel, donc hors de la partition du livre. Ou pire, s'aventurer dans la vie de l'auteur. Ou, pire encore, solliciter docilement son avis sur mille-et-une questions de société.
     
    Ré-empoigner le texte, à deux voix. A hautes voix. En questionner les enjeux concrets, physiques. Pour peu que le journaliste ait une équation personnelle avec la question majeure du style.
     
    Et tout le reste, comme le dit si bien le grand Verlaine, est littérature.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La France ne paie JAMAIS !

     
     
    Sur le vif - Jeudi 03.09.26 - 10.43h
     
     
    La France refuse de payer pour le G7, mais nous, nous devrions payer pour des parkings en France voisine ! La France ne paie JAMAIS. Les braves Suisses paient TOUJOURS.
     
    Toute l’idéologie transfrontalières, ce fatras de mythes enfantés par le rejet des souverainetés, des nations, des frontières, se nourrit et se fortifie AU DÉTRIMENT des contribuables genevois, ces éternelles vaches à lait.
     
    Cette mythologie est née de la chute du Mur de Berlin, et de l’immonde ultra-libéralisme qui a suivi. On a vomi le communisme, on a vomi les structures, on a vomi l’Etat, on a vomi l’idée même que puissent exister des limites, des bornes, entre les nations. Place au grand marché mondialisé, à la main invisible sanctifiée, aux usuriers planétaires, aux boursicoteurs cosmopolites.
     
    De cet empire du marécage et de l’approximatif, est née l’idée que « l’espace de vie » économique, des deux côtés d’une même frontière (Genève, Bâle, Tessin), primait sur les bornes nationales, forgées par l’Histoire, les traités, souvent le sang des combattants. On a évacué le tragique, pour édifier une béatitude transfrontalière partagée.
     
    C’est cela, oui exactement cela, qui nous amène à l’aberration de faire payer par les contribuables genevois, déjà les plus plumés de Suisse, des parkings en……. France voisine !
     
    Pour ma part, je défends mordicus l’échelon des nations souveraines. Chacun, chez soi, assume ses responsabilités. Genève paie les parkings genevois. Et la France paie les parkings français.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Le vent du large

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.09.26

     

    L’air de liberté. C’est la seule chose qui compte, quand on prend la plume ou qu’on donne de la voix, dans l’espace public. Et cela, à tous les niveaux, dans toutes les fonctions. Un journal, une radio, une chaîne TV, un site, un blog, ou même avoir son propre espace sur un réseau social, n’a de sens qui si on peut y respirer. S’y emplir les poumons, comme face au lac, lorsque se lève la bise. Le vent du large.

     

    GHI, auquel je collabore comme chroniqueur externe depuis quinze ans, c’est l’un de de ces espaces de liberté. Et ça augmente ma tristesse d’entrevoir la fin de l’aventure. Parce qu’au fond, ils ne sont pas si nombreux. Combien de fois les gens m’abordent, dans la rue : « GHI, c’est un journal qui dit les choses ». Parmi d’autres, bien sûr. Mais comme on sait ouvrir sa gueule à Genève, paradis des amygdales bronzées. Les gens aiment ça, parce qu’on dit souvent ce qu’eux auraient voulu exprimer.

     

    Ce qui compte ? Maintenir, à tout prix, ces espaces de liberté, quelles qu’en soient la forme, le support. Non contre une censure politique, ne soyons pas paranos. Ni même économique, d’ailleurs. Non, c’est plus pervers, et ça va peut-être chercher dans la tendance de chacun de nous à s’autocensurer, alors qu’au fond, nul ne le lui demande. C’est dur, l’exercice de la liberté. C’est peut-être un métier, en soi. Longue vie à tous ceux qui ont fait ce journal, et le font encore, toutes fonctions confondues.

     

    Pascal Décaillet