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Liberté

  • TVA, vache à lait !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.02.26

     

    L’Histoire de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), en Suisse, est passionnante. Correspondant à Berne, j’avais couvert, il y a 33 ans, les débats parlementaires, longs et complexes, ayant instauré une TVA dans notre pays, après des échecs (dont l’un sous Chevallaz), pour remplacer l’ICHA (Impôt sur le chiffre d’affaires). Il s’agissait d’aligner la Suisse sur nos voisins européens, non quant au taux (Dieu merci !), mais quant au principe d’un impôt indirect sur la consommation.

     

    Hélas, plus de trois décennies plus tard, la TVA est devenue, en Suisse, la parfaite vache à lait pour trouver des solutions à tout ce qu’on n’arrive pas à financer par le budget ordinaire, donc par l’impôt fédéral direct ! Treizième rente : TVA ! Armée :TVA ! C’est un peu comme le poumon, chez Molière, dans le Malade imaginaire :  le poumon, le poumon, le poumon !

     

    Politiciens, foutez-nous la paix avec la TVA ! C’est déjà un impôt peu social, puisque chacun, riche ou pauvre, est taxé au même taux, et puisqu’il touche à la consommation de denrées vitales. Quand vous faites vos courses, vous payez la TVA sans le savoir, comme M. Jourdain, dans le Bourgeois Gentilhomme. Molière, décidément partout !

     

    Tout mettre sur la TVA, c’est faire trinquer le peuple. Et les PME. Non, non, et non ! Trop facile ! La fiscalité, déjà, nous étouffe. Maintenant, ça suffit !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

  • L'impôt oui, la tonsure ovine, non !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.02.26

     

    Pourquoi payons-nous des tonnes d’impôts ? Parce que des parlementaires, de gauche comme de droite, cantonaux ou fédéraux, ont un jour voté majoritairement de nouvelles dépenses. C’est formidable, une nouvelle dépense, ça vient alimenter la mythologie du progrès, ça renforce la réputation de l’Etat social, ça donne du prestige, ça permet de se faire réélire. Que du bonheur. Ils sont champions, les élus, dans la rassurante tiédeur d’un cénacle, pour voter des crédits qui ne seront pas financés par eux, mais par les contribuables. Ceux des Cantons. Et ceux de la Confédération. Qui sont d’ailleurs les mêmes, doublement imposés, mais c'est un détail.

     

    A Genève, l’impôt n’est versé que par environ 60% de la population. Près de 40% des gens, en-dessous du seuil, n’en payent pas ! Mais ceux qui payent, passent à la caisse, et ça fait mal. On a beau être un citoyen adulte, mûr et vacciné, féru d’Histoire et de responsabilité collective, bref tout sauf une brute individualiste et ultra-libérale, ne contestant nullement le principe de l’impôt, soucieux de cohésion sociale, il y a un moment où on n’en peut simplement plus.

     

    Un moment où travailler semble inutile, à part le plaisir qu’on n’y éprouve, pour ceux qui ont au moins cette chance. Pour les classes moyennes, essorées à l’extrême, plus possible de mettre un seul sou de côté. Charges sociales. Impôts. Loyers délirants. Carence de logements vacants. Primes d’assurance maladie. Et, pour ces classes-là, entre les assistés et les nababs, pas un seul centime de subvention ! D’ailleurs, quantité de ces gens n’ont absolument pas la mentalité d’aller quémander un seul centime à l’Etat. Pensez aux indépendants, les petits entrepreneurs, qui financent eux-mêmes la totalité de leurs retraites, payent un loyer professionnel, des assurances sur leur entreprise, la TVA, n’ont aucune garantie de travail, crèvent de trouille à l’idée de perdre un mandat ou tomber malades, vous croyez qu’ils auraient l’idée d’aller réclamer de l’aide ? Non, non, et non ! Ça n’est, tout simplement, pas dans leur tempérament, leur vision du monde.

     

    Alors, de grâce au moins une chose. Un peu de respect, dans la République, pour ceux qui bossent. Ce sont eux qui financent l’Etat social. Eux qui triment, et triment encore, et ne reçoivent jamais la moindre aide. Eux que les élus, grands seigneurs soucieux de leur blason, tondent comme moutons d’Ecosse, sur la lande. Certains d’entre eux n’en peuvent plus. Envisagent de quitter Genève. Les libéraux ne songent même pas à les retenir, ils sont trop soucieux de ménager les toutes grandes fortunes, les multinationales, la « Genève internationale », la banque privée, le capitalisme mondialisé. Et l’humain, dans tout ça ? Et la valeur travail ? Et la dimension sociale de l’entreprise, dont parle si admirablement Léon XIII, dans son texte fondateur, l’Encyclique Rerum Novarum, en 1891 ? Et les réflexions, aujourd’hui mises de côté, pourtant si pénétrantes, de Karl Marx sur le travail, face au Capital ? Alors, désolé, l’impôt oui, bien sûr, mais la tonsure ovine pour la laine d’Écosse, ça suffit !

     

    Pascal Décaillet

  • Le "Grand Genève", gouffre à millions !

     
     
    Sur le vif - Dimanche 15.02.26 - 16.22h
     
     
    Depuis deux décennies, je dénonce la mythologie du "transfrontalier" à Genève.
     
    Je ne dénonce en aucun cas les frontaliers. Je ne m'en prends jamais aux hommes et aux femmes. Plus : je considère la France comme un pays ami, la Haute-Savoie et l'Ain comme des Départements amis. Nulle francophobie, donc.
     
    Mais je dénonce, sans appel, la construction, depuis plus de vingt ans, d'un véritable mythe. On lui a donné un nom, d'une abyssale prétention : le "Grand Genève". On a laissé des conseillers d'Etat genevois, à commencer par un célèbre Vert amateur de terroir, se comporter comme si Genève n'était pas membre d'une Confédération, comme si elle avait, au niveau du Canton, toute latitude pour passer des accords avec l'étranger. Certains ministres cantonaux genevois se sont pavanés comme des roitelets locaux, négociant directement avec la France, sans passer par Berne.
     
    Construction d'une mythologie. Vendre l'idée que le temps des nations serait dépassé. Que tout se réglerait, autour d'un verre de blanc, par l'horizontalité de baronnies locales. Que la France paierait son dû. Que Genève aurait "intérêt" à engouffrer des millions dans des investissements en France voisine.
     
    Ce mythe profite à qui ? A une certaine gauche proudhonienne, approximative, éloignée de l'idée de nation, à des milliers de lieues marines de la nécessaire dureté, cadastrale, géométrique, de la précision républicaine. En un mot, les Verts.
     
    Mais le mythe, tout autant, profite à l'idéologie libérale. A un certain patronat soucieux de profit, n'hésitant pas pratiquer la sous-enchère salariale avec des frontaliers.
     
    Les Verts, les libéraux. Depuis le début, depuis la bataille homérique autour du CEVA, c'est l'alliance malsaine, de pur opportunisme, entre ces deux idéologies, qui fait avancer le mythe prétentieux du "Grand Genève".
     
    A en juger par un vote plus récent, celui de jeudi soir sur un nouveau crédit transfrontalier de 39 millions pour des P+R, d'étranges ralliements se sont produits. Pourquoi, par exemple, l'UDC ?
     
    La réalité, comme une douche froide, viendra réveiller nos rêveurs. La France paie-t-elle son dû ? Endettée comme jamais, alignera-t-elle, le jour venu, sur ces chimères binationales, les sommes promises ? Ou les braves Suisses, comme toujours, seront-ils les seuls à débourser ?
     
    L'alliance de la gauche approximative et du cynisme d'un certain patronat libéral dévoie notre Canton depuis vingt ans. La croissance, à qui profite-t-elle ? Au peuple de Genève ? Bien sûr que non : au contraire, on l'étouffe d'impôts ! Il ne trouve pas à se loger ! Il paye les loyers, et les primes d'assurance maladie, les plus chers de Suisse !
     
    Et on vient lui parler, à ce brave peuple de Genève, qui rote au bassinet et n'en peut plus de débourser, de jeter au Rhône, via la France voisine, les sommes colossales qu'il a lui même payées, en impôts, à un Etat-Moloch.
     
    Le jour où les classes moyennes à Genève se réveilleront, ça fera mal. Très mal.
     
     
    Pascal Décaillet