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Liberté

  • William Heinzer, homme de radio, frère d'armes

     
     
    Sur le vif - Vendredi 25.07.26 - 22.57h
     
     
    Énorme choc, à l’instant, en apprenant, de retour d’une virée en montagne, le décès de William Heinzer !
     
    Il était mon frère d’armes. Avec lui et Georges Pop, trois co-producteurs, nous avons lancé, il y a 33 ans, la toute nouvelle formule des Matinales RSR, celles pour lesquelles j’étais revenu de Berne. Des mois de maquettes, avec toute la rédaction, tout l’automne 93, puis nouvelle formule, dès début janvier 94. Un continuum info, avec journaux et séquences, sur deux heures d’antenne, le 7-9. La formule, en 33 ans, a bien sûr été maintes fois aménagée, mais au fond, la refonte complète de 1993 demeure en vigueur.
     
    William était un frère d’armes, comme un ou deux autres ont pu l’être en 2000, dans la refonte complète, cette fois, de la tranche du soir, bref la formule encore actuelle de Forum, dont j’ai été le producteur, de 2000 à 2006.
     
    William, frère d’armes, passé ensuite à la TSR, mais homme de radio, chevillé viscéralement à son micro. Il y a peu, au fond, d’hommes ou femmes de radio, je veux dire totalement radio, viscéralement radio, pour qui la radio est une affaire vitale. Il en était. Comme Frank Musy. Comme un ou deux autres.
     
    Surtout, William était un type bien, ça aussi c’est rare. Un bosseur, qui vivait pour les intérêts supérieurs de sa tranche de production. Un fonceur. Un homme dont je me souviendrai toujours. Un frère d’armes, tout simplement.
     
    À sa famille, ses proches, mon immense sympathie. Le monde de la radio, en Suisse romande, perd l’un de ses meilleurs représentants.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Mélenchon : la France mérite mieux !

     
     
    Sur le vif - Mercredi 15.07.26 - 09.26h
     
     
    J’ai déjà dit ici mon opposition à Mélenchon, même si je le rejoins sur de nombreux points : Proche-Orient, soutien à la cause palestinienne, ouverture au monde arabe, au Sud, souveraineté intransigeante de la France, rejet de la machine administrative européenne, rejet de l’atlantisme et de l’impérialisme américain depuis 1945, rejet de tout colonialisme, rejet du capitalisme prédateur. Et, bien sûr, dans les grandes lignes, aspiration à une société plus juste, richesses mieux réparties, respect des plus humbles. Ca commence à faire beaucoup, d’ailleurs, quand j’y pense, le nombre de sujets fondamentaux sur lesquels je le rejoins. Je dirais même que ça me travaille, ça me remue intérieurement, ça m’interroge, ça laboure mes réflexions, ça m’intrigue.
     
    Alors, mon opposition, pourquoi ? Elle ne vient pas des thèmes, mais de sa personne. Parce que sa vision sectaire, sa haine de ses adversaires, sont de nature à DIVISER LES FRANÇAIS, plutôt qu’à les réunir. Parce que lui, Mélenchon, par sa nature, son orgueil démesuré, sa manière de faire de la politique, n’est autre qu’une graine de dictateur. Au fond, cet homme brillant, cultivé, prodigieux orateur, a pour pire ennemi la noirceur constamment émergente de sa propre personne.
     
    C’est un gourou, un chef de meute, un excitateur de foules. Désolé, mais la France, déjà si déchirée, a besoin en 2027 d’un pacificateur. Un unificateur. Un Henri de Navarre, entrant dans Paris par le Pont-Neuf, un 22 mars 1594, pour mettre fin à l’horreur absolue des Guerres de Religion, et RÉCONCILIER LES FRANÇAIS.
     
    Revivifier ce miracle, oui, en 2027, mais cette fois autour de la Nation, et de la République.
     
    Mélenchon n’est pas cet homme, il n’est pas un rassembleur. C’est un clanique. Un sectaire. Un aiguiseur de haines. Un marionnettiste de meutes, pour établir son propre pouvoir. D’ailleurs, regardez son entourage, ses lieutenants, les Bompard, les Panot : adhésion totale, fidélité aveugle au chef. Tous, autour du gourou. Tous, à sa suite. Tous, à se presser, pour figurer le plus près possible du Maître, dans les meetings, les manifs. Ils sont ses officiants. Ses enfants de chœur.
     
    Mélenchon, un homme d’une grande intelligence, mais miné par la monstruosité de son propre rapport au pouvoir. Par sa propre personne. La France n’a pas besoin d’un Fouquier-Tinville en 2027, ni de charrettes de condamnés, ni de s’exciter face à la lame sanglante et vengeresse, en place de Grève. Se réinventer, oui, trouver la profondeur d’un nouveau souffle, ce dont elle a toujours été capable dans son exceptionnelle Histoire. En 1789, en 1792, en 1830, en 1848, en 1944, en 1958. Mais pas avec un factieux. Pas avec un chef de meute. Pas avec un vengeur de classes. La France mérite mieux.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Vivement une France sans Macron !

     
     
    Sur le vif - Mardi 14.07.26 - 11.17h
     
     
    Le 14 Juillet, c'est la prise de la Bastille, en 1789. Donc, dans l'imaginaire, le moment fondateur de ce prodigieux enchaînement d'événements, sur plusieurs années, qu'on appelle la Révolution française. On aurait pu la dater du 20 juin 1789, le Serment du Jeu de Paume, mais peu importe, va pour le 14 juillet.
     
    La Révolution est un Bloc, c'est Clemenceau qui l'a dit. Moi, quand je pense à elle, je me projette trois années plus tard, les Soldats de l'An II, cette "armée en haillons", issue de la première levée en masse de l'Histoire de France, qui va se couvrir de gloire sur tous les champs de bataille d'Europe. Car en 1792, la France est seule. Toute l'Europe coalisée, les têtes couronnées, veulent y rétablir par la force, DONC PAR L’INVASION, le système féodal, les privilèges à la noblesse, l'Ancien Régime.
     
    Le seul problème pour eux, c'est que "l'armée en haillons", contre toute attente, elle qu'on s'imaginait pouvoir tailler en pièces en quelques semaines, gagne les batailles. Protège le Rhin. Et peu après, se projettera en Italie, pour vaincre les Autrichiens, avec à sa tête un général de 26 ans, nommé Bonaparte. En quelques années, la Révolution a réussi militairement. L'armée française de l'Ancien Régime, déjà admirable sous Louis XV, puis Louis XVI, s'est fondue dans l'Armée de la Nation. La France de la Révolution est seule. Elle verse son sang, celui du peuple, levé en masse. Et elle remporte des victoires. Elle a "ramassé l'épée de Turenne", lui fait honneur comme rarement. Elle écrit l'Histoire. Pendant ce temps, les Émigres, les Emperruqués, sont à Coblence. Pactisent avec l'ennemi. Rêvent de Restauration.
     
    Voilà pourquoi, Cher lecteur, je ne supporte pas l'idée de voir, un 14 Juillet, une autre armée que celle de la France défiler sur les Champs-Élysées.
     
    Sur les questions de stratégie et de défense, Macron fait fausse route, sur toute la ligne. Il ne cesse de parler "d'Europe", de "défense européenne". Il semble croire sincèrement qu'en cas de danger réel, les pays d'Europe joueront la solidarité continentale. Mais qu'a-t-il appris de l'Histoire ? Dans tous les moments décisifs, vitaux, la France a été SEULE. En 1792, seule. En 1814, seule. En 1815, seule. En 1870/71, seule. En 1914, seule. En 1940, plus seule que jamais, LÂCHÉE PAR LES ANGLAIS.
     
    La vérité, c'est que Macron se figure être déjà au temps des Nations dépassées, alors que nous sommes, plus que jamais, dans le temps des Nations, tout court. Dès que les choses vont mal, la Nation resurgit. Déjà, à l'époque du Covid ! Dès que les intérêts vitaux d'un pays sont en jeu, c'est chacun pour soi, on oublie l'Europe, on oublie les diplomates, on oublie la "Genève internationââââle", on oublie les cocktails, on en revient à l'économie de survie nationale, à l'économie de guerre, aux plans directeurs, à une souveraineté alimentaire et une protection de l'agriculture, une souveraineté industrielle aussi, qui n'auraient jamais dû être abandonnées !
     
    Dans ces conditions, je vous l'avoue, il y a des personnages, des visages, que je ne supporte tout simplement pas de voir, dans la tribune d'honneur du défilé du 14 Juillet. Seuls doivent y figurer le Président de la République française, son Premier ministre (en l'espèce, l'admirable, le national Sébastien Lecornu), les ministres français, les hauts responsables de l'armée française.
     
    Car le 14 Juillet, c'est la Révolution. Et la Révolution, c'est la France seule. Le peuple de France, seul. La Patrie en péril, défendue contre qui ? Non contre un peuple lointain, au-delà de la Vistule ou du Niémen, mais contre ses VOISINS IMMÉDIATS. Mais bon sang, imprégnez-vous d'Histoire ! Les autres nations en Europe, de taille comparable à la France, qui se réarment à la vitesse grand V, sont certains de ses voisins directs. Dont l'un, juste derrière le Rhin, qui se refait une santé d'enfer, une armée à 100 milliards d'Euros, sous la bénédiction générale, sous prétexte de "sécurité européenne". Mais ce voisin-là, le jour venu, dans dix ans, vingt ans, trente ans, son armée enfin retrouvée, il s'en servira non pour « l'Europe », mais pour LUI-MÊME.
     
    Et c'est un germanophile total, viscéralement habité par l’Histoire, la langue, la littérature, et avant tout la musique allemandes, et aussi par la philosophie prussienne, qui signe ces lignes. Paradoxe ? Si vous voulez. Je dirais plutôt : ascèse de lucidité. Unterwegs zur Erklärung ! Zur Aufklärung !
     
    Bon réveil à tous, bande d'ensommeillés europhiles et supranationaux. Le temps des Nations est tout, sauf révolu. Et vivement une France sans Macron !
     
     
    Pascal Décaillet