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Liberté

  • Les femmes de ménage du Palais fédéral

     

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.10.26

     

    Il y a des moments, en politique, où une petite phrase, juste une allusion, entre virgules, frappe davantage les consciences (pour peu que le récepteur du message en soit doté) que tout le reste du discours. Ainsi, ce vendredi 2 octobre 2026, quelques minutes après 11h, Guy Parmelin, annonçant son départ du Conseil fédéral après onze années de loyaux services, a-t-il tenu à associer à ses remerciements les femmes de ménage du Palais fédéral. Citoyen suisse, épris d’égalité entre les humains, m’adressant à tous de la même façon, quel que soit leur statut social, j’ai été infiniment touché par ces quelques mots. A eux seuls, ils résument la Suisse, tout son secret fragile et délicat, ce jeu d’équilibres, tissé de respect mutuel et d’estime pour toutes les fonctions, absolument toutes, à commencer les plus modestes.

     

    Et puis, quoi ! Qui a fait la Suisse, depuis 1848 ? Qui a creusé nos merveilleux tunnels alpins, le Simplon, le Gotthard, le Lötschberg, le Saint-Bernard ? Qui a construit notre réseau de routes et d’autoroutes ? Qui, si ce n’est des ouvriers, des mineurs, des perceurs de rochers, dans des conditions parfois épouvantables, l’humidité, le risque d’effondrement de la roche ? Qui a donné sa santé, parfois hélas aussi sa vie, en œuvrant dans des galeries, dans le ventre de la montagne ? Qui, si ce n’est des ouvriers, à commencer par des Italiens, à qui je veux rendre ici un vibrant hommage. Ces hommes, souvent venus d’ailleurs, oui par exemple de cette Italie qui nous est si proche, si chère, matricielle, font partie intégrante, par leur travail, leur sacrifice, de notre Histoire suisse moderne. Et, par là-même, de notre communauté nationale. Ils s’y sont hissés par l’acte, non par le discours.

     

    Les femmes de ménage du Palais fédéral. 35 ans après, voilà qui m’a immédiatement rappelé un souvenir de mes années comme correspondant parlementaire à Berne. Avec mes trois vaillants collègues de la RSR, nous avions notre studio au troisième étage du Palais fédéral. On nous avait chargés, en plus de toute la couverture politique ordinaire, d’inaugurer une nouvelle séquence, à 07.20h et 08.20h du matin, la Revue de presse alémanique. Internet n’existait pas. Celui d’entre nous quatre qui, par tournus, en était chargé, devait d’abord, vers 5 heures du matin, passer au kiosque de la gare de Berne, où une gentille dame nous avait préparé un solide paquet, bien ficelé, de journaux, qui venaient d’arriver, de nuit, de Zurich, Bâle ou Saint-Gall. Puis, nous faisions notre entrée dans un Palais fédéral encore désert. Dont les seules habitantes étaient…… les femmes de ménage du Palais fédéral ! En tirant, à la machine, notre premier café de la journée, c’est à elles que nous adressions nos premières paroles. Toujours avec le sourire. Toujours avec complicité, fraternité entre braves matinaliers. Ces dames étaient tout simplement formidables. Alors, moi aussi, des décennies plus tard, je rends hommage aux femmes de ménage du Palais fédéral.

     

    Pascal Décaillet

  • Mercosur : NON, NON, et NON !

     
     
    Sur le vif - Mardi 06.10.26 - 10.25h
     
     
    L’acceptation, par un Parlement fédéral encore (pour un an) dominé par l’idéologie libérale et mondialiste, de l’Accord avec le Mercosur, doit être absolument combattue par un référendum franc et massif.
     
    La Suisse doit rompre avec le mythe du libre-échange. Elle doit, impérativement, protéger son agriculture, ses paysans, ses viticulteurs. Mais aussi son industrie locale ! Priorité au marché intérieur suisse ! Circuits courts ! Moins polluants ! Produits de qualité, au service d’une alimentation saine ! Toute notre communauté nationale y est gagnante.
     
    Pour ma part, je soutiendrai tout référendum contre les Accords de libre-échange. Occupons-nous de nous ! Produisons pour nous ! N’importons que les produits que nous n’avons pas. Ayons le courage de rompre avec la tyrannie du Commerce extérieur. Aujourd’hui, elle est totalement dévoyée par le Veau d’or du profit !
     
    Notre économie nationale doit être au service du peuple suisse. Et non d’une oligarchie financière du commerce mondialisé, apatride, juste là pour engraisser les dividendes de quelques-uns.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Ukraine : la magnifique leçon de Ségolène à Glucksmann

     
     
    Sur le vif - Lundi 05.10.26 - 09.50h
     
     
    C'était un moment fort, comme une révélation. Hier soir, au débat de BFMTV entre les candidats à la primaire du PS, la leçon de Realpolitik, et surtout de continuité nationale dans la politique étrangère française, administrée par Ségolène Royal au lunaire Glucksmann, qui n'a, à la bouche, que les mots "Ukraine", "Zelensky", "Géorgie", "Union européenne".
     
    Avec calme, détermination, et même un certain magistère spirituel qui rappelle les moments de grâce de sa campagne 2007, Ségolène a dit qu'elle ne se laisserait pas impressionner par le bellicisme ambiant. Et que, dans les relations de la France avec la Russie, dont elle connaît la continuité plusieurs fois séculaire, elle privilégierait le chemin du dialogue politique et de la paix. Le contraire même de toute cette hystérie montante en Europe.
     
    Ségolène ne veut pas la guerre. Et elle refuse que sa position soit immédiatement qualifiée de munichoise par une bande de petits morveux qui n'ont jamais endossé un uniforme, jamais connu la chose militaire, encore moins le combat, et qui rêvent d'une croisade "européenne" anti-russe. Pour autant, elle ne soutient ni Poutine, ni son agression contre l'Ukraine, elle appelle juste à la recherche, par tous les moyens, d'une solution politique.
     
    Mieux : elle rappelle qu'elle est fille d'officier de carrière, petite-fille de Général, et que, la plupart du temps, les militaires ne veulent pas la guerre. Parce qu'ils en connaissent toute l'horreur. Fille de France, issue du pays profond, elle donne au Sieur Glucksmann une leçon d'amour de la vie dont les inflexions spirituelles n'auront échappé qu'aux incultes et aux insensibles.
     
    A noter tout de même que le Stagiaire fait encore figure de lumière en comparaison du monothématique Guedj, qui semble tout ramener, mais alors absolument tout, à un seul et unique problème, toujours recommencé, comme la Mer, de Paul Valéry. Le génie en moins.
     
     
    Pascal Décaillet