Liberté
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Âge de la pierre
Sur le vif - Jeudi 02.04.26 - 07.45hInscrire son action de guerre dans la volonté, dûment libellée comme telle dans un discours public, de « ramener à l’âge de la pierre » un pays de ce monde, avec sa population, relève clairement du crime contre l’humanité. Il n’est pas question que cet homme-là, en juin, devenu cet Ubu de folie, de démesure et de vulgarité, pose le moindre pied sur le sol suisse.Pascal Décaillet -
Philippe Lazzarini : courage et lucidité
Sur le vif - Mercredi 01.04.26 - 16.49hJe ne connais pas personnellement Philippe Lazzarini, Commissaire général de l'UNWRA, l'organisme de l'ONU pour l'aide aux Palestiniens. Mais chaque fois que je l'ai vu ou entendu, dans des reportages, j'ai découvert un homme intelligent, responsable, renseigné, courageux. Exactement les qualités requises pour une fonction aussi exposée aux souffrances d'un peuple.Et, plus je voyais et entendais cet homme, plus je me suis mis à détester profondément l'image absolument haïssable forgée, puis véhiculée à souhait par la Cinquième Colonne pro-Netanyahu dans nos pays. En Suisse, notamment.Et je me dis qu'il y a un autre reportage à faire, qui est, lui, de l'ordre de la linguistique, de la sémiologie, et de l'étude des instruments de propagande. Comment, sciemment, des professionnels (oh, ils s'y entendent !) du discours pré-fabriqué pour être largement diffusé, ont conçu cette altération volontaire de la réputation d'un homme de bien.Voilà. Je voulais juste dire cela. Au sujet d'un homme que je n'ai jamais rencontré, mais dont le travail et le courage m'inspirent le respect.Pascal Décaillet -
La mer Rouge
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.26
Bien sûr, il y a l’arrivée du printemps. Le retour de la vie. Déméter, Perséphone. Rituel vieux comme le monde. Avant la mythologie grecque. Avant les grands textes bibliques. Bien sûr, en nous promenant dans les vignes, en février ou mars, face à la ligne épurée, cistercienne, des ceps, nous sommes tous en espérance des premiers feuillages. Bien sûr, il y a ce temps d’attente.
Bien sûr, il y a tous ces textes, éblouissants, sur le Passage. Il y a la mer Rouge. Il y a la Terre promise. Il y a tout ce travail, immense, intérieur à chacun de nous, pour permettre, un jour, une ouverture. Il y a les Passions de Bach, toute cette architecture de l’attente, sublimée par une musique sans égal. Il y a les poèmes du Roumain de langue allemande Paul Celan (1920-1970). Du Pont Mirabeau, il s’est jeté dans la Seine. Laissant derrière lui une œuvre unique, construite autour du vide. Le néant.
Bien sûr, il y a tous les rituels du Passage de l’Empire romain d’Orient. Byzance. La Grèce du Nord, celle des monastères. Les Coptes. Les Syriaques. Un homme, mieux que tous, nous en parlait : Georges Haldas.
Tout cela, bien sûr.
Et puis, comme le feu, ces quelques lignes, passantes, énigmatiques, où il est question d’un Tombeau, trouvé vide, un certain matin. Et, face à ce texte, chacun de nous, seul. A chacun, son chemin. A chacun, son passage. A tous, aux Hébreux comme aux Égyptiens, oui à tous, je souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques.
Pascal Décaillet