Liberté - Page 169
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Un acte de piété, toujours recommencé
Sur le vif - Lundi 13.11.23 - 10.31hHallucinant. Au lendemain du deuxième tour des États, et de la déconfiture des Verts, la RSR ne trouve personne d'autre, comme grand invité de la Matinale, que... Robert Cramer !Les logiciels de la RTS sont d'un autre temps. On a tellement donné la parole à certains discours oraculaires, pendant des décennies, on ne peut s'empêcher de continuer, pour l'éternité. Qu'ils gagnent, qu'ils perdent, qu'il pleuve, qu'il vente, que le climat se refroidisse ou se réchauffe, il faut qu'on les entende. C'est un besoin liturgique. Un acte de piété, toujours recommencé. Un geste d'obédience.Plus un seul centime pour la SSR ! Ni pour aucun média, d'ailleurs. C'est mon credo. Vous en saurez plus après-demain.Pascal Décaillet -
Deux perdantes, magnifiques
Sur le vif - Dimanche 12.11.23 - 14.25hLes canons. La pluie. Novembre. Les gagnants, les perdants. Jérémy, Céline, les équipes de Léman Bleu. Le direct. Début d'après-midi, à l'arraché. Je regarde, pour préparer mon GRAND GAC de ce soir, que j'intitule : "Seize mois sans élection, on respire!".Les résultats, vous les connaissez. L'élection est derrière, les jeux sont faits. Dans le quatuor qui avait des chances de passer, deux femmes sont perdantes. Indépendamment de mes proximités idéologiques, que vous connaissez, je veux leur rendre hommage, aux deux. Ces deux femmes sont magnifiques.Hommage à Céline Amaudruz. Elle a mené une campagne incroyable. Elle a dû affronter des saloperies de messages anonymes, on espère des suites judiciaires. Elle a tenu bon. Elle a conduit son parti à son meilleur résultat historique. Elle échoue aux Etats, mais est réélue au National. Elle est vice-présidente de l'UDC suisse. Je la connais depuis ses premiers balbutiements en politique. J'admire sa ténacité. Elle a la trempe d'une Conseillère fédérale.Hommage à Lisa Mazzone. Cette perdante a été extraordinaire sur le plateau de Jérémy, aux Canons. Elle a gardé le sourire. Elle a eu des mots simples et dignes, sans rancœur. Elle aussi, je l'ai suivie en politique dès ses débuts. Je l'ai vue grandir, mûrir. Je ne partage absolument pas ses options politiques, mais quelle classe, quel respect toujours dans les débats, quelle foi dans l'argumentation. Elle dit quitter la politique. Si c'est vrai, c'est une perte. Elle aussi, comme Céline, subit depuis des années des attaques sur sa personne. Elle tient. Elle aussi, je l'admire.Les Canons. Une très belle émission, sur le vif. Les émotions. La pluie. Un temps de novembre. Deux femmes. Deux présences. Magnifiques.Pascal Décaillet -
Machine à invalider
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.11.23
Nous sommes en Suisse, nous avons un trésor : la démocratie directe. Le droit, notamment, pour n’importe quel groupe de citoyens, de lancer une initiative. Cet acte-là est sacré. Une poignée donne rendez-vous, un beau dimanche, à la totalité du corps électoral. C’est l’instrument de rêve pour la démocratie venue d’en-bas, la démocratie totale, celle qu’esquisse Jean-Jacques Rousseau, tellement jalousée par les élus, les corps intermédiaires, toute la cléricature de la « démocratie représentative ».
Cet acte sacré, le nouveau Conseil d’Etat, à peine au sixième mois de son mandat, le bafoue. Avec une dextérité de pachyderme, il manie le ciseau d’Anastasie, le nom qu’on donnait à la censure du temps de Clemenceau, dans la Grande Guerre. Et ces initiatives, qui ont dûment obtenu les signatures pour que le peuple vote, il se contente, lui l’exécutif, de les « invalider ». D’un geste. Arrogant. Comme une chiquenaude.
Il a invalidé l’initiative du MCG sur les frontaliers. Il a invalidé celle de l’Union populaire sur la gratuite des crèches. On peut discuter de ces textes, et justement on aimerait bien en débattre, entre citoyennes et citoyens, puis un jour trancher : c’est justement cela, la démocratie suisse ! Mais non, l’exécutif coupe. Il castre. Et chaque fois qu’il actionne la lame, il s’affaiblit lui-même. Encore quatre ans et demi à tirer.
Pascal Décaillet