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Sur le vif - Page 749

  • Putain, cinq ans !

     

    Sur le vif - Vendredi 05.05.17 - 10.32h

     

    Après-demain, la France élira sans doute le candidat du convenable. Celui qui saura bien se tenir avec Mme Merkel, tel le vassal reçu par le suzerain. Avec les gens de Bruxelles. Avec la Banque centrale européenne. Avec les usuriers de la spéculation mondialisée, qui, de New York à Genève, le soutiennent avec tant d'ardeur.

     

    Le candidat du Quartier latin, des bobos, des babas, des "grandes organisations religieuses" de France, des médias, de ceux qui les possèdent, de la grande bourgeoisie d'affaires parisienne, des corps constitués, des humoristes, des dessinateurs de presse, des acteurs, des chanteurs, des intellectuels, des professions libérales, de la trahison pudiquement appelée "ralliement".

     

    Le candidat d'Obama, de M. et Mme Badinter, de Jacques Attali, Daniel Cohn-Bendit, de tout ce qui, depuis tant de décennies, tient tant pignon sur tant de rues, plutôt celles de Neuilly que de Levallois.

     

    L'homme, notez, ne m'est absolument pas antipathique, j'aime ses yeux bleus, je lui reconnais un sacré talent pour racoler. Hélas, je n'ai jamais rien réussi à comprendre de ce qu'il raconte, les mots s'envolent, la grammaire est juste, mais le sens fait défaut, c'est sans doute de nos jours un détail.

     

    Il va aller voir Mme Merkel, prêter politiquement allégeance. Idem à Bruxelles. Il va pratiquer une politique qui pourrait bien ressembler à celle du MRP, sous la Quatrième, atlantiste, centriste et européenne, des gens parfaitement respectables, au demeurant. La dilution de la souveraineté française dans un ensemble plus grand, un Empire, ne leur posait simplement pas problème. Chacun sa vie, chacun ses choix.

     

    Ces cinq années seront longues. Je crains surtout qu'elles ne soient des années perdues. Un ultime répit pour l'Ancien Monde, avant le grand changement.

     

    À la France, qui n'est pas mon pays mais qui m'a tant nourri, je dis ici toute la profondeur de ma fidélité et de mon attachement.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Quelque chose, contre rien

     

    Sur le vif - Mardi 02.05.17 - 15.14h

     

    Il existe, entre Mme Le Pen et M. Macron, une toute petite nuance, qui permet de les différencier.

     

    Marine Le Pen, on comprend absolument tout de ce qu'elle raconte. C'est clair, limpide. Le taux de réception du message est de 100%. Ensuite, on est d'accord ou non, on l'aime ou on la déteste, chacun est libre.

     

    Emmanuel Macron, on ne comprend strictement rien à son discours. Il parle pourtant très bien, les mots font partie du vocabulaire courant, les phrases s'enchaînent, la posture rhétorique est excellente. Mais le message ne passe pas. Je m'efforce de l'écouter depuis des semaines, je le trouve sympathique, mais je n'ai réussi à retenir, pour l'heure, qu'une vague affaire de taxe d'habitation, qui me semble relever davantage d'un sous-secrétariat d’Etat au Logement que du chef de l'Etat.

     

    Même ses partisans reconnaissent ne pas comprendre grand chose. Mais ils votent pour lui. Par défaut. Parce qu'on ne va tout de même pas élire la Bête immonde, non ? Ils votent pour une image. Un label. Une gravure. Une marque de fabrique.

     

    Nous ne sommes pas dans l'antagonisme de deux discours. Mais dans le choix entre un discours et... une absence de discours.

     

    Singulier, non ?

     

    Pascal Décaillet

     

  • Incandescence des âmes

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    Sur le vif - Mardi 02.05.17 - 06.57h

     

    Jamais, depuis longtemps, la France n'a été placée devant un choix aussi clair. Mme Le Pen ou M. Macron, ce sont deux visions diamétralement opposées de l'avenir du pays.

     

    Quel que soit le résultat, il y aura dimanche soir deux France. L'une pour gouverner. L'autre, pour constituer une puissante et redoutable opposition.

     

    Dimanche, ce sera l'acte 1. En juin, avec les législatives, l'acte 2. Cet automne, avec la rentrée sociale, l'acte 3. Puis, la partie totalement imprévisible, la législature elle-même, dans un climat d'incandescence des âmes de nature à rappeler l'immense poète Agrippa d'Aubigné, l'auteur des Tragiques, l'un de mes livres de chevet.

     

    Ce grand pays s'en sortira, bien sûr, comme toujours dans sa remarquable Histoire. Sur les ferments de sa dispersion, il scellera une nouvelle fois l'unité. Mais nous entrons dans des années difficiles, une période de turbulences. Ça fait partie du jeu. Il faut que s'accomplisse un destin. Il faut parfois que tout s'effondre, pour reconstruire. Ainsi naissent et meurent les Républiques. Toujours dans la crise. Toujours dans le tragique de l'Histoire. Toujours, dans la douleur.

     

    Pascal Décaillet