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Sur le vif - Page 748

  • Nationale 7

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    Sur le vif - Mercredi 17.05.17 - 07.05h

     

    Ils n'en peuvent plus de jouissance ! La RSR et le Temps, qui avaient couvert comme on sait la campagne américaine, sont au septième ciel et n'ont plus qu'un mot à la bouche : impeachment. Destitution. La procédure qui avait poussé Nixon à la démission, en août 1974.

     

    À la RSR comme au Temps, l'affaire est entendue : on voit déjà ce Président honni faire ses bagages. On la tient déjà, cette "affaire" dont on avait tant besoin pour se débarrasser de celui auquel on voue une haine et un mépris d'une férocité inimaginable. Le système, déjà, murmure sa vengeance. Il entrevoit avec un appétit de requin l'occasion tant rêvée de rétablir cet Ordre et cette Cohérence mondialisés dont Mme Clinton promettait de demeurer la grande prêtresse.

     

    Les mêmes, en France, sanctifient Macron. Oubliées, les onze millions de voix du Front National. On a repeint la voiture d'occasion, on a caché la rouille, c'est le printemps, il fait beau, un parfum de Nationale 7 et de Congés payés embaume les esprits. Le tragique de l'Histoire, on l'a mis au placard, avec les habits d'hiver.

     

    Sans tarder, il reviendra.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Merci, M. Hollande !

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    Sur le vif - Dimanche 14.05.17 - 15.56h

     

    Voilà. François Hollande n'est plus Président. Un quinquennat s'achève, que l'Histoire jugera, il est trop tôt maintenant.

     

    Mais je suis certain d'une chose : par rapport aux torrents d'immondices que ce Président a dû encaisser jour après jour, pendant cinq ans, de la part, principalement, de la droite orléaniste revancharde de son prédécesseur, le bilan Hollande sera, un jour, revu à la hausse.

     

    Pour ma part, je suis très fier et très heureux, sur l'intégralité de ces cinq ans, de n'avoir JAMAIS - je dis bien JAMAIS - dit de mal de François Hollande. Non que je fusse socialiste, mais j'estime qu'il a eu, dans les moments difficiles, la dignité de la fonction suprême. C'est exactement cela, un Président, sous la Cinquième République.

     

    A son successeur, dont je ne partage quasiment aucune option politique, mais dont je respecte la fonction, je souhaite évidemment bonne chance. La continuité française fonctionne parfaitement, on l'a vu ce matin avec l'impeccable cérémonie de passations de pouvoirs.

     

    Et la Cinquième République, que d'aucuns ont passé la campagne à enterrer avant qu'elle ne mourût, est apparue aujourd'hui dans sa forme la plus éclatante. Comme ces fleurs, magnifiques, derrière le nouveau Président, pendant que la Garde républicaine entonnait la Marche consulaire de Marengo. C'est des saisons, non des idéologies, que nous vient la force du renouveau.

     

    "Seule la tradition est révolutionnaire", écrit Péguy. C'est sans doute l'une de ses plus belles phrases. L'une de celles qui me guident, depuis tant d'années, dans ma lecture de l'Histoire et de la politique.

     

    Pascal Décaillet

     

  • An die Freude

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    Sur le vif - Mardi 09.05.17 - 11.12h

     

    Je suis Beethovénien depuis l'âge de douze ans. L'auteur de la Neuvième Symphonie a été pour moi, pendant toute mon adolescence, un indétrônable dieu, avant même que je ne découvre Wagner (1971), puis Haendel, puis Brahms. C'est dire à quel point je suis musicalement disposé à écouter son oeuvre.

     

    Mais je n'ai pas aimé, dimanche soir au Louvre, que l'Hymne à la Joie précède la Marseillaise. Symboliquement, c'était mettre l'Empire, entendez aujourd'hui l'Europe, avant la Nation. Le contraire même de tous les combats de la Révolution française, de la République naissante en 1792, des Soldats de l'An II, lorsque la France, admirable, était seule contre tous.

     

    Cette prééminence, cette inscription dans une Pyramide, en disent tellement long sur le rapport mental et psychologique du nouveau Président avec l'Europe, avec l'idée même de supranationalité.

     

    L'idée qu'au-delà du souverain du pays, il existerait une souveraineté ultime, donc supérieure, un suzerain, est d'essence impériale et germanique. Les Allemagnes, en mille ans, ont vécu avec cette construction dans leur tête la plupart du temps. C'est pourquoi l'esprit allemand s'accommode si bien de l'Union européenne.

     

    En France, il en va autrement. Le souverain, qu'il soit Roi ou Président de la République, ne saurait tolérer en aucune manière le moindre recours, au-dessus de sa tête. Parce qu'il est, lui, le recours. La pierre angulaire. Ainsi s'est construite la France, depuis mille ans. En France, nulle querelle de Guelfes et de Gibelins : les partisans du Pape, déjà sous les rois, et des siècles avant la loi de 1905, ont toujours été remis à leur place.

     

    Tout cela, le nouveau Président le sait. Et c'est à dessein qu'il a orchestré cette singulière chronologie. D'abord, Beethoven et Schiller (on trouve pire, j'en conviens !), ensuite seulement Rouget de Lisle. C'est un signal très clair qu'il donne, parfaitement cohérent. Une marque d'intégration à un ensemble. Ça fait très MRP, très gentil centriste, très démocrate-chrétien de la Quatrième, très Pères fondateurs de la Communauté européenne. C'est une option de la souveraineté française.

     

    Ou plutôt, une option sur la délégation de souveraineté. Les Français, qui ont voté largement pour ce nouveau Président, veulent-ils vraiment cela ? D'ici quelques mois, nous le saurons.

     

    Pascal Décaillet