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Radicaux fondateurs

 

 

Commentaire publié dans GHI - Mercredi 30.09.26

 

J’ai vécu à Berne, comme correspondant parlementaire, il y a plus de trente ans, toute la genèse de la LAMal (loi sur l’assurance maladie). Projet du Conseil fédéral, procédure de consultation, débat-fleuve aux Chambres, enfin acceptation par le peuple, le 4 décembre 1994. Une étape, majeure, dans l’Histoire sociale de notre pays. Comme l’avait été, en plus essentiel encore, la création de l’AVS, en 1947, entrée en vigueur le 1er janvier 1948.

 

Mais déjà, à l’observateur que j’étais, apparaissait toute l’impossibilité d’un paradoxe : rendre obligatoire l’assurance, oui, car tous doivent pouvoir accéder aux soins. Mais en même temps, l’obligation de s’affilier, non à un organe d’Etat, comme je l’aurais souhaité, mais à des Caisses privées ! En clair, chaque habitant de notre pays se voyait, par la nouvelle loi, obligé d’apporter de l’argent à… des entreprises privées ! Singulière conception de la République.

 

32 ans plus tard, l’échec est monumental. La LAMal est un fiasco. Le système étouffe financièrement les Suisses. Les primes ne cessent d’augmenter. Une seule solution : changer radicalement la donne. Avec, à la clef, un grand retour de l’Etat, et de l’intérêt de tous. A sa manière, au modeste niveau du Canton de Genève, Pierre Maudet nous esquisse une solution. Elle vaut, pour le moins, d’être étudiée. Peut-être sera-t-elle recalée. Mais quelqu’un, au moins, aura osé. Dans la veine radicale des Pères fondateurs.

 

Pascal Décaillet

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