Sur le vif - Vendredi 06.11.26 - 11.28h
La trahison des députés communistes, qui larguent Fabien Roussel, no 1 de leur parti et candidat à la présidentielle, pour se jeter dans les bras de Jean-Luc Mélenchon, constitue un événement sans précédent, dans l'Histoire (si riche et passionnante) de ce parti, depuis la fin du 19ème siècle.
Fabien Roussel est un homme très bien. Il défend les plus faibles, les plus démunis, il a soif de justice sociale, il se bat pour un monde meilleur. Personnellement, je l'apprécie beaucoup. Seulement voilà : il n'a pas le dixième du charisme, du génie oratoire, en un mot de l'efficacité populiste à grande échelle, de Mélenchon.
Alors, voilà. Des communistes préfèrent, dès le premier tour, jouer utile en votant directement Mélenchon, que faire perdre des voix à la gauche, et peut-être l'empêcher d'accéder au second tour. Ca se tient.
Pourtant, quelle différence entre ces deux univers ! Le Parti communiste français, riche d'une Histoire dont il n'a absolument pas à rougir, est une école de la structure, de la discipline interne, du sens de l'Etat. La France insoumise, plus éruptive, plus imaginative, plus jeune, plus scéniquement révolutionnaire, est autrement séduisante pour les masses. Quand on voit comme elle cartonne en termes de communication, on se dit que le bon vieux PCF a des siècles de retard.
Pour ma part, je suis un homme de mémoire. Je pense à l'excellence des ministres communistes dans les dix-sept mois qui ont suivi la Libération, dans le gouvernement provisoire de Charles de Gaulle. Je pense à la grande qualité des quatre ministres communistes de François Mitterrand, sous le gouvernement Mauroy, entre 81 et 84. Je pense à toute cette implantation, sur l'ensemble du territoire national. Je me dis que ce parti, avec sa grande Histoire, mérite infiniment mieux que d'être relégué au rang de marchepied de l'aventurier Mélenchon.
Pascal Décaillet