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Sur le vif - Page 747

  • Le tram 12 a bon dos !

     

    Sur le vif - Lundi 22.05.17 - 08.01h

     

    Supprimer un tram 12 sur deux, en direction de Carouge, entre 9h et 16h, en lui faisant faire demi-tour aux Augustins, est une décision calamiteuse. Le type même de punition, de petite revanche parfumée de mesquinerie, du Conseil d'Etat, face à un peuple qui aurait "mal voté". En visant certaines communes qui ne sont pas allées dans le "bon sens". On gouverne par les représailles, maintenant ?

     

    L'entêtement du Conseil d'Etat à vouloir, contre l'avis trois fois exprimé par le peuple, sanctionner l'usager, confine à l'arrogance et à la cécité. S'il faut reprendre le budget du Canton pour lui indiquer où des économies sont possibles, nous l'aiderons volontiers dans cette aventure intellectuelle. Car il n'est évidemment pas question de faire passer le contribuable à la caisse, davantage que maintenant, pour le financement des TPG. À cet égard, l'idée de "faire payer les entreprises", providentielles vaches à lait, est aussi saugrenue qu'irrecevable. Je parle ici comme petit entrepreneur, et comme citoyen.

     

    Pistes d'économies à l'Etat ? On va vous les montrer, Madame et Messieurs les conseillers d'Etat ! Pas question, tant que vous n'aurez pas fait le ménage, d'accepter ni hausses de tarifs TPG (trois fois, le peuple a dit non), ni hausses d'impôts. Les solutions, c'est à vous de les aménager, à l'interne de la masse monétaire largement suffisante, et même éreintante pour la classe moyenne, que vous allouent les contribuables.

     

    En attendant, pas question d'accepter comme cela la mesquine rétorsion annoncée hier sur le tram 12. Elle suinte le réflexe de mauvais perdant. Au plus haut niveau du Conseil d'Etat. Celui qui fleure un parfum de chrysanthèmes. À force de les inaugurer, on finit par s'en imprégner.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Celui qui vous arrache à l'indifférence

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    Sur le vif - Jeudi 18.05.17 - 12.31h

     

    "L'intellectuel Français André Malraux" - Dans les titres du 12.30h RSR, à l'instant. Étrange manière de qualifier ce félin de génie aux multiples destins. Pas fausse, mais singulièrement réductrice. Malraux était un écrivain. Il fut aussi un ministre. Un orateur, exceptionnel. Bien avant d'être un "intellectuel", même s'il l'était aussi.

     

    Michel Winock, avec qui j'ai fait une Série Radio, il y a vingt ans, sur le Siècle des Intellectuels, en compagnie de mon confrère Roger Guignard, rangeait certes Malraux dans la catégorie des intellectuels. En précisant aussitôt l'immensité de ses différences avec des hommes comme Sartre, ou ses épigones.

     

    Enfin, je me demande si ma consœur RSR, qui a opté pour ce mot singulier, a lu la Condition humaine.

     

    Dans ce passage d'exception, la mort de Kyo :

     

    " Les hommes ne sont pas mes semblables, ils sont ceux qui me regardent et me jugent, mes semblables ce sont ceux qui m'aiment et ne me regardent pas, qui m'aiment contre tout, qui m'aiment contre la déchéance, contre la bassesse, contre la trahison, moi et non ce que j'ai fait ou ferai, qui m'aimeraient tant que je m'aimerais moi-même - jusqu'au suicide, compris. "

     

    Dans ce passage, donc, je n'ai jamais eu l'impression de me trouver face à un "intellectuel". Mais face à celui qui, en quelques traits de plume, vous arrache à l'indifférence de vivre.

     

    Cela porte un nom, et définit un espèce aussi rare qu'usurpée : cela s'appelle un écrivain.

     

    Pascal Décaillet

     

  • La bonne nouvelle du jour !

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    Sur le vif - Mercredi 17.05.17 - 15.43h

     

    Françoise Nyssen, ministre de la Culture. Ça, c'est la bonne nouvelle du jour ! Si la patronne d'Actes Sud arrive à donner autant de souffle et de vie à son ministère qu'à sa maison d'édition, alors là, il pourrait y avoir en France, après des années de déshérence dans ce domaine pourtant majeur, comme l'aube d'un espoir.

     

    Il faut la voir, sa Librairie (en Arles, où sont les alyscamps), au bord d'un Rhône large, épanoui, à l'orée d'une vieille ville où respire l'Histoire. Je m'y suis rendu deux fois, ces six derniers mois. Y perdre son temps est un bonheur. Au milieu des innombrables ouvrages, un lieu pour le réveil de la vie intérieure ! Littérature française, mais aussi allemande, littératures du monde, Histoire, essais, intelligence dans la mise en places des rayonnages, qualité de silence : on y retrouve le sel miraculeux de sa jeunesse ! On y pense à Barrès : "les lieux où souffle l'esprit".

     

    D'autant meilleure, cette nouvelle, que le Ministère de la Culture n'a pas franchement été à la hauteur, ces dernières années, de ce qu'il DOIT être, au pays de Malraux et de Jack Lang.

     

    Oui, une grande nouvelle. Je crois.

     

    Pascal Décaillet