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Sur le vif - Page 694

  • C'est le jeu, c'est la vie

     

    Sur le vif - Dimanche 12.11.17 - 14.35h

     

    Si tu ambitionnes un acte pamphlétaire, c'est bien, c'est courageux. Mais je te préviens : si c'est un VRAI pamphlet que tu commets, alors tu vas en prendre plein la poire.

     

    Tu veux croquer les puissants, ceux qui abusent de leur pouvoir ? Fort bien. Mais alors, attaque-toi, le plus directement possible, non aux dictateurs qui sévissent à vingt mille kilomètres de chez toi, mais au VRAI pouvoir abusant, chez toi. Dans ton périmètre, ton environnement immédiat. Des gens qui pourront te lire, t'écouter, t'attaquer, te créer des emmerdes, te traîner en justice. Là, oui, tu prends un risque.

     

    Attaque-toi aux pensées dominantes, terrorisantes de consensus, celles qui, chez toi, autour de toi, étouffent tout débat. Là, oui, ton verbe sera au service d'un contre-pouvoir. Mais toi, tu prendras des coups. C'est ainsi que ça fonctionne, c'est le jeu, c'est la vie.

     

    Tu voudrais écrire un pamphlet - ou, beaucoup mieux, le gueuler - dans le microcosme de la Suisse romande ? Très bien. Alors, attaque-toi à ce qui, dans ce creuset-là, bien précis, apparaît dans l'espace public comme inattaquable. Dès lors, il faudra t'attendre, parfois, à défendre ce qui est réputé indéfendable. Et là, plus que jamais, tu prendras des coups.

     

    Tu auras contre toi tes confrères, oui tes pairs, pour avoir commis l'impair. Tu auras contre toi les humoristes, ces grands serviteurs, hélas si souvent, du pouvoir et des convenances, des courants majoritaires, des pressions dominantes. Tu auras contre toi les petits malins des réseaux sociaux, qui n'en peuvent plus de guetter, à l'affût du moindre "dérapage", eh hop, mise au pilori, copie aux Ligues bien pensantes, aux collectifs autoproclamés de défense de toutes les minorités possibles et imaginables.

     

    Tu auras écrit - ou, beaucoup mieux, parlé - et tu auras ligué contre toi ceux-là même dont tu dénonces les collusions. En se ruant sur toi, ils te feront mal. Mais en même temps, ils auront exactement prouvé la justesse de ton propos.

     

    Agiras-tu ? Te tairas-tu ? Tu es libre, totalement libre. Nous sommes tous libres.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Parfum d'échec

     

    Sur le vif - Vendredi 10.11.17 - 10.30h

     

    Et maintenant, 30 licenciements chez Givaudan. Émigration vers Zurich, ou la Chine. Le secteur secondaire genevois s'évapore.

     

    Pendant ce temps, au plus haut niveau politique chargé de s'occuper d'économie, on sautille comme des cabris en répétant le mot magique : "innovation".

     

    Certains de ces beaux parleurs n'ont jamais rempli une fiche de salaire de leur vie.

     

    Des mots. Du vent. Pour faire des voix.

     

    Un parfum d'échec.

     

    Pascal Décaillet

     

  • France-Iran : l'espoir d'une ouverture

     

    Sur le vif - Mercredi 08.11.17 - 14.20h

     

    Le possible rapprochement, évoqué par le Monde, entre la France et l'Iran, après quatre décennies de froid, est une excellente perspective. Emmanuel Macron pourrait être le premier Président français, depuis 1976, à se rendre à Téhéran. 1976 : c'était encore l'époque du Shah, trois ans avant la Révolution.

     

    Réjouissante perspective, d'abord pour la diplomatie française. Depuis l'arrivée aux affaires du nouveau Président, au mois de mai, on peine à dégager des lignes directrices claires en matière de politique internationale, à part un alignement bien obédient sur Mme Merkel.

     

    Dans sa politique au Proche et au Moyen-Orient, la France doit avoir ses options propres, celles d'une longue tradition de dialogue avec le monde arabe ou (en l'occurrence) persan, qui ne doit strictement rendre aucun compte aux États-Unis d'Amérique. Ni à une "communauté internationale" noyautée par Washington.

     

    Perspective intéressante, aussi, pour l'échiquier politique du Proche et du Moyen-Orient. La vieille puissance perse, depuis des siècles, des millénaires, a, tout naturellement, un rôle de premier plan à y jouer. Cela, au-delà du régime qui règne en Iran : les régimes passent, la permanence des intérêts nationaux demeure.

     

    On nous permettra de trouver plus naturelles les tentatives d'arbitrage de Téhéran, dans cette région du monde, que les catastrophiques ingérences armées de Washington, tiens par exemple celle du printemps 2003 contre l'Irak.

     

    On nous permettra, aussi, d'attendre de la France, liée par son Histoire à un monde auquel les États-Unis n'entendent pas grand chose, d'entretenir, avec l'Orient compliqué, des relations choisies par elle-même. Et non dictées par Washington.

     

    La France que nous aimons est celle d'une diplomatie souveraine et non-alignée, nourrie de contacts et de réseaux culturels, renseignée sur l'Histoire et sur les forces en présence. Surtout, défendant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cela tient en un discours, inoubliable : celui prononcé à Brazzaville, le 30 janvier 1944, en pleine guerre, par un homme seul, sans terre et sans appui : il s'appelait Charles de Gaulle.

     

    Pascal Décaillet