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Sur le vif - Page 548

  • Kosovo : ignorance ou complicité ?

     

    Sur le vif - Jeudi 13.06.19 - 16.28h

     

    Que Bill Clinton vienne se faire décorer par Hashim Thaçi, pour le vingtième anniversaire de la "libération du Kosovo", entendez la mise sous tutelle de cette région par l'Otan, avec la très active collaboration, en 1998-1999, des services secrets allemands (ceux de M. Kohl, puis de M. Schröder, mais c'est bien Kohl qui porte l'écrasante responsabilité de la politique allemande dans les Balkans, dans les années 1990), voilà qui relève de la farce, de l'imposture, de l'arrogance américaine, de l'écriture de l'Histoire à sens unique.

    Quand on voit ce qu'est devenu le Kosovo de ce cher M. Thaçi, corruption, inféodation totale à l'Otan, absence de liberté pour les minorités, à commencer par les Serbes, ambitions de Grande Albanie dans la partie méridionale des Balkans, affaires douteuses, il n'y a pas de quoi être fier d'aller chercher une décoration dans ce pays.

    Nos amis Kosovars - je salue ceux d'entre eux qui sont en Suisse et s'intègrent admirablement - méritent mieux. Mais l'Histoire s'est écrite. Elle a été rédigée par les vainqueurs. Par les Américains. Par les gens de l'Otan. Par l'Allemagne de M. Kohl et de Mme Merkel. Par l'insoutenable légèreté de ce non-lieu historique et sémantique appelé "Union européenne".

    Si l'on veut considérer avec un minimum de lucidité historique la question des Balkans, il faut tout reprendre, depuis le début. Ou tout au moins, dans cette passionnante région sans début ni fin, depuis les germes de l'éclatement de la Yougoslavie, à la fin des années 80.

    En attendant, tout chef d'Etat recevant M. Hashim Thaçi fait preuve soit d'une ignorance historique, soit de complicité. Dans les deux cas, c'est assez inquiétant.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Comment dit-on "caniche" en allemand ?

     

    Sur le vif - Mercredi 12.06.19 - 05.51h

     

    En se disant prêt à soutenir Mme Merkel comme présidente de la Commission européenne, Emmanuel Macron profère l'une des plus grandes énormités de son mandat, qui n'en est pas avare.

    Jusqu'en 1989 (chute du Mur), ou même jusqu'en 1992 (Maastricht), la construction européenne prenait soin de s'opérer sur l'équilibre, le respect des diversités, la mise en valeur des petites nations. On se gardait bien de trop mettre en évidence les deux grands, les deux piliers démographiques et historiques de l'Europe, la France et l'Allemagne.

    À partir de l'Acte unique, tout a changé. On a laissé Kohl, qui venait d'avaler la DDR, jouer dans les Balkans un rôle majeur. On a aligné la politique balkanique européenne sur celle des intérêts économiques et stratégiques supérieurs de l'Allemagne. Mitterrand (en lâchant les Serbes) y a porté une responsabilité historique écrasante. Il a fini par jouer, dans les Balkans, la politique de Kohl. C'est cela, cette réalité historique, sous le masque européen, qui s'est produit.

    Plus tard, on a aligné l'élargissement à l'Est, précipité et glouton, sur l'accomplissement des intérêts économiques et commerciaux des grandes entreprises allemandes. En Pologne, en Tchéquie, en Slovaquie, dans les Pays Baltes, le géant allemand a pu prospérer. Voies de pénétration traditionnelles de l'influence allemande, déjà avant Frédéric II.

    Plus tard encore, lors de l'affaire grecque, Mme Merkel, en saignant ce pays, en l'humiliant publiquement, s'est outrageusement comportée en Chancelière d'Empire. Elle a parlé, agi, comme si elle était la cheffe de l'Europe. Faut-il rappeler ici le souvenir laissé par l'Allemagne sur la Grèce, comme sur les Balkans, entre 1941 et 1945 ?

    Dans l'affaire ukrainienne, où nous nous abstiendrons d'évoquer les souvenirs de ces mêmes années 41-45, l'UE laisse l'Allemagne de Mme Merkel, de façon éhontée, soutenir sa politique propre, sous le paravent de l'OTAN. C'est l'une des plus grandes forfaitures des années 2000.

    Mme Merkel, digne successeur de Kohl, se comporte en Chancelière d'Empire. Sa vision est celle d'une Europe entièrement construite autour de l'Allemagne. Ce qu'elle cherche à reconstituer, c'est une forme de Saint-Empire, aboli par Napoléon en 1806, au lendemain d'Iéna.

    Que M. Macron puisse entrer en matière, une seule seconde, sur l'idée de placer cette femme-là à la tête de l'Europe, en dit long sur l'ampleur de l'ignorance historique de l'actuel locataire de l’Élysée, son inféodation à l'Allemagne, sa mise sous tutelle par Mme Merkel, son inaptitude à penser la nation française, sa résignation à la relégation de la France, face à l'Allemagne.

    C'est cela, après les propos de Macron, qui devait être dit. Au nom de la lucidité. Au nom de la vision diachronique des rapports entre les peuples. Au nom de la vérité historique. Et si dire cela doit déplaire, eh bien nous déplairons.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Blasphémez leurs idoles, juste pour voir !

     

    Sur le vif - Mardi 11.06.19 - 13.54h

     

    Les gens qui passent leur temps à nous encenser le "contre-pouvoir" du dessin de presse, sont souvent les premiers à hurler contre un dessin qui, par aventure, n'irait pas dans leur sens. Saisir les instances morales compétentes. Rappeler qu'il existe tout de même des limites, mon bon Monsieur.

    Le liberté d'expression, c'est pour leurs idées, à eux, leur vision du monde. Esquissez donc un dessin, ou n'importe quel commentaire, en prenant une position opposée, ajoutez-y le sarcasme si loué par eux (tant qu'il est de leur côté), le sel de l'insolence, blasphémez leurs idoles, paraphrasez leurs liturgies, et vous les verrez contre vous, le yeux injectés, comme une meute.

     

    Pascal Décaillet