Sur le vif - Vendredi 30.12.22 - 16.06h
Il ne s'agit pas de regarder le temps qui passe. Nous ne sommes pas des pêcheurs à la ligne, en contemplation semi-éveillée devant le flux de l'onde.
Non. Nous sommes des yeux et des nerfs, des vaisseaux de sang, des viscères. Nous sommes des neurones en éveil. Nous sommes le sujet et l'objet, nous voulons le verbe, celui d'action, conjugué. Le verbe de mouvement. Pas le verbe d'état, aplatissant, inutile. Car le verbe est action, rien d'autre. Dans une phrase, enlevez tout, gardez le verbe.
J'invite chacun de vous à tenir son journal. Le génie du réseau social, celui sur lequel nous sommes, c'est d'ouvrir à tous cette possibilité d'une aventure. Rien que ça, et on renvoie dans leurs catacombes à jérémiades les éternels scrogneugneux qui passent du temps à vomir sur cette prodigieuse démocratisation de l'expression, sous prétexte des excès et des dérapages, hélas réels, qui s'y commettent.
Laissons geindre les universitaires, les journalistes qui se croient encore "indispensables à la démocratie" (quel culot !), les puissant défenseurs des "intermédiaires". Le réseau est là. Le réseau, c'est nous. Nous tous ! Il y a du bon et du mauvais, et alors, c'est la vie ! Que chacun de nous s'efforce de donner le meilleur, le réseau vivra, les geignards s'éclipseront en trottinant sous le sourire de la lune.
Tenir son journal. S'inscrire dans le temps, eh oui, l'étymologie du mot "chronique". A chacun, son regard. Chacun, sa vie. Chacun, ses regrets, ses amours perdues, sa nostalgie. Chacun, ses secrets. Chacun, ses buts de guerre. Chacun, ses armes. Chacun, sa solitude. Chacun, son émerveillement, face au jour qui baisse.
Pascal Décaillet