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Commentaires GHI - Page 205

  • La politique, ça s'apprend dès l'école !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.01.18

     

    En Suisse, c’est à partir de l’âge de 18 ans qu’on peut voter. Mais c’est bien en amont qu’il faut initier les jeunes à décortiquer le langage politique ! Comment imaginer, en 2018, dans un monde envahi par les messages, submergé d’invitations à voter pour X ou Y, que subitement, un jeune soit irradié, le jour de ses 18 ans, par les lumières de la compréhension politique ? Comment le serait-il, à moins d’un parcours personnel (ce qui est rare), si, dans les années précédentes, il n’a pas été initié à une lecture critique de ce que le monde politique pourra lui délivrer, toute sa vie, comme propagande ? Ce travail passionnant, aux confins de l’Histoire et de la linguistique, le seul acteur qui peut l’entreprendre à une grande échelle, de façon égalitaire, citoyenne, c’est l’école. Quelle école ? Mais celle de la République, l’école pour tous, celle qui est réputée nous donner des clefs pour nous aider à affronter la vie.

     

    Ce travail d’initiation, il faut qu’il soit vivant, plaisant, excitant. Il doit faire de l’élève un acteur, et non juste un récepteur à qui on inculquerait, comme à une oie gavée, les notions de base sur le Grand Conseil, le Conseil d’Etat, le National, les Etats, le Conseil fédéral, etc. Beaucoup d’enseignants le font déjà, avec des débats citoyens, comme dans les parlements de jeunes, sur des thèmes d’actualité. Les élèves y tiennent des rôles, prennent position, apprennent à argumenter en écoutant l’adversaire, ce qui est loin d’être si facile.

     

    Tout cela, c’est très bien. Mais il faut aller beaucoup plus loin : la parole médiatique, celle des journaux, des sites, des radios, des TV, doit être abordée de façon critique. Pour cela, il faut prendre le temps d’écouter des émissions, ou les visionner, démonter les mécanismes du langage, analyser le discours. Non pour condamner tel intervenant, mais simplement pour comprendre comment le langage, notamment l’oralité, fonctionne. Ces ateliers, qui existent déjà, doivent se multiplier : ça n’est pas un luxe, mais une absolue priorité pour former les citoyens de demain.

     

    Il se n’agit pas de « faire de la politique à l’école ». Mais de faire de l’école le lieu privilégié où l’on acquiert les outils de compréhension du langage politique. Le sens critique, ça s’apprend. Ça s’aiguise. Et cet apprentissage, mené par des profs enthousiastes et éveillés, dans des ateliers et surtout pas dans des cours, doit avoir les vertus d’une mise en appétit. Ces lieux de vie, autour du langage, où la parole se capte avec un micro, puis s’écoute à plusieurs, doivent mettre en jeu le rapport de chacun avec l’expression orale. Chacun doit y être respecté. La formation doit se faire dans l’esprit d’un humanisme révélateur des qualités individuelles. Il faut qu’on s’y engage, qu’on y mette du sien, qu’on s’y engueule un peu, qu’on y éclate parfois de rire. Comme dans la vie. Oui, je rêve que l’école consacre beaucoup plus de temps à former des citoyennes et des citoyens. Et pas seulement des consommateurs. Ou des clients.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • En être, ou ne pas être

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    Commentaire publié dans GHI - 17.01.18

     

    Il y a, dans le Forum de Davos, quelque chose de fascinant. Non qu’il existe, il en a bien sûr le droit. Non qu’il concentre, l’espace de quelques jours, une galaxie de pointures rappelant les plus étincelants bottiers de Milan. Non qu’il rayonne, depuis tant d’années, par une singulière légitimité auto-proclamée, dépassant de loin celle de toute réunion privée, ou mondaine, sur la planète. Rien de tout cela, non, non, non.

     

    Ce qui stupéfie, c’est l’empressement des politiques, au plus haut niveau de la Confédération, à vouloir à tout prix paraître dans ce cliquetis qui brille et virevolte. En être, ou ne pas être ! A cet égard, il était particulièrement choquant d’entendre, sur une onde publique, un confrère déclarer que notre Président, Alain Berset, allait tout faire pour obtenir un entretien avec Donald Trump.

     

    Choquant, parce que le Président des Etats-Unis a choisi de venir sur territoire suisse. A ce titre, c’est à lui, comme n’importe quel autre chef d’Etat, d’annoncer sa venue à M. Berset, et de solliciter un entretien, même de simple courtoisie, avec lui.

     

    Mais l’inverse, Alain Berset accourant vers Donald Trump au milieu des pingouins dans les cocktails, voilà qui confirme Davos comme un îlot entre ploutocrates, indifférents aux nations et aux convenances, agissant, partout sur la planète, comme bon leur semble. Parce qu’ils seraient au-dessus des lois. Nous, les Suisses, sommes citoyennes et citoyens d’un tout petit pays. Mais tous, nous tenons à son honneur, surtout face aux géants, dans le concert des nations.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Cyril Aellen, meilleur élu : amplement mérité !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.01.18

     

    Nous l’avons, ici même, il y a près de sept ans, repéré comme l’un des plus grands espoirs de la politique genevoise. Après avoir été, fort jeune, le dernier président du parti libéral genevois, il a traversé le désert, nous l’avons soutenu. Et puis, à la fin de la précédente législature, il a accédé au Grand Conseil. Immédiatement, il y a montré des qualités reconnues par tous, ceux de son bord comme ses adversaires : intelligence, clairvoyance, lisibilité. Sur le fond, un libéral plutôt dur. Sur la forme, un immense respect dans le dialogue, une écoute des arguments adverses, ne serait-ce que pour mieux les démonter. Bref, Cyril Aellen est le meilleur. Ce que nous affirmons, dans ces colonnes, depuis des années, ce sont maintenant ses pairs qui l’établissent : le député PLR, spécialiste notamment des Finances, est élu, par les siens, meilleur député de la législature 2013-2018, dans un classement annoncé lundi 15 janvier par la Tribune de Genève.

     

    J’ai la chance de bien connaître Cyril Aellen. L’homme impressionne par son côté direct, franc et loyal, soutenu par la rectitude du regard, la clarté du verbe. Dans l’exercice de l’interview, la réponse est courte, charpentée sur l’essentiel, sans langue de bois, ni fioritures. Cela signifie que notre homme croit à la valeur intrinsèque de l’argument, parie sur l’intelligence du récepteur, sans chercher à l’entourlouper dans d’inutiles circonvolutions. A cet égard, il rappelle un autre député PLR, le philosophe Jean Romain, sans doute aussi un certain Pascal Couchepin, lui-même disciple de Mendès France. Cette mise en valeur, sobre et simple, de la démonstration, constitue un atout majeur de la méthode Aellen. Jamais la moindre attaque personnelle. Jamais d’écart. Juste la précision ciselée du propos.

     

    Cyril Aellen est, profondément, un libéral. Au sens de la responsabilité individuelle. Cela m’a maintes fois amené, dans des discussions passionnantes avec lui, à l’affronter sur le rôle de l’Etat (capital à mes yeux, moindre aux siens), l’étendue de ce qui doit être régulé. Sur ce point, oui, nous divergeons. Mais quel plaisir, toujours, de confronter ses arguments aux siens, dans une recherche commune de l’intérêt public. Car cet avocat, à cet égard entrepreneur, ne saurait en aucune manière réduire la réussite humaine à l’aventure individuelle : il croit en la politique, en sa capacité de changer les choses. Nous sommes, avec lui, à des années-lumière du capitalisme de casino, avec ses boursicoteurs allumés comme des cigales par le cours de l’action. Dans le rapport de Cyril Aellen à la responsabilité individuelle, il y a toute la profondeur d’une origine rurale, on oserait presque dire « agrarienne ». Il y a, aussi, les lumières de l’héritage protestant. Bref, voilà un homme sur qui Genève peut compter. Sa première place, comme la deuxième de Jocelyne Haller et la troisième de Sophie Forster Carbonnier, est totalement méritée. Il est bon, parfois en politique, de parler aussi de ce qui se porte bien. En l’espèce, l’excellence, au service du bien commun.

     

    Pascal Décaillet