Sur le vif - Lundi 09.03.26 - 16.02h
"Violation du droit international" : bravo, M. Pfister ! On aimerait cette clarté, ce courage, chez votre homologue M. Cassis.
Hélas, trop occupé à ne vexer ni ses amis d'Israël ni ceux des Etats-Unis, auteurs complices de cette pure et simple guerre d'agression, le ministre suisse des Affaires étrangères rase les murs.
Face au silence de M. Cassis, les mots du ministre suisse de la Défense font du bien.
Et les parlementaires ? Silence radio ! Ils entament aujourd'hui leur deuxième semaine de session, poursuivent l'ordre du jour le plus routinier, comme si de rien n'était. Le Proche et le Moyen-Orient s'embrasent, nos Chambres fédérales ferment les yeux. Nos élus ne veulent ni voir, ni entendre, ni savoir. L'impératif de méconnaissance règne sous la molasse fédérale.
Une fois de plus, le Parlement suisse brille par l'obsession de ressembler à une horloge mécanique. Ou une boîte à musique. Perfection des rouages. Au service du peuple suisse ? Non, juste au service de la machine elle-même ! Éternellement recommencée, comme chez Tinguely.
En ces heures graves pour une région du monde qui nous est si chère, qui nous est matricielle, la Suisse a besoin de voix discordantes. De salutaires emmerdeurs, comme purent l'être un Jean Ziegler, ou un Franz Weber.
Plus que jamais, la petite musique suisse a besoin de discordances. Pas seulement des dièses, ni des bémols. Mais, dans la composition elle-même, l'audace de déplaire.
Rompre avec l'unisson de la convenance atlantiste n'est pas un luxe. Pour ceux qui, par la plume, par la voix ou par les lumières de la connaissance, en ont l'étoffe, c'est un devoir.
Pascal Décaillet