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Grasset : la tragi-comédie des postures

 
 
Sur le vif - Vendredi 17.04.26 - 17.54h
 
 
 
Je suis le premier à fuir les galaxies bolloréennes. Mais désolé, ce cirque "d'écrivains", ces postures "d'auteurs", ces pétitions, il y a, dans ce ballet des égos, comme un éblouissant miroir des dérisions humaines.
 
Par exemple, cette tradition, si germanopratine, des signatures. Comme si le paraphe d'un "écrivain", ou d'un "auteur", valait davantage que celui d'un luthier, ou d'un plombier, ou d'un bûcheron. Cet art, si parisien, de se prendre pour Voltaire face au Régent, face aux lettres de cachet, face à la possibilité frémissante d'une Bastille, il y a là toute la vanité d'une posture.
 
Sont-ils tous "écrivains", ceux qui s'en réclament ? Combien d'entre eux, une fois pesés leur écriture, leur style, leur labour dans l'ordre des mots, ne relèvent-ils pas davantage de la posture, celle des salons, que de l'accomplissement du verbe, dans l'aride solitude du pupitre ?
 
Il faudra quand même, un jour, faire la part de ce "statut d'écrivain", si souvent autoproclamé, dans le biotope si faunesque de la Rive Gauche parisienne. Je ne soutiens pas M. Bolloré. Je crois très volontiers que l'éditeur congédié était, à en juger par l'affection et le respect que tous lui témoignent, un homme de très grande valeur.
 
Tout cela, oui. Mais cette tragi-comédie des postures. Du Proche-Orient à l'Ukraine, du Soudan aux délocalisations, des usines qui ferment, et licencient par charrettes, au chômage des jeunes, et à la solitude de tant de nos aînés, je me dis qu'il existe, peut-être, des causes plus revigorantes à empoigner.
 
J'ajoute une chose : il m'arrive parfois, moi aussi, de lire un livre.
 
 
Pascal Décaillet

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