Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.05.26
Qui osera, enfin, tordre le cou à cette insupportable idéologie des « start-up », dont on nous bassine depuis un quart de siècle ? Car enfin, j’en sais quelque chose, on peut parfaitement fonder son entreprise dans la discrétion, sans jouer dans la cour des snobinards en lui balançant un titre en anglais, sans clamer à la cantonade qu’on va « révolutionner le monde du travail ». Et surtout, sans commencer, avant même de s’être retroussé la moindre manche, par emprunter des sommes mirobolantes, sous prétexte, culot suprême, d’avoir « l’indispensable coussin de départ pour se lancer ».
Toute cette idéologie des « start-up », que j’ai condamnée dès le départ il y a 25 ans, n’est qu’un enfant perdu de la dérive ultra-libérale née de la chute du Mur. Cette folie anglo-saxonne, californienne notamment, consistant à vomir l’Etat, promouvoir la seule réussite individuelle, promettre aux jeunes un enrichissement facile. Du vent ! De la vomissure verbale ! Du détournement de sens !
On les a vus, ces prétentieux, hélas Grosjean comme devant, deux ou trois ans après avoir lancé leur « start-up », mettant la clef sous le paillasson, déléguant à l’Etat, donc aux contribuables, le coût social de leurs errances. A l’opposé, respectons, encourageons les petits entrepreneurs, artisans, discrets et bosseurs. Ce sont eux, le vrai trésor de la Suisse, le vrai secret de sa réussite.
Pascal Décaillet