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"Remodelage" du Proche-Orient, saloperie d'euphémisme

 
 
Sur le vif - Dimanche 08.03.26 - 15.21h
 
 
 
Je me suis rendu maintes fois au Proche-Orient. A chaque voyage, quel que soit le pays, toujours cette émotion, si intense, l'ombilic du monde. Les parfums, les mêmes que j'ai toujours respirés en Afrique du Nord, en Turquie, et même déjà en Andalousie. Les musiques. Les marchés. La splendeur des monuments, Mosquées, Synagogues, Eglises. Apogée de ce croisement vertigineux de civilisations : la Vieille Ville de Jérusalem. Ces ruelles étroites, si denses, qui semblent porter le poids du monde.
 
J'ai eu la chance immense de découvrir en famille le Liban, ainsi que la Syrie, très tôt dans ma vie, à l'été 1966. J'avais huit ans. Saisissant souvenir, qui revient dans mes rêves. Beyrouth, Baalbeck, Damas, Mosquée des Omeyyades, fascination totale. Mais hélas, le Liban, je n'y suis jamais retourné. J'espère le revoir un jour.
 
Le Liban. Fabuleux pays, croisement de civilisations, mélange d'ethnies, de religions. Mais aussi, des décennies de souffrances. Pays complexe, carrefour des ambitions coloniales des Britanniques et des Français, reliques d'Empire Ottoman, ruines de Rome, de Phénicie, marché à ciel ouvert.
 
En ce dimanche où j'écris ces lignes, le Liban, une nouvelle fois, vit un calvaire. L'intervention israélienne ne combat pas seulement le Hezbollah : elle détruit, elle tue, elle sème la désolation. Et surtout, elle provoque un déplacement de populations tout simplement hallucinant. Le deuxième en deux ans, depuis Gaza.
 
Comme si c'était hier, je me souviens de "Paix en Galilée", le nom cynique qu'Israël avait donné à l'entrée des chars d'Ariel Sharon au Sud du Liban, en 1982. On sait ce qui s'est passé là-bas, dans les camps palestiniens. On sait les conditions qui avaient permis ce massacre, quels qu'en fussent les responsables.
 
44 ans plus tard, quatre décennies de souffrances récurrentes, revoilà les troupes d'Israël semant la mort au Liban. Des masses infinies de populations déplacées. Israël, aujourd'hui comme naguère, entre au Liban, s'y promène, y règle sans comptes, sans le moindre souci des conséquences pour le peuple libanais, sans le moindre mandat international, sans le moindre accord de l'ONU. Israël marche sur le Liban, à sa guise, comme sur un paillasson.
 
Et chez nous ? D'ineffables commentateurs, la Cinquième Colonne d'Israël, non contents de se réjouir de l'agression américano-israélienne sur l'Iran, applaudissent aux ravages d'Israël dans le Sud du Liban. Ils ont l'immense culot, ces suppôts des puissants, d'utiliser cette saloperie d'euphémisme, "le remodelage du Proche-Orient".
 
Pour eux, comme pour Darius et ses généraux, comme pour les archanges du bolloréisme, la guerre est un jeu vidéo. Avec ses termes imposés : "remodelage", "opérations préventives", "cibles traitées", "terroristes neutralisés". Tout cela, toute la reprise servile de ce charabia, est à vomir.
 
Le Liban de mon enfance me revient dans les rêves. Je veux encore y croire. On ne "remodèle" pas ses rêves d'enfants. On vit avec eux, jusqu'à la mort.
 
 
Pascal Décaillet

Commentaires

  • Entendu ce soir sur LCI, M. Luc Ferry parler du Droit International de façon extrêmement cynique, à nous donner la nausée. Selon lui, le Droit International n'existe que pour les pays démocratiques. Mais qui sont donc ces pseudo pays démocratiques selon M. Luc Ferry ? Il nous a énuméré une liste des pays qu'il considère comme non démocratiques, la Russie, l'Iran, la Chine etc... Toutefois, il a omis de mentionner tous ces pays que nous respections et qui ont totalement tourné le dos à la démocratie. Je plains nos voisins français qui n'entendent qu'un seul récit de l'histoire dramatique qui se déroule devant nos yeux. C'est pourquoi, je pense quel les réseaux sociaux ont toute leur légitimité ainsi que les journaux en ligne et les blogs comme le vôtre M. Décaillet.

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