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  • Léonard Gianadda : un seul mot, merci !

     
    Sur le vif - Dimanche 03.12.23 - 16.33h
     
    Des couleurs, plein les yeux, depuis quarante ans. Ou le noir de Soulages. Les plus beaux tableaux du monde, pour tous. La culture, au service de la population.
     
    Des millions de visiteurs. On visite l'expo, on va toujours jeter un oeil aux voitures de collection, tout en bas. Un café, dans un jardin unique, d'un charme fou. Et puis, on remonte au chalet.
     
    Le travail accompli, pendant toutes ces décennies, par Léonard Gianadda, est simplement titanesque. De Martigny, il a fait une ville de référence dans le monde de la peinture. Chaque année un thème, autour d'un artiste, d'un mouvement. Chaque année, un événement.
     
    Les hommages vont pleuvoir, justifiés. On parlera d'un géant. Rarement un homme aura fait autant pour sa ville. Pour la culture au service du peuple. Pour faire connaître à tous les grandes oeuvres. Et cela, dans la Cité aux huit Portes. Dans ce carrefour alpin, plusieurs fois millénaire. Les Romains ne s'y étaient pas trompés. Il y avait, dans cet ombilic entre Rhône, Dranse, plaine et montagne, un lieu de haute civilisation à établir.
     
    Les Romains l'ont créé, ce lieu. Léonard Gianadda l'a sublimé.
     
    Un seul mot : merci.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Maria Callas : la vie, oui la vie

     
    Sur le vif - Samedi 02.12.23 - 17.09h
     
     
    Pourquoi Maria Callas nous parle ? Pourquoi nous touche-t-elle, au point de remuer nos propres viscères, nos mémoires, nos nostalgies ? Pourquoi elle, plus qu'une autre ? Pourquoi elle, plus que l'exceptionnelle Renata Tebaldi ? Pourquoi Callas, plus qu'une bonne vingtaine de cantatrices inoubliables, ces cent dernières années ? Pourquoi Callas, plus que l'incroyable Sabine Devieilhe, aujourd'hui ?
     
    Pourquoi Callas, pourquoi ce mythe ? Ce chant venu si tôt, dans son enfance, pour la tirer d'un roman familial complexe. Ce travail acharné, dès le plus jeune âge, sur la voix, le souffle, la dramaturgie, l'expression. Cette mémoire musicale hors-normes, elle entend un extrait d'opéra, sur un disque, elle le reprend immédiatement, de tête, tout est gravé.
     
    Il faut juger la musique sur le son, pas sur le visuel. Il faut donc entrer dans Callas par le disque. La voix du siècle ? On se dispute depuis toujours sur la question, on nous avance avec raison tel fragment de Tebaldi, Birgit Nilsson, et plein d'autres, sublimes. On ajoute que la différence, chez Callas, réside dans la puissance d'interprétation, l'identification.
     
    Laissons le visuel. Laissons la star. Déplorons la totale vacuité des questions dans la plupart de ses interviews, presque toutes à côté de l'essentiel : pourquoi la voix, pourquoi le chant, pourquoi le sacrifice de toute une vie à un art qui dévore, comme Médée tue ses enfants ? Pourquoi le rôle ? Pourquoi se prendre pour une autre, le cri d'une autre, l'extase d'une autre, l'agonie d'une autre, la vie et la mort d'une autre ? Pourquoi s'arracher à elle-même, sa vie déjà n'était pas simple, elle aurait pu s'occuper d'elle, non ?
     
    Elle ne s'est pas occupée d'elle-même. Elle a fui sa propre vie, elle s'est extirpée à la banalité, elle a incarné, incorporé, transformé l'intérieur d'un corps dont elle a tant exigé, être la meilleure, la plus précise, la plus juste, la plus émouvante. Elle a tyrannisé sa propre existence pour parvenir à ce degré de perfection. Inhumaine envers elle-même, pour porter un rôle à son sommet d'humanité.
     
    Elle fut la star du siècle, mais cela n'importe pas. D'abord, elle ne fut pas, elle est. Elle n'est pas morte, ce jour de septembre 1977. Elle vit. Star, non pour ses robes, ses bijoux, l'éclat de ses apparats. Non, star, parce qu'elle nous illumine, chacun de nous, dans les recoins les plus sombres, les plus glacés, de nos propres existences. Elle nous transcende, par sa voix. Par le travail de tout son corps. Par la lente, la méticuleuse, la jouissive montée en puissance vers la note la plus folle. Peut-être pas la plus aiguë, qu'importent les degrés. Non, la note à laquelle seul peut succéder le silence. La mort. Donc, la vie. Ailleurs, ou peut-être ici même. Mais enfin, la vie.
     
    La vie, oui. La vie.
     
    Pascal Décaillet
     

  • Conseil fédéral : les deux maillons faibles doivent partir

     
    Sur le vif - Vendredi 01.12.23 - 09.01h
     
     
    A part, peut-être, Mme Keller-Sutter et M. Rösti, c'est un changement complet du Conseil fédéral qu'il faudrait, le 13 décembre prochain.
     
    Passons sur Mme Amherd, qui laisse l'OTAN mettre la main sur les cadres de son Département.
     
    Passons sur M. Parmelin. Oui vraiment, passons.
     
    Restent les deux qui doivent absolument partir : Mme Baume-Schneider, nulle dans la gestion de l'asile, et M. Cassis, le plus catastrophique ministre des Affaires étrangères depuis la guerre.
     
    Je tire la sonnette d'alarme depuis des mois. M. Cassis est sûrement un homme intelligent, cultivé, aimable. Mais il n'est pas à sa place pour diriger la diplomatie suisse. Il doit, tout au moins, changer de Département.
     
    Dans l'affaire ukrainienne, il a bradé la neutralité suisse, en se jetant avec une obédience inimaginable dans toutes les "sanctions" possibles et imaginables contre la Russie, dictées par l'Oncle Sam. Il a donc grillé toutes les chances de notre pays d'être un lieu de négociations pour la paix. Ce qui est notre mission, notre honneur, notre vocation.
     
    Dans l'affaire du Proche-Orient, ses sympathies pour l'un des camps, depuis des années, donc bien avant le 7 octobre 2023, pulvérisent, là aussi, toutes les chances de la Suisse de devenir un jour un hôte de négociations. La Suisse est une amie d'Israël, et c'est tant mieux, mais elle doit, tout autant, avoir une politique arabe, connaître ce monde complexe, passionnant. M. Cassis ne s'intéresse pas au monde arabe. Ni aux racines historiques de la cause palestinienne. Il est atlantiste, pro-Israël, Punkt Schluss.
     
    Hélas, le 13 décembre, le nouveau Parlement reconduira les actuels conseillers fédéraux. Les nouveaux parlementaires viennent d'arriver, peuvent se permettre un coup de sac, ils en ont même le devoir. Mais ils ne le feront pas. Parce que le pouvoir appartient aux partis. Notamment aux ineffables, et beaucoup trop puissants, "groupes" aux Chambres fédérales. Ce sont eux, leurs machineries, qui font et défont les rois. J'en ai vécues, des "Nuits des longs couteaux", la veille de l'élection, sur place, jusqu'au milieu de la nuit. Je la connais, la musique. Je sais comment les choses se passent.
     
    Heureux pays, au fond. Il accorde si peu d'importance à ses gouvernants qu'il les maintient en place, quel que soit le mérite de chacun, sa valeur, sa vertu, au sens latin, pas victorien.
     
    Pour la gestion des tempêtes, on garde l'équipage des beaux jours. Pour les routes glacées, on conserve les pneus d'été.
     
     
    Pascal Décaillet