Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.26
La votation du 14 juin sur la Suisse à dix millions est l’une des plus importantes de ces dernières années. Elle n’est absolument pas un scrutin contre les étrangers, mais elle veut enfin introduire la régulation drastique des flux migratoires décidée par le peuple et les cantons, le 9 février 2014. Si cette décision du souverain ultime de notre pays, il y a douze ans, avait été mise en application par le Parlement et les corps intermédiaires, comme ils en avaient le devoir, cette nouvelle initiative n’aurait pas été nécessaire. Il y a eu, clairement, trahison des clercs, trahison des élites, trahison de la « démocratie représentative », comme elle aime se désigner elle-même, non sans arrogance de classe. Et, face à ce coup de poignard, il y a eu réaction d’une partie du peuple suisse. Alors oui, la Suisse à dix millions, c’est la revanche du 9 février 2014. La revanche, non des perdants, mais CELLE DES GAGNANTS !
« Démocratie représentative » : mais qui « représentent-ils », ces emmurés de la molasse bernoise, à se pavaner en costard sous les lambris du Palais fédéral, lorsqu’ils refusent d’appliquer une décision souveraine du peuple et des cantons ? Par ce déni, ils ne « représentent » plus le peuple ! La droite libérale, qui porte une responsabilité écrasante dans ce refus de mise en application, apparaît dans cette affaire comme le syndicat des valets du grand patronat, celui-là même qui profite des flux migratoires créés par la libre-circulation, pratique la sous-enchère, empoche les dividendes de la croissance, en oubliant de les redistribuer aux travailleurs.
La gauche, quant à elle, toute à son carcan idéologique, à sa haine de l’UDC, à son rejet systématique de toute idée avancée par ce parti, ne « représente » plus qu’elle-même. Le peuple, elle l’a oublié. Les souffrances des ouvriers suisses, fragilisés pas la submersion migratoire, elle ne les écoute pas. Ce comportement, cette alliance totalement malsaine avec les forces ultra-libérales qui gangrènent notre cohésion sociale, la gauche suisse devra un jour les payer. Les flux migratoires, elle les laisse déferler, toute heureuse d’engager de nouveaux cotisants dans les syndicats, qui engraisseront ainsi leur propre machine, le serpent se mord la queue.
Le 14 juin, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays se prononcera individuellement, en conscience, comme il doit d’ailleurs le faire lors de chaque vote. Nul, je dis bien nul, ne doit lui dicter son choix. Les partis donnent leur point de vue, très bien, mais nul citoyen ne doit écouter d’autre guide que sa petite voix intérieure, celle de son intime conviction. Une moitié, je pense, de la Suisse, votera OUI, l’autre votera NON. Reste à savoir en faveur de qui se jouera la bascule. Pour ma part, je ne fais jamais procès à personne de son vote. D’ici là, parlons du fond. Et pensons, très fort, aux intérêts supérieurs de notre pays. C’est le seul, l’unique enjeu, au moment de la décision suprême, qui doit guider chacun de nous.
Pascal Décaillet