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Ah, la belle campagne !

 
 
Sur le vif - Mardi 19.05.26 - 07.46h
 
 
La Suisse à dix millions : surréaliste conflit de classe, où le nanti nargue le démuni, l’actionnaire méprise le travailleur suisse, le profiteur de la croissance vilipende l’oublié de la prospérité, la caste parlementaire laisse tomber le peuple, la gauche s’allie au patronat ultra-libéral, les sommes colossales jetées dans la campagne par les opposants déversent sur le pays le venin sanctifié de la propagande.
 
Ah, la belle campagne ! Brechtienne à souhait, avec le patron à cigare qui tente d’embobiner le prolo en bleu de travail, en contorsionnant le sens des mots. Ou digne d’Ibsen, l’Ennemi du peuple, avec un singulier coryphée qui ne cesse de réclamer sa foule de la « majorité qualifiée ».
 
Brecht ? Ibsen ? Non, Shakespeare ! Jules César. Le discours de Marc-Antoine, sommet du retournement du sens, où l’orateur, tout en disant le plus grand bien de Brutus et Cassius, les désigne à la vindicte montante de la plèbe comme assassins de César.
 
Décrypter la politique, c’est aussi se passionner pour les mots, les figures du discours, l’art d’habiter le mensonge, avec des oripeaux de vérité.
 
Le peuple, le 14 juin, jugera.
 
 
Pascal Décaillet
 

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