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Liberté - Page 749

  • Laissons l'écume vivre sa vie d'écume

     

    Sur le vif - Mardi 05.02.19 - 14.40h

     

    De même que le propos prime sur l'apparence, l'énergie du verbe sur l'artifice de l'adjectif, l'analyse politique doit considérer en priorité les mouvements lourds, les tendances de fond. Elle ne doit s'attarder ni sur les personnes, ni sur l'anecdote, ni sur le futile.

     

    Ainsi, les mois perdus à pérorer sur un seul conseiller d'Etat, pour l'attaquer ou pour le défendre, apparaissent comme particulièrement vains face à des dossiers comme l'avenir de la retraite des fonctionnaires (CPEG) ou la réforme de l'imposition des entreprises (RFFA).

     

    Les médiateurs survivront, pour peu qu'ils soient capables de faire survivre le sens. Et non de provoquer l'évaporation de ce dernier par l'omniprésence de l'anecdote.

     

    Privilégions à fond les thèmes sur les personnes. Traitons les sujets qui concernent en profondeur les gens. Laissons l'écume vivre sa vie d'écume. Quelque part, dans les horizons perdus de la surface.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Laissons les obscurs obscurcir les ténèbres !

     

    Sur le vif - Mardi 05.02.19 - 10.13h

     

    Un référendum contre une initiative, c'était, jusqu'ici, impossible dans le système suisse. Maintenant, c'est possible, lorsqu'il s'agit d'une initiative législative, devenant loi si le Grand Conseil l'accepte. On peut attaquer toute loi par référendum.

     

    Voilà donc, à Genève, la droite qui attaque par référendum l'initiative législative de la gauche "Sauvegarder les rentes en créant des logements", acceptée la semaine dernière par le Grand Conseil. Donc devenue loi. Donc, attaquable par référendum.

     

    Tout cela, alors que nous votons déjà le 19 mai sur deux projets contradictoires concernant l'avenir de la retraite des fonctionnaires (CPEG), avec petite croix subsidiaire pour les départager ! Avec, en plus, une votation complexe sur la réforme de l'imposition des entreprises (RFFA), volet cantonal et volet fédéral.

     

    La classe politique genevoise, à commencer par le Grand Conseil, est devenue une machine à sécréter de la complexité. Ce qu'elle n'arrive pas à trouver comme issue dans l'enceinte du Parlement, elle le reporte sur le peuple. Tel quel, comme une patate chaude.

     

    L'une de mes passions professionnelles est d'expliquer et de simplifier, infatigablement, pour le grand public, la complexité souvent fumeuse de la mécanique parlementaire. Mais là, avec cette utilisation du référendum à seules fins de compensation vengeresse par les partis, l'usine à gaz devient honteuse.

     

    La politique, ça doit être la clarté. Dieu sait si je suis un partisan acharné de la démocratie directe, mais là, avec le petit jeu pervers des partis, nous sommes dans le dévoiement le plus total du système.

     

    Si vraiment tous les sujets du Parlement doivent revenir, tels quels, au peuple, parce que les partis jouent à la démocratie directe comme au ping pong, alors laissons tomber l'échelon parlementaire. Et laissons le peuple faire la politique, d'un bout à l'autre, comme dans les initiatives. Et laissons les obscurs obscurcir les ténèbres.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Le wagon de Rethondes, avec le son !

     

    Sur le vif - Dimanche 03.02.19 - 15.01h

     

    Exceptionnel, pour ceux qui se passionnent pour la guerre franco-allemande de mai-juin 40 : des extraits sonores (totalement inédits) des conversations entre plénipotentiaires français et allemands lors de la signature de l'Armistice, le 22 juin 1940 (après six semaines de guerre-éclair, et la plus grande défaite de l'Histoire de France), seront diffusés ce soir, 22.40h, sur France 5.

     

    Le wagon de Rethondes : tout le monde connaît les images. Mais personne, jusqu'ici, n'a entendu le moindre enregistrement sonore des paroles échangées entre Allemands vainqueurs et Français vaincus.

     

    Les événements militaires entre le 10 mai et le 22 juin 1940, appelés "Blitzkrieg", sont l'une des périodes de l'Histoire qui m'ont le plus passionné. J'ai eu l'occasion, au fil des décennies, de les étudier jour après jour, pour certains moments (le passage de la Meuse par Rommel) heure par heure.

     

    Une chose est certaine : la France, après s'être (contrairement aux idées répandues) battue courageusement, a perdu cette guerre. Elle avait face à elle une intention stratégique de génie, une mise en application exceptionnelle, que pouvait-elle faire face à cette armée-là ? La France ne s'est jamais remise de cette défaite. Ni la Libération, en 1944, ni la participation à la victoire contre l'Allemagne, les derniers mois (septembre 1944 à mai 1945) ne pourront effacer l'ampleur apocalyptique, parce que morale avant d'être militaire, de la défaite de juin 40.

     

    Sur les dizaines de livres que j'ai lus sur le sujet, s'il ne devait en rester qu'un à vous recommander, ce serait "L'étrange défaite", de l'historien Marc Bloch, lui-même commandant pendant ces six semaines. Résistant, il sera fusillé le 16 juin 1944. Un homme d'exception. Une conscience, au milieu des ténèbres.

     

    Pascal Décaillet