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Liberté - Page 435

  • Sociétards totalement décalés !

     
    Sur le vif - Mardi 13.10.20 - 16.00h
     
     
    Les députés qui inondent le Parlement de sujets "de société", liés notamment au sexe, au genre, ou encore au mode vestimentaire, alors que Genève est devant la pire crise économique depuis la guerre, portent une lourde responsabilité face à l'Histoire.
     
    Leur décalage total, par rapport aux VRAIES SOUFFRANCES de la population, ruine non seulement leur crédit à eux, mais aussi celui du législatif dans son ensemble, comme institution de la République. Plus globalement encore, celui des élus, face au peuple.
     
    S'il faut un cabinet de guerre pour redresser l'économie du Canton (je plaide dans ce sens dans GHI, à paraître demain), on espère aussi un Parlement de guerre, responsable et sélectif dans la hiérarchie de ses priorités.
     
     
    Pascal Décaillet
     

  • Les oiseaux plumés du refrain

     
    Sur le vif - Mardi 13.10.20 - 13.33h
     
     
    Liés au genre, au sexe, aux habitudes domestiques, les sujets dits "de société" envahissent nos médias.
     
    Ils envahissent nos médias. Mais c'est tout. Ou presque. Ils occupent la bulle. Le microcosme. Le petit monde de journalistes portés sur ces thèmes-là. Les chercheurs - et chercheuses - en sciences sociales, dont on attend avec impatience qu'ils nous trouvent un jour quelque chose. Les esprits de peu de résistance intellectuelle et spirituelle, portés sur les effets de mode, le bavardage social, le babil sur tout ce qui est nouveau.
     
    Et puis ?
     
    Et puis, l'armada des suiveurs. Ceux qui jamais ne sont en amont, toujours vers l'aval. Ils imitent, reprennent les mots, les postures, les tonalités. Ils recrachent l'innommable jargon des sciences sociales : il faut "déconstruire les stéréotypes", aiment-ils à répéter, oiseaux plumés du refrain.
     
    Les "sujets de société" végètent leur vie dans le trouble de ces eaux-là. Mais guère au-delà, voire pas du tout.
     
    Dès que vous fréquentez un autre univers que celui des bobos urbains, vous constatez que la dimension sociétâââle de l'existence ne les concerne que d'assez loin. Ils pensent d'abord à survivre. Se nourrir. Se loger. Éduquer leurs enfants. Demeurer dignes dans leurs boulots. Ne pas tout donner à l'Etat, ni aux caisses maladie, avant même d'avoir dépensé pour l'essentiel de leur dignité.
     
    Vous constaterez aussi que la préoccupation spirituelle - mettez sous ce mot l'adhésion que vous voulez - habite souvent beaucoup plus l'homme ou la femme de la rue que le rationaliste sociétâââl, tout heureux d'avoir appris le mot "laïcité" et nous le servir à toutes les sauces, ne le prétend. Je ne parle pas ici de foi, ni d'une quelconque religion en particulier. Je dis que la nostalgie d'une transcendance, ou d'une verticalité qui nous ancrerait dans un ordre où l'esprit serait roi, est plus répandue que ce qu'on imagine. Et souvent chez les gens qu'on appelle les plus simples.
     
    Seulement voilà. La mode est au sociétâââl. Si, en vous levant le matin, vous n'avez pas "déconstruit le stéréotype" de vos rêves de la nuit, alors vous n'oserez picorer les primes petites graines de la journée naissante.
     
    La mode, oui. Mais seulement la mode. Soit peu de gens, juste ceux du microcosme. Médias. Chercheurs - et chercheuses - en sciences sociales. Oiseaux plumés de l'éternel refrain. Faune du microcosme, dans l'extase de la bulle.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

  • Jouir de la domination

     
    Sur le vif - Mardi 13.10.20 - 08.02h
     
     
    Ce qui m'intéresse, ça n'est pas l'épidémiologie, mais la politique.
     
    Je n'ai, pour ma part, depuis les premiers jours de la crise, jamais parlé épidémiologie, pour la simple raison que je n'y connais rien.
     
    Ces histoires de "nombre de cas", ces chiffres quotidiens qu'on nous balance depuis huit mois, ne me parlent pas. Je ne suis pas médecin, encore moins épidémiologiste.
     
    En revanche, la politique me passionne. Depuis l'enfance, je la connais, je la comprends. Je m'intéresse à son langage, son système de communication. De manipulation, aussi.
     
    Depuis février donc, je ne vous parle jamais médecine, mais politique.
     
    Et là, que voyons-nous ? La chienlit. Qu'entendons-nous ? 26 cacophonies. Que constatons-nous ? Le fédéralisme, vertu cardinale de notre pays, dévoyé par la floraison maligne de petits chefs locaux.
     
    Que découvrons-nous ? L'immanente noirceur du pouvoir. Tout pouvoir, d'où qu'il vienne. Le pouvoir, qui corrompt les âmes.
     
    Le peuple suisse découvre, par exemple, que le monde des blouses blanches est touché, comme les autres, par la noirceur de la domination. Celui qui sait. Celui qui détient l'expertise. Celui qui porte la vérité. Celui qui use de sa compétence comme levier de pouvoir sur les humains.
     
    Les politiques ne sont pas en reste. La cacophonie discrédite la parole de l'autorité. Elle ruine le crédit des élus, des corps intermédiaires. Elle pulvérise la confiance. Elle attaque en cela l'essence même du Pacte républicain.
     
    Nous en sommes là. L'Histoire de cette crise n'est pas celle, particulièrement rasoir, des communiqués quotidiens sur les "nombres de cas".
     
    Non. Elle est celle de la désagrégation d'une confiance. Parce que de nombreuses personnes, blouses blanches ou costumes noirs, ont abusé, par jouissance de la domination, de leur petite parcelle de pouvoir.
     
     
    Pascal Décaillet