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Liberté - Page 1085

  • Mondial : la machine à fric

     

    Commentaire publié dans le GHI - Mercredi 04.06.14


     
    Que le football soit un sport magique, je n’en disconviens pas. Comme trois ou quatre milliards d’individus sur la planète, je serai d’ailleurs sûrement devant mon écran, en tout cas à partir des huitièmes ou des quarts de finale. A partir de là, je suis comme les autres : je participe au système. Chacun est libre. Ne rien regarder. Ne visionner qu’un peu. Ou tout voir, pendant un mois. Chacun est libre, et aucun d’entre nous n’a à juger le degré de consommation footballistique de son voisin.


     
    Mais au Brésil plus qu’ailleurs, la pompe à fric est devenue insupportable. Sepp Blatter a beau promettre que dès le coup d’envoi du premier match, toutes les critiques iront s’évaporant dans le miracle de la fête, c’est évidemment faux. Combien de résidents chassés ? Combien de familles expulsées, pour faire propre ? Combien de damnés, évacués, invisibles, pour la création de ce paradis mondial qui s’offrira à nos yeux ?


     
    Au Brésil, tous ces stades, immenses, qui va les payer ? Avec quel argent ? La fête, si belle soit-elle, combien de dettes laissera-t-elle derrière elle ? A combien de générations ? Et puis, la fois suivante, au Qatar, si Qatar il y a, les souffrances de ceux qui les construisent, les stades, qui les dira ? Partout dans le monde, l’argent du football, à qui profite-t-il ? A l’ensemble des communautés citoyennes, ou juste à quelques-uns ? Fallait-il à ce point livrer le destin de ce si beau sport à une telle tyrannie de l’argent ?


     
    Pascal Décaillet
     
     

  • Demain, j'enlève le short

     

    Publié dans GHI - Mercredi 28.05.14

     

    Si vous croisez un bonhomme en short, ces temps à Genève, soyez sur vos gardes : c’est sans doute un inspecteur de police. Les gendarmes, eux, pour faire valoir leurs revendications syndicales, se baladent en civil. Alors les inspecteurs, qui eux sont déjà par nature en civil, ont ôté le pantalon. Donc, si un individu en short vient vous demander un renseignement avec un accent anglais, méfiez-vous : c’est peut-être un touriste, et puis peut-être pas. Dans le doute, le mieux est de s’abstenir de tout contact, toute conversation, et même du moindre échange de regards avec toute personne arborant un short, et cela jusqu’à nouvel ordre. Le risque de piège est immense. Et si, par hasard, le mouvement syndical devait, comment dirais-je, se durcir, et le short choir, alors fuyez les parcs publics. D’urgence.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Surtout, ne souriez pas !

     

    Coup de Griffe - Lausanne Cités - Mercredi 28.05.14
     
     
    En Suisse romande, il devient plus difficile d’entrer dans un photomaton qu’à un chameau, de passer par le chas de l’aiguille. Vous voulez renouveler un document officiel, comme votre demi-tarif CFF, votre carte de bus, celle d’identité, ou votre permis de conduire ? On vous dit qu’il faut une photographie conforme. Dont acte. Bonne poire, vous vous dirigez vers un appareil qui s’en charge automatiquement.


     
    C’est là que les ennuis commencent. D’abord, l’appareil ne rend pas la monnaie. Ça coûte huit francs, vous ne pouvez que mettre un billet de dix, mais pas de monnaie. Ensuite, une voix aimable (je l’ai cherchée en vain, cette dame, à l’intérieur, j’avais deux mots à lui dire) vous signifie une quantité d’interdictions. Streng verboten ! Ne pas sourire. Ne pas fermer les yeux. Ne pas placer son regard sous la ligne, ni dessus. Un peu refroidi, vous vous lancez dans les premiers essais. Peine perdue ! Jamais valable. « Document non conforme ».


     
    Vous avez droit à trois essais. Le document n’est jamais conforme. Alors que vous évitez de sourire, vous fixez l’appareil, votre orbite oculaire est parfaitement placée. A la fin, vous imprimez quatre photos “non conformes”. Elles sont pourtant impeccables. Vous avez mis dix francs, l’appareil vous en a retenu deux. Et vous n’avez toujours pas renouvelé votre demi-tarif. Ce nouveau système de photomaton, c’est l’un des plus grands foutages de gueule depuis l’Emprunt russe de 1889. 125 ans, bordel.
     
     
    Pascal Décaillet