Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Liberté - Page 1022

  • Les procureurs de la 25ème heure

     

    Sur le vif - Vendredi 28.02.14 - 16.41h

     

    Ces actions pénales et ces perquisitions, de la part de la Suisse, qui n'interviennent qu'une fois les chefs d'Etat tombés. Avoirs bloqués, procureur, fils de procureur amateur de romans russes illisibles des années 90, pub de Parquet, lustrée, scintillante, tout cela APRÈS.



    Si vraiment l'ex-homme fort de Kiev avait des choses à se reprocher par rapport à des avoirs dans notre pays, ce que je conçois volontiers, pourquoi ces valeureux procureurs ne s'en sont-ils pas inquiétés AVANT ? Lorsque les oligarques étaient au pouvoir.



    En Suisse, c'est toujours la même chose. La Justice attend qu'un chef d'Etat étranger soit à terre, en exil, lâché par tous, pour bien l'écrabouiller, "bloquer ses avoirs", titrer des communiqués sur "le clan Untel". Lorsqu'il était au pouvoir, l'ancien homme fort ukrainien, on avait le courage de dire "le clan Ianoukovitch"? Dès qu'il gît à terre, on se découvre de si tardives flammes d'insolence, dans la terminologie.



    Cela donne une image de suivisme et de traîne. Cela ne sert ni la Justice, ni la Suisse.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Le Choeur des Pleureuses

    45263513.jpg 

    Coup de Griffe - Lausanne Cités - 26.02.14


     
    En journalisme comme pour la tenue vestimentaire des cardinaux chez Fellini, il y a des modes. La toute dernière, depuis le 9 février, fait un tabac : inviter Patrick Aebischer, le patron de l’EPFL, sur un plateau TV, dans un studio radio ou un journal, et pleurer un bon coup avec lui. Gémir sur ces abrutis de citoyens suisses qui n’ont rien compris à l’enjeu de la votation, se sont comportés comme des bergers repliés sur leurs montagnes, ruinent les programmes de recherches.


     
    Dans l’émission, il faudra dire au moins cinq fois le mot « repli ». Pour bien souligner l’obscure sauvagerie de cette Suisse de la fermeture face aux Lumières de la Ville. Oui, on se fera le chantre des villes, leur pluralité bigarrée, la richesse de leurs campus. Et chaque fois qu’on dira « ville », on dira « ouverture ». Pour bien associer le tissu urbain, par exemple le Grand Lausanne, ou le Grand Genève, ou le Grand Zurich, aux valeurs de progrès. Et comme grand prêtre de cette Suisse qui gagne, l’icône Aebischer.


     
    Comme dans le défilé des ecclésiastiques, chez Fellini (Roma), l’image sera urbaine et rutilante, le geste précieux, avec ce zeste d’impatience qui fait le charme des boulevards. Il se faudra se montrer citadin et princier, ouvert au monde, œcuménique comme la terre habitée. Pour bien prouver à quel point ces manants de citoyens, ces gueux, ces vilains, ont mal voté.
     


     
    Pascal Décaillet

     

  • Avocats, défendez les droits des détenus !

     

    Sur le vif - Jeudi 27.02.14 - 14.06h

     

    Dans les affaires liées à Champ-Dollon, une chose me frappe. Que l'actuel Procureur général défende une politique hyper-sécuritaire, je puis le concevoir, et c'est ma foi dans son rôle. Que le magistrat en charge de la sécurité tienne un discours similaire, OK aussi. Que les autorités pénitentiaires, les syndicats de police, soient sur le même registre, normal encore.


    Mais les avocats ! Ces élus de droite, PLR par exemple, qui sont en même temps avocats, et qui viennent nous laisser entendre, en pestant contre la décision du TF, que les conditions inacceptables de détention à Champ-Dollon, notamment pour les détenus en préventive, ne seraient au fond pas si graves. Là, il y a un problème. Parce que ces Messieurs sont avocats. Et moi, si j'avais été avocat (j'y ai pensé, un temps, mais ma passion pour la littérature allemande l'a emporté), je n'aurais eu de cesse de défendre les accusés, voire les condamnés dont je continue à suivre le dossier. En tout cas, les droits des détenus. Ca n 'est pas très populaire dans l'opinion publique, mais c'est comme ça.



    Parce que cette posture défensive, si l'avocat ne la prend pas, qui diable le fera ? Ni le procureur, ni les juges, ni la partie civile, ni le ministre de la sécurité, ni l'opinion publique (très conservatrice sur ces choses-là), ni les responsables d'exécution de peine, qui font leur boulot du mieux qu'ils peuvent, et auxquels il convient de rendre hommage.

     


    Alors, ces avocats de droite, qui sont en même temps députés, et qui se rallient (pas tous, bien sûr) à un discours anti-détenus, y compris anti-détenus en préventive, je ne les comprends pas. Et je crains qu'absorbés par leurs affinités politiques, voire leur carrière, ils ne soient devenus davantage hommes de partis qu'avocats. Surtout ne pas se brouiller avec M. Jornot, PLR. Surtout ne pas se brouiller avec M. Maudet, PLR. Comme si toutes les casquettes, toutes les fonctions, dans l'ordre de la justice, étaient appelées à se confondre. Et, surtout, à se subordonner à l'appartenance partisane, voire de caste.

     

     

    Pascal Décaillet