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  • Conthey: la démocratie a gagné

     

    Sur le vif - Vendredi 07.09.12 - 00.24h

     

    Ils étaient le souverain, ils ont pris leur décision : Christian Varone sera le candidat des libéraux-radicaux valaisans au Conseil d’Etat. Plébiscité. Au premier tour ! S’il est élu, au printemps prochain, il prendra sa place dans la grande galerie des magistrats de ce parti, les Gard, Bender, Comby, Sierro et Roch. Une composante capitale dans l’Histoire du Valais moderne, aussi déterminée et combative qu’elle est minoritaire, depuis le Sonderbund et les premières élections de 1848.

     

    Mais quel chemin, jusqu’à ce soir, 23h, à Conthey ! Que de trahisons. Que de coups bas. Que de vilenies. Que d’obscures manœuvres de clans, dessinées au compas, du côté du coude du Rhône. Là où, sous prétexte de canal historique, de Raison et de Lumières, avec un grand R et un grand L, on n’a rien fait d’autre, depuis tant d’années, que de régenter de l’interne, noyauter, tout cela au service de quelques-uns, disons d’Un, cerclé d’un ou deux autres. Les prétoriens.

     

    À vrai dire, un clan. Une meute. Un pronunciamiento permanent, haïssant autant les clercs qu’il s’exprime paradoxalement comme eux, citant Saint Luc en chaire, moralisant comme ne l’oserait le plus noir des dominicains. C’est cette clique-là, ayant d’ailleurs commis à Conthey l’immense erreur de se dévoiler au grand jour, qui a perdu ce soir une capitale bataille. Le monde radical valaisan (je peine toujours à dire PLR), qui fut celui de Joseph Barman et des héroïques combattants du Trient, a vécu là un tournant historique. Il ne sera plus comme avant. Il ne sera plus tenu, je veux dire pris en tenaille, par les mêmes hommes. Un verrou prétorien, ce soir, a sauté.

     

    Reste Varone. D’un bout à l’autre, l’homme est resté calme. Ne brochant pas pendant la charge de Couchepin, ni face aux hurlements et à la gestuelle d’avant-guerre de celui que la RSR n’en peut plus de qualifier, depuis des années, « d’historien », ou « d’expert », ou (ce soir encore, 18h) de « mémoire vivante », comme s’il n’était qu’un chérubin de neutralité, alors qu’il est, avant toute chose, le plus féroce des militants.

     

    Dans toute cette affaire, d’ailleurs, entre informations erronées, lynchage de Varone par Couchepin dans sa chronique, parole constamment donnée à « l’historien, expert », insistance incroyablement lourde, ce soir, sur le poids de Savièse dans l’Assemblée, il convient de s’interroger sérieusement sur le parti pris de la RSR. Il y a eu, dans l’ensemble du traitement, quelque chose qui ne va pas. Sans parler, pour demeurer dans le Mammouth, de la TV alémanique qui a utilisé l’argent de la redevance pour acquérir du matériel géologique en Asie mineure. Vous en pensez quoi, de ça, M. de Weck, vous si prompt à moraliser ? Vous en pensez quoi, M. Loretan, président central de la SSR ?

     

    La décision de ce jeudi soir, à Conthey, est magnifique. Non parce que c’est Varone plutôt que l’un des deux autres candidats, assurément homme et femme de valeur. Mais parce que c’est Varone contre le lynchage de l’opinion publique. Varone, contre la manipulation de ce lynchage par certains des siens. Varone, contre ceux qui ont utilisé de prétendues valeurs morales pour le flinguer. Varone, contre les menaces scandaleuses d’un ancien président de la Confédération, qui a ruiné, dans sa philippique du début, une bonne partie de son crédit. Varone, contre le Grand Prêtre de l’Ordre, ci-devant dénommé « historien, expert, mémoire vivante ».

     

    Le reste, c’est une autre affaire. Les coups bas vont continuer. Le chemin d’initiation ne fait que commencer. De longs mois nous séparent du printemps 2013. Mais la soirée de ce jeudi 6 septembre fut douce et belle. Elle restera dans les mémoires comme une réponse des instances souveraines face à l’exécution par l’opinion. La prochaine étape, autrement souveraine puisque finale, sera l’élection – ou non - par le peuple valaisan. Mais au moins, les institutions auront fonctionné. La démocratie aura gagné.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

  • Lisons libres

     

    Sur le vif - Jeudi 06.09.12 - 14.37h

     

    Je me méfie comme de la peste de la promotion excessive d'un livre, avant sa parution. En matière littéraire, si on a un peu le goût de ces choses-là, il ne faut se faire d'idées que par soi-même, tranquillement, sans pressions, loin du brouhaha, à mille lieues du cirque des éditeurs et des revendeurs. Plus encore: il faut, toute sa vie, ne lire que les livres qu'on veut. Même pas ceux que les profs nous prescrivent. Il faut écouter sa petite voix intérieure, à soi. Suivre ses propres chemins de désir.

     

    Certains auteurs, je les ai découverts incroyablement tôt dans ma vie. D'autres, à 35, 40, 50 ans. Certains, je ne les ai même pas encore ouverts. Et c'est très bien ainsi. Nous ne devons rien à personne. Nulle autre urgence, assurément, que cette sublime et singulière aimantation qui nous attire soudain vers un auteur. Le reste, laissons-le aux causeurs de salons.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • La flotte se saborde, à Toulon - Et tout le monde se tait.

     

    Sur le vif - Jeudi 06.09.12 - 10.00h

     

    Incroyable que l'auto-dissolution du parti radical vaudois, hier soir à Payerne, n'entraîne pas, dans la presse et chez les éditorialistes, davantage de réactions. Pas pour se lamenter, mais juste prendre acte, bordel ! Prendre la mesure.



    Ce fut, en Suisse romande, le plus grand parti du plus grand canton (en population). Il a donné des hommes immenses. Il a fait le canton. Il a envoyé à Berne les plus grands commis de la Confédération. Il a donné à ce vieux pays terrien une extraordinaire armature républicaine, que beaucoup de ses voisins peuvent lui envier.



    Ne le jugeons pas sur les dernières décennies de pouvoir, ces années 50, 60, 70, et même encore 80, où il faisait un peu trop confortablement, comme le PDC en Valais, comme tous les partis majoritaires, la pluie et le beau temps. Jugeons-le sur l'immensité de son apport historique. Jugeons-le sur le legs institutionnel, économique aussi. Jugeons-le sur la présence de braise d'un Delamuraz.



    Alors bon, voilà, ils s'auto-dissolvent, chacun vit va vie comme il peut. Je ne suis pas sûr, à titre personnel, que ce soit une formidable idée. Mais enfin, un tel événement, même prévu, mérite que des journalistes un tant soit peu conscients de l'Histoire et du contexte, marquent le coup. Et ce silence m'exaspère. Parce qu'il est celui de l'ignorance. Il est un Jeûne de l'Esprit. Ca valait bien, ici, quelques pruneaux.



    Pascal Décaillet