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Liberté - Page 867

  • Cyril Aellen, meilleur élu : amplement mérité !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.01.18

     

    Nous l’avons, ici même, il y a près de sept ans, repéré comme l’un des plus grands espoirs de la politique genevoise. Après avoir été, fort jeune, le dernier président du parti libéral genevois, il a traversé le désert, nous l’avons soutenu. Et puis, à la fin de la précédente législature, il a accédé au Grand Conseil. Immédiatement, il y a montré des qualités reconnues par tous, ceux de son bord comme ses adversaires : intelligence, clairvoyance, lisibilité. Sur le fond, un libéral plutôt dur. Sur la forme, un immense respect dans le dialogue, une écoute des arguments adverses, ne serait-ce que pour mieux les démonter. Bref, Cyril Aellen est le meilleur. Ce que nous affirmons, dans ces colonnes, depuis des années, ce sont maintenant ses pairs qui l’établissent : le député PLR, spécialiste notamment des Finances, est élu, par les siens, meilleur député de la législature 2013-2018, dans un classement annoncé lundi 15 janvier par la Tribune de Genève.

     

    J’ai la chance de bien connaître Cyril Aellen. L’homme impressionne par son côté direct, franc et loyal, soutenu par la rectitude du regard, la clarté du verbe. Dans l’exercice de l’interview, la réponse est courte, charpentée sur l’essentiel, sans langue de bois, ni fioritures. Cela signifie que notre homme croit à la valeur intrinsèque de l’argument, parie sur l’intelligence du récepteur, sans chercher à l’entourlouper dans d’inutiles circonvolutions. A cet égard, il rappelle un autre député PLR, le philosophe Jean Romain, sans doute aussi un certain Pascal Couchepin, lui-même disciple de Mendès France. Cette mise en valeur, sobre et simple, de la démonstration, constitue un atout majeur de la méthode Aellen. Jamais la moindre attaque personnelle. Jamais d’écart. Juste la précision ciselée du propos.

     

    Cyril Aellen est, profondément, un libéral. Au sens de la responsabilité individuelle. Cela m’a maintes fois amené, dans des discussions passionnantes avec lui, à l’affronter sur le rôle de l’Etat (capital à mes yeux, moindre aux siens), l’étendue de ce qui doit être régulé. Sur ce point, oui, nous divergeons. Mais quel plaisir, toujours, de confronter ses arguments aux siens, dans une recherche commune de l’intérêt public. Car cet avocat, à cet égard entrepreneur, ne saurait en aucune manière réduire la réussite humaine à l’aventure individuelle : il croit en la politique, en sa capacité de changer les choses. Nous sommes, avec lui, à des années-lumière du capitalisme de casino, avec ses boursicoteurs allumés comme des cigales par le cours de l’action. Dans le rapport de Cyril Aellen à la responsabilité individuelle, il y a toute la profondeur d’une origine rurale, on oserait presque dire « agrarienne ». Il y a, aussi, les lumières de l’héritage protestant. Bref, voilà un homme sur qui Genève peut compter. Sa première place, comme la deuxième de Jocelyne Haller et la troisième de Sophie Forster Carbonnier, est totalement méritée. Il est bon, parfois en politique, de parler aussi de ce qui se porte bien. En l’espèce, l’excellence, au service du bien commun.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Vanité des étendards

     

    Sur le vif - Dimanche 14.01.18 - 18.22h

     

    Longtemps passionné par l'Histoire des partis politiques (en Suisse, en France, en Allemagne), illuminé par les études d'Olivier Meuwly sur les sources et l'évolution du radicalisme en Suisse, je crois de moins en moins aux bons vieux partis, avec leurs fidèles membres, leurs grands-messes, leurs assemblées de délégués, comme relais du débat démocratique.

     

    Oh, pour quelques décennies, ils seront sans doute encore là. Mais la politique change ! La démocratie directe, à commencer par la pratique de l'initiative populaire, fonctionne beaucoup plus par regroupements d'énergies autour d'un objectif, que par l'adhésion de toute une vie à telle paroisse, telle chapelle, avec ses médailles reconnaissantes pour trente, quarante ans de sociétariat.

     

    Et puis, il y a les réseaux sociaux. Aujourd'hui, ile ne remplacent pas les partis. Mais demain ? Après-demain ? Sortis de l'âge du poste à galène (cf mon dernier texte sur le sujet), ils vont constituer, dans les années qui viennent, un mode de partage et d'acquisition des connaissances, de fédération des énergies dans tel ou tel combat ponctuel, qui pourrait bien rendre caduques les bonnes vieilles réunions hebdomadaires de comitards, avec leurs banderoles qu'on sort dans les grandes occasions, comme d'autres sortent la Madone pour la Fête-Dieu, leurs Cènes de la vie partisane, leurs petites trahisons, leurs Judas, leurs Passions à la petite semaine.

     

    De quoi sont nés les partis ? De la liberté de réunion et d'association issue de la Révolution française. De la nécessité, aux aurores de la République, de se fédérer sous une bannière, la Gironde ou la Montagne, le Club des Jacobins. Dans les villages, défiler dans une même fanfare, avec son lieu de répétition à quelques dizaines de mètres de la fanfare rivale. Et puis, se réunir, boire des verres, monter des coups. Héroïque époque, avec ses grognards, sa geste et sa légende.

     

    Tout cela, oui. Mais aujourd'hui ? Demain ?

     

    Les partis ne sont pas morts, loin de là. Mais déjà, j'entrevois le temps où la politique se fera autrement que par batailles rangées sous la couleur des étendards. Gestion par objectifs, comme dans les initiatives ! Il n'est, au fond, exigé de personne, sauf dans un surmoi où le rêve le dispute à la folie, de passer sa vie dans le même parti, privilégiant ainsi la cimentation paroissiale, et la permanence du clan, à l'intérêt supérieur d'une communauté humaine.

     

    Un jour, la politique se fera sans les partis. Mais rassurez-vous, pas tout de suite. Je vous laisse. J'ai mon Stamm.

     

    Pascal Décaillet

     

  • L'intérêt supérieur du public

     

    Sur le vif - Dimanche 14.01.18 - 10.05h

     

    Pendant mes premières années au Journal de Genève, puis mes 17 ans à la RSR, puis mes 12 ans comme entrepreneur indépendant, je n'ai jamais varié d'un iota dans ma manière de faire du journalisme. Selon que je travaille pour un média public ou privé.

     

    Dans les deux cas de figure, j'ai toujours exercé mon métier en m'adressant à des citoyennes et des citoyens, sur des sujets jugés par moi comme relevant de l'intérêt collectif. La politique. Mais aussi la culture. A des citoyens, et jamais à des "clients" !

     

    À GAC, ces derniers mois, nous avons fait des émissions spéciales sur le soufisme en Égypte suite aux attentats du Sinaï, sur Boko Haram et les horreurs commises dans le Sahel, sur l'islamisme meurtrier dans la corne de l'Afrique (suite aux attentats de Mogadiscio), sur les multiples visages du Liban, sur l'Iran, sur la politique américaine au Moyen Orient, sur l'indépendantisme catalan. Sur la crise de l'industrie lourde à Genève. Nous avons présenté des artistes, des musiciens, des chefs d'orchestre, des metteurs en scène, de passage à Genève. Tout cela, en plus de la couverture intensive de l'actualité politique genevoise, et fédérale aussi.

     

    Où est la berlusconisation ?

     

    Mes confrères et consœurs de Léman Bleu, œuvrant pour d'autres émissions de la chaîne, travaillent tous, avec passion, dans le même état d'esprit : au service du public, de l'information, de la proximité. Je pense pouvoir dire la même chose des gens de La Télé, de Canal 9, etc.

     

    En quoi, parce que c'est privé, est-ce de moindre exigence, dans l'ordre de l'intérêt supérieur du public et de l'ouverture à l'autre, que si c'était public ?

     

    Pascal Décaillet