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Liberté - Page 651

  • Foutez-nous la paix avec le Brexit !

     

    Sur le vif - Mardi 29.10.19 - 16.09h

     

    De grâce, laissons le Brexit ! Le destin de l'Europe ne se joue pas dans ses rapports avec le Royaume-Uni, mais sur le continent ! L'obsession anglophile - et anglomane, et anglophone - de la presse romande l'amène à surestimer totalement le rôle d'une nation certes importante, mais périphérique pour le destin européen.

    Par pitié, considérons l'Allemagne ! L'Histoire allemande. La langue allemande. La littérature allemande. L'Histoire musicale allemande. Le prodigieux renouveau du destin national allemand, depuis Frédéric II (1740-1786), mouvement ininterrompu (le 8 mai 1945 n'est qu'une défaite d'étape).

    Passionnons-nous pour l'Ostpolitik, cette idée de l'immense Chancelier Willy Brandt (1969-1974). Analysons sans concessions la réunification de 1989/1990, entendez le pur et simple, le vulgaire et glouton phagocytage de la DDR par un Kohl atlantiste à souhait. Tentons de comprendre le vote en Thuringe. Le vote en Saxe. Le vote en Ombrie. Tentons de saisir ce qui se passe en Italie, en Pologne, en Hongrie, en Grèce, dans les Balkans.

    Et cessez de vous focaliser, à cause de votre anglomanie née de la propagande post-1945, sur une Perfide Albion qui vivra très bien son destin hors de l'Union européenne, ce qu'elle n'avait pas trop mal réussi depuis Hastings (1066) jusqu'à 1972 !

    Tout ce tropisme obsessionnel des médias sur le Brexit, tout ce bruit, toute cette fureur, nous en disent beaucoup plus long sur l'importance totalement sur-évaluée du monde anglo-saxon dans les consciences formatées de nos observateurs politiques. Et, par symétrie, sur l'incroyable sous-estimation de l'univers germanique, dans l'ordre de l'Histoire, de la politique, et avant tout dans celui de la culture.

    Foutez-nous à la paix avec le Brexit !

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Les Lumières du Prince-candidat

     

    Sur le vif - Mardi 29.10.19 - 12.50h

     

    Il devient un peu lassant d'entendre le PLR genevois expliquer sa contre-performance du 20 octobre par le slogan : "Notre électorat ne s'est pas mobilisé".

    Singulière manière de se défausser. Monsieur X se présente à une élection, les citoyens n'élisent pas Monsieur X, ils plébiscitent d'autres personnes à la place de Monsieur X. Et pour toute explication, Monsieur X regrette que "son électorat" ne se soit pas mobilisé !

    Ce sophisme appelle deux remarques. D'abord, l'usage du possessif : "notre électorat". Comme si tel candidat disposait, de façon invariable, d'un patrimoine de voix, qui lui reviendraient d'office. S'il n'est pas élu, ça n'est pas qu'on l'ait désavoué, détestable hypothèse, mais que les serfs - ou métayers - constituant le socle électoral naturel du Prince-candidat ont eu la paresse de lui rendre l'hommage de l'urne.

    Deuxième remarque, le don de divination pour identifier les abstentionnistes. Un esprit simple, comme le nôtre, pourrait a priori s'imaginer que ces derniers sont dans tous les partis, parce qu'il y a des gens qui votent, et d'autres non. Mais la Lumière du Prince-candidat, infiniment plus éclairante, est assez pénétrante pour définir que ses adversaires ont fait le plein, et que les abstentionnistes sont les ingrats, les paresseux, les dormeurs du dimanche matin de son propre camp.

    Monsieur le Prince-candidat est logé à excellente enseigne, pour disposer d'une lucidité d'une telle tenue.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • L'âme perdue des pies voleuses

     

    Sur le vif - Mardi 29.10.19 - 09.41h

     

    A lire la presse, on dirait que l'UDC mord la poussière, et que les Verts disposent de tous les leviers du pouvoir pour quatre ans.

    La réalité est exactement contraire : les Verts n'auront, entre 2019 et 2023, que 28 députés sur 200 au National. Seuls, ils ne peuvent rien. L'UDC, en revanche, malgré la campagne d'Apocalypse de cet automne, demeure de très loin le premier parti sous la Coupole fédérale, avec deux fois plus d'élus que les Verts. Beaucoup plus proche de la majorité des 101, si le PLR et la partie non-gauchisante du PDC daignent, de temps à autre, laisser au vestiaire leur mimétisme climatique, et construire des majorités de droite.

    On attend ces alliances, notamment, sur les questions financières et fiscales, et, bien sûr, sur les innombrables taxes que l'idéologie Verte ne manquera pas de nous inventer.

    A tête froide, les Verts peuvent donc être mis systématiquement en minorité. Pour cela, il faut que les partis de droite retrouvent leurs fondamentaux. Protection de l'environnement oui ; taxes contre la classe moyenne, non.

    Si le PLR et le PDC, qui sont au fond les personnages principaux de la prochaine législature, passent quatre ans, pour plaire à la mode ambiante et à l'esprit du temps, à faire les Verts comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, donc à se comporter comme des pies voleuses dans le nid des partis adverses, alors ils auront tout perdu : le soutien de la classe moyenne, et aussi cet invisible, cet indicible, cette part d'intime et d'irrationnel, qui s'appelle leurs âmes.

     

    Pascal Décaillet