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Liberté - Page 375

  • Ceux qui roupillent

     
    Sur le vif - Vendredi 28.01.22 - 14.21h
     
     
    Les Commissions de contrôle du Grand Conseil sont là pour exercer, avec la plus parfaite rigueur, la haute surveillance sur l'activité du gouvernement et de l'administration.
     
    Elles ne sont pas là pour fermer les yeux. Pour épargner les magistrats. Pour leur faire des cadeaux. C'est valable pour tous les Départements. Y compris le DIP.
     
    Si elles entrent dans ces complicités coupables, c'est la séparation des pouvoirs et la primauté des citoyens qui sont mises en cause.
     
    Et s'installe, terrible, dévastatrice, l'impression d'une République des copains. Et des coquins.
     
    Si c'est cela, la "démocratie représentative", alors autant s'en passer. Et instaurer une démocratie totale du peuple, avec recours au suffrage universel systématique sur les grands arbitrages de la République.
     
    Aux parlementaires, on laissera la conciergerie des lois et le toilettage des virgules.
     
     
    Pascal Décaillet

  • La voix seule

     
    Sur le vif - Jeudi 27.01.22 - 06.02h
     
     
    Depuis l’enfance, je me demande s’il faut à tout prix mettre en scène les opéras.
     
    J’ai souvenance d’opéras de Haendel, ou de Rameau, avec les quatre voix face au public, le chœur derrière, à la façon d’un oratorio. Cette hyper-sobriété dans le visuel ne m’a jamais gêné, bien au contraire.
     
    En tout cas, je ne supporte pas que l’aspect scénique devienne premier dans les conversations. Je suis un homme de radio, attaché au son, au verbe, à la musique, au souffle, à la puissance et à l’intensité des voix.
     
    Pour autant, il me faut voir la musique. Voir chaque instrument, chaque chanteur. Mais je n’ai pas besoin qu’ils se contorsionnent. Et les puissants effets des machineries théâtrales ne m’impressionnent pas.
     
    Je suis fou d’une sobriété que j’ai besoin de voir. L’autre soir, sur Mezzo, il y avait l’éblouissante Sabine Devieilhe, dans Haendel (Le Triomphe du Temps et de la Désillusion, 1707). Elle me fascine. Elle ne bouge quasiment pas. Tout vient de l’intérieur. Elle transmet l’intransmissible. Elle existe, seule et ciselée. Seule, avec la voix. Seule, avec la musique.
     
     
    Pascal Décaillet

  • Le Troisième Vert

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.01.22

     

    Qu’il faille bouter hors de Genève les fous du volant, nous en sommes bien d’accord. Oui, il faut limiter la vitesse en zone urbaine, et pas seulement à proximité des écoles. Oui, il faut prôner une conduite automobile lente et prudente en ville. Oui encore, il faut des zones à 30 km/h. Si on veut faire des concours de vitesse, on s’inscrit dans un club de course automobile, ou de rallyes, et on pulvérise le mur du son dans les espaces où on en a le droit.

    Pour autant, la méthode de Serge Dal Busco n’est pas la bonne. Il déboule un beau jour, nous annonce un 30 km/h quasiment généralisé, réveille la guerre de religion, fait hurler une bonne partie de la population genevoise. Le mécontentement des gens ne vient pas de la limite à 30 : toute personne dotée d’un minimum d’intelligence peut comprendre qu’elle s’impose dans un univers mixte, où l’automobiliste côtoie le cycliste (qui ne dispose pas toujours de sa piste), voire le piéton. Dans ces cas-là, la prudence s’impose. Ainsi qu’une conduite attentive, courtoise, respectueuse. Les démarrages en trombes, après un feu, les pointes de vitesse sont à prohiber, c’est certain.

    Non, la colère vient de la méthode. Une fois de plus, le ministre impose une idée qui n’est pas de son camp. Une fois de plus, il donne l’impression de chercher à plaire à l’actuelle majorité exécutive de gauche. Une fois de plus, on se dit qu’il y a un Troisième Vert au Conseil d’Etat. C’est cela, le vrai problème. Il n’est pas routier. Il est de l’ordre de la confiance. Et de la cohérence. En un mot, il est politique.

     

    Pascal Décaillet