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Liberté - Page 227

  • Eloge des manuels

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.02.23

     

    Valoriser l’apprentissage ? Si vous montez un débat sur le sujet, tout le monde sera d’accord ! Tous vous diront que la formation professionnelle ne doit en aucun cas être le parent pauvre, à Genève, qu’il faut promouvoir les métiers, multiplier les passerelles entre cours théoriques et stages en entreprises, informer les élèves, dès le primaire, sur les différentes filières, leur organiser des visites sur le terrain.

     

    Tous le disent. Mais une fois les élections passées, rien ne change. C’est désespérant. La formation professionnelle fait pourtant son boulot, organise de belles rencontres, comme la Cité des métiers, mais à l’école, on continue d’envoyer dans les filières gymnasiales des élèves qui n’ont pas grand-chose à y faire. On ne valorise pas assez le monde de la formation manuelle.

     

    C’est une erreur, immense. Quoi de plus beau que la maîtrise d’un métier ? La qualité, la précision, la finition d’un geste. Le savoir-faire. La compétence pratique. Sans compter tous ces domaines où Genève a un urgent besoin de formation dans le Canton, comme les métiers de la santé.

     

    Comme déjà dit, j’ignore absolument qui reprendra l’Instruction publique, à Genève. Mais cette personne doit impérativement revaloriser l’apprentissage. C’est une merveilleuse chose que de savoir travailler avec ses mains. Une très grande valeur, dans la société. Mais aussi envers soi-même. Pouvoir se dire : « Mon métier à moi, je le maîtrise ». Excellente semaine à tous !

     

    Pascal Décaillet

  • La droite a des racines. Et des valeurs !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.02.23

     

    La droite genevoise ne manque pas de figures. Mais il lui manque une dimension essentielle : une connaissance approfondie de ses propres valeurs. Cela passe par des milliers de lectures. Une passion pour l’Histoire politique. Celle des événements, notamment depuis la Révolution française, donc la naissance des grands partis. La volonté d’analyser les choses avec froideur, les causes et les conséquences, les vraies raisons des guerres, les rivalités économiques, bref la démarche que nous propose, il y a vingt-cinq siècles, l’immense historien athénien Thucydide, lorsqu’il nous raconte la Guerre du Péloponnèse, cette succession de conflits entre Cités grecques, les unes affiliées à Sparte, les autres à Athènes. Un livre austère à lire, mais d’une modernité saisissante.

     

    D’abord, tout homme ou femme de droite doit connaître la diversité des origines. Le radicalisme, le libéralisme, la démocratie chrétienne, l’UDC agrarienne ou blocherienne, ça n’est pas la même chose. Les souches profondes, les racines philosophiques, confessionnelles souvent, sont différentes. Il importe absolument de connaître ces nuances. On ne peut décemment surgir dans un parti, faire table rase du passé, gommer la gauche et la droite avec mépris, sous prétexte que ces notions seraient révolues, ce que contredit absolument l’actuelle tension dialectique en matière de finances, de dette, de fiscalité, de mobilité, de sécurité, de défense nationale. A vrai dire, jamais la tension gauche-droite, à Genève, n’a été aussi vive, depuis des décennies. Et je n’exclus pas que la multiplication des listes du Marais, entendez ce centre qui veut faire moderne et se rit du passé, n’ait pour conséquence, par défaut de quorum, de renforcer, au soir du 2 avril, les partis polarisés.

     

    En attendant les droites doivent se renseigner sur leurs propres valeurs. Et bien se rendre compte d’une chose : l’effet dévastateur d’un quart de siècle de néo-libéralisme, principalement jusqu’en 2008, sur l’identité profonde de la droite. Il est fatal que la quête d’un profit trop facile, financièrement spéculé dans des officines, déraciné de l’économie réelle, mondialisé, méprisant les nations, ait pu à ce point s’imposer comme la seule image de la droite. La gauche avait beau jeu de la démonter, elle a eu parfaitement raison de le faire. Il importe maintenant qu’une autre droite, patriote, mais aussi populaire, joyeuse, entreprenante, s’affirme à Genève. Son grand défi : construire, autour de sa diversité naturelle et historique, la puissance de frappe d’une unité. Dans les grands moments, la gauche sait le faire, par exemple pour élire des Conseillers aux Etats. Dans les mêmes moments, décisifs, la droite se déchire et se liquéfie. Je n’exclus pas, hélas, que nous en soyons à peu près là, aujourd’hui, pour des questions d’égos, de chapelles, de paroisses. Seul moyen de forger l’unité : mettre au centre les valeurs. Pour cela, il faut commencer par les connaître. Transmettre le néant, c’est rafraîchissant. Mais peu utile.

     

    Pascal Décaillet

  • Hussards noirs

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.02.23

     

    Revaloriser d’urgence l’apprentissage. Décentraliser les prises de décision en rendant aux directions d’écoles, tous niveaux confondus, l’autonomie et la responsabilité. Placer le savoir au centre de tout. Permettre aux profs, de tous degrés, de vivre avec passion leur statut de transmetteurs de connaissances. Refaire de l’école une grande et belle chose, celle dont parle Charles Péguy, de façon si bouleversante, dans ses Cahiers de la Quinzaine (Année 1913), quand il nous parle de ses maîtres, les hussards noirs de la République.

     

    Oui, l’Instruction publique est à reprendre à Genève, et pas seulement parce que la titulaire s’en va. Elle est à reprendre, parce qu’elle a impérativement besoin d’un nouveau souffle. On en a marre du mantra de « l’inclusif », on veut autre chose, une école fière et joyeuse, porteuse de valeurs fortes : la connaissance, la compétence, au cœur de la Cité.

     

    J’ignore absolument qui reprendra ce Département. Homme, femme, gauche, droite, aucune importance. Il nous faut une personnalité puissante. Traversée par le bonheur de transmettre. N’ayant pas peur. Sachant remettre à leur place les apparatchiks, les pédagos, les permanents du système, les obsédés du contrôle interne, ceux qui veulent faire de l’enseignement une science, alors que c’est un art, l’un des plus nobles, l’un des plus beaux. Il nous faut quelqu’un qui donne envie, vous m’entendez ? Un tel profil existe-t-il, dans les candidats en lice ? Je l’ignore. Mais j’ose l’espérer. C’est une question de survie.

     

    Pascal Décaillet