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Commentaires GHI - Page 233

  • Le souverain, c'est le peuple

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 09.09.15

     

    Avec ces élections, nous sommes tous en train de nous exciter comme des fous, pendant quelques semaines, autour de l’identité de treize futurs parlementaires fédéraux genevois à Berne : onze pour le National, deux pour les Etats. C’est bien, excitons-nous, et je ne suis pas en reste, puisque dans mes émissions j’invite TOUS les candidats sur mon plateau : les 178 candidats au National, les 10 aux Etats. Je ne crois pas, pour l’heure, qu’une telle entreprise « grandeur nature » ait jamais été tentée, ni à Genève, ni dans un autre canton.

     

    Excitons-nous, mais gardons à l’esprit l’essentiel : le vrai patron, dans ce pays, ça n’est pas le Parlement. C’est le peuple. Nos 246 représentants aux Chambres fédérales font des lois, c’est une tâche noble et difficile, c’est leur rôle. Mais souvenons-nous que, si ces lois ne nous conviennent pas, nous pouvons les attaquer par référendum. Alors, si nous obtenons les signatures nécessaires, c’est le peuple suisse qui tranche.

     

    Un référendum, comme d’ailleurs une initiative, ça n’a rien d’anormal, rien de bizarre : ce sont des INSTRUMENTS de notre ordre démocratique, dûment prévus par notre Constitution. Il est parfaitement normal, et même fort sain, d’y avoir recours. En quoi un corps électoral de près de cinq millions de personnes serait-il moins sage qu’un cénacle de 246 ?

     

    Ajoutons qu’élire quelqu’un, c’est lui donner le droit de vote dans une assemblée. Le droit de siéger, de s’exprimer, de voter, au sein de cette assemblée. C’est cela, mais rien de plus. Le débat démocratique, lui, est l’affaire de toutes les citoyennes, tous les citoyens de notre pays. Il n’est pas question de nous le faire confisquer par le petit monde des élus sous la Coupole.  A partir de là, bonne campagne, et bonne chance à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Candidats-kermesse

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.09.15

     

    Une campagne, bien sûr, ça consiste à serrer des mains. Par milliers. On dit que Chirac, pour les législatives de mars 1978, en avait serré un million. Il faut battre le terrain, voir des gens, discuter, boire des verres. Tout cela, c’est vrai, c’est le jeu. Mais diable ! Face à la tournure que prend ce début de campagne des fédérales 2015, il faut tout de même rappeler qu’un candidat est avant tout là pour afficher des idées, et non sa seule tronche, hirsute et repue, au milieu des bals populaires.

     

    Car enfin, la tactique de certains est trop transparente : on porte à son agenda trois à quatre événements festifs par jour, kermesses, Fête de la Tomate, bientôt Fêtes des Vendanges, on s’y pointe, on s’y affiche bien visiblement, et surtout on n’oublie pas de s’y faire photographier. On balance le tout aussitôt sur un réseau social, et voilà, on a mis en scène sa popularité. Que du bonheur.

     

    Chacun jugera. Pour ma part, telle n’est pas ma conception de la politique. Cette dernière est, avant tout, un combat d’idées. Avec des modèles de société qui s’affrontent. Par exemple, au hasard, la gauche et la droite. Ou encore, protectionnisme et libéralisme. Ne concevoir une campagne que comme une suite d’apparitions, c’est plus proche de Lourdes ou de Fatima que de la dialectique démocratique.

     

    Reste l’essentiel : l’électeur. Parce que le pire, c’est que la tactique kermesse, ça paye souvent. Espérons tout de même que le corps électoral du canton saura jauger les candidats à d’autres aunes que la récurrence de leurs photos au milieu des fêtes populaires. Ou alors, c’est à désespérer de la politique, ce à quoi je ne suis pas encore prêt.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Psychiatrie : la gauche innove

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.15

     

    Et si, pour une fois, on parlait à Genève d’autre chose que d’argent, de sécurité, de chantiers ? Et si on prenait un moment pour évoquer le sort des plus précarisés d’entre nous, les personnes qui souffrent d’une maladie psychiatrique. Oh, le champ est vaste, c’est un univers, et c’est précisément parce qu’il est complexe, passionnant, qu’il existe des psychiatres, donc des médecins ayant choisi de se spécialiser dans ce domaine. Et le politique, que peut-il faire ? Que doit-il tenter ? Comment peut-il améliorer les conditions-cadres pour rendre plus efficace l’action de la psychiatrie à Genève ? Cela, au service de l’humain, qui doit être au centre de tout, oui le patient, et non la machine. Ces questions nous concernent tous, même si nous sommes « en bonne santé ». Elles touchent au corps social. Elles méritent absolument qu’on s’y penche. La gauche genevoise l’a fait. Il faut saluer son travail.

     

    La gauche, ce sont trois partis : les socialistes, les Verts, Ensemble à Gauche (EàG). Entre avril 2014 et mai 2015, ils ont travaillé ensemble sur la psychiatrie à Genève. D’abord, pour un état des lieux. Puis, pour suggérer des pistes d’amélioration. Il y avait, notamment, Esther Hartmann, ancienne députée Verte, Christian Frey, député socialiste, Jocelyne Haller, députée d’EàG. Le groupe était présidé par la socialiste Ayari Felix. Le 14 mai dernier, ils remettaient à Mauro Poggia, ministre de la Santé, et aussi à la presse, un rapport articulé autour de quatre thèmes et six actions. Ils ne se sont pas seulement intéressés à la psychiatrie hospitalière (HUG, Belle-Idée, etc.), mais aux structures dites « intermédiaires » et au réseau de proximité. Bref, ils ont scanné en profondeur un tissu ne manquant certes ni de compétences, ni de dévouement, mais complexe, souffrant d’un déficit de cohérence et de communication interne.

     

    A partir de là, les trois partis de gauche nous proposent des pistes. Articuler la psychiatrie genevoise autour d’une vision. Élaborer un plan d’action pour la psychiatrie, 2015-2020. Parler le même langage, communiquer, en mettant l’absolue priorité sur le patient. Ce dernier ne doit pas avoir le sentiment (et Dieu sait si, dans ce domaine, l’imagerie est fertile) d’être pris dans une machine. Tout cela, on espère vivement que le Département de M. Poggia en tiendra compte, l’intégrera à ses propres réflexions.

     

    La moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet en vaut la peine. Il ne s’agit en aucun cas, pour le politique, de dire aux spécialistes ce qu’ils ont à faire. Mais de créer les conditions d’une psychiatrie genevoise davantage au service de ses usagers. En prenant le temps de plancher à fond sur le sujet, la gauche rappelle que la politique, ce sont aussi des décisions de long terme, sur des sujets difficiles, délicats (nous le verrons le 4 juin,  avec le diagnostic préimplantatoire). Surtout, avoir le courage d’embrasser des thèmes dont l’aspect immatériel, voire quantité d’images d’Épinal, ont tendance à faire peur au public. C’est soi-même ne pas avoir peur, justement, de la perception, et au fond chercher le bien du plus grand nombre. On partagera ou non les conclusions du groupe de travail de gauche, mais on saluera vivement la démarche.

     

    Pascal Décaillet