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Le compromis : un acte de la guerre continuée

 
 
Sur le vif - Mardi 24.09.24 - 10.05h
 
 
Oui, la droite suisse a été arrogante, en 2021, et avant tout la droite libérale, en refusant un compromis dûment négocié et hautement acceptable sur la LPP. Oui, elle en a payé le prix dimanche. Tout cela est exact, mais ne décrypter le phénomène qu'en regrettant une prétendue inaptitude générale des politiques à "trouver des compromis" est un peu court.
 
Le compromis n'est pas un but en soi. Il peut, dans l'infinité des choix pragmatiques offerts par la politique, s'avérer un outil efficace. Ca dépend du sujet. Ca dépend du moment. Ca dépend du rapport de forces. Il y a des moments, dans la vie, où il faut négocier. Et puis d'autres, majoritaires, où il faut faire la guerre. La vie est un combat, elle n'est pas un cocktail diplomatique.
 
Ce qu'il faut reprocher à la droite suisse, dans le cas d'espèce de la LPP, n'est pas de s'être dérobée au dogme du compromis. Mais, sur ce coup précis, de n'avoir pas senti qu'il pouvait être la voie du salut. Croyez-vous qu'un Pierre-Yves Maillard, qui donne depuis dimanche des leçons de "compromis", ait lui-même été autre chose, le long de toute son admirable vie politique, qu'un formidable combattant ?
 
Alors oui, la droite suisse doit faire son autocritique. Mais pas pour retomber dans les tiédeurs centristes du "compromis" comme but en soi. Elle doit mieux sentir les aspirations profondes du peuple suisse, comme commence à le faire le PLR suisse sur l'immigration. Elle doit faire la guerre quand c'est nécessaire, soit dans 90% des cas. Et puis, elle doit avoir l'instinct, la souplesse, la ductilité pragmatique, parfois, de monter un "compromis".
 
Mais ne soyons pas dupes : le compromis, en politique, n'a rien de moral. Il est un acte de la guerre toujours continuée. Par d'autres moyens.
 
 
Pascal Décaillet

 

 

Commentaires

  • Merci Pascal pour ce billet.
    Très justement, une vie politique est une vie livrée au combat continuel.
    Pour cela, Pierre Yves Maillard est une exception.
    Disons nous que jamais rien n'est définitivement acquis. voilà qui doit nous persuader de rester vissés à nos postes.
    Ce fut hier, une victoire d'étape. Nous le savons tous. La droite, loin de baisser les bras, médite au sein de son Etat-Major. Elle est fourbie d'armes en réserve: le report de l'âge de la retraite toujours prêt à resurgir, le taux de la TVA, l'augmentation du taux de cotisation travailleur (pas du patron), les aides aux retraites anticipées pour licenciements dans les OPA, le durcissement du droit aux indemnités de chômage, l'augmentation de la cotisation LAMAL etc. etc. font partie du combat libéral jamais éteint.
    A nous de renforcer nos troupes.

    Je profite de cette occasion pour signaler un article du LE TEMPS sur un nouveau venu dans un autre champ de bataille; Baptiste Hurni, avocat socialiste, Conseiller aux états, a lancé récemment, une espèce d'ASLOCA des patients. Il aurait été nommé à la tête de la faîtière de la Fédération Suisse des Patients de Suisse Romande. (vérifions)

    Enfin qu'une autre portion du peuple soit représentée dans son combat, ne peut que faire chaud au cœur du petit citoyen lambda.
    Espérons que cet ASLOCA des patients saura où et comment placer le levier dans ce rocher composite mais si massif qu'est la Santé Publique.
    Peut-être une nouvelle génération de politiciens s'annoncera-t-elle présente face aux défis multiples du 21è siècle, sera-t-elle aussi éclairée et pugnace que le Syndicat des Locataires depuis 110 ans (l'an prochain).

    En tout cas, ce nouveau "Syndicat des Patients" est à suivre de près: une nouvelle scène s'est ouverte avec de nouveaux jeunes acteurs. Le chœur des prisonniers malades montera jusqu'à nos oreilles et touchera nos cœurs: "Liberté! Liberté! l'air libre! La lumière!" (Fidelio ou le respect de la Constitution)

  • On est d'accord, très bonne analyse je dirais comme toujours, mais ne pourrait-on pas avoir une droite (ciblons le PLR, voire le Centre, l'UDC n'a pas forcément besoin d'être nerd) plus intellectuelle ? Justement digne du niveau de M. Décaillet voire de votre serviteur ici. C'est-à-dire une droite qui connaît ses gammes par coeur : philosophie grecque (Platon et co), Bible, histoire économique (de Smith à Marx mais aussi moderne, de Nestlé à Roche), sociologique (le big 3 avec bien sûr Weber, le plus important pour la Suisse de tradition protestante mais bien sûr imprégnée de catholicisme, de toute façon n'est-c'est pas St-Augustin -catholique - le plus grand théologien de tous les temps ?), peut-être une droite aussi très infiltrée et connectée à la Silicon Valley (qui domine le monde de demain avec l'AI). Je pose des questions, mais pour moi la droite suisse n'a pas toujours le niveau actuellement - il manque en Suisse et c'est un calviniste qui vous le dit de bonnes écoles jésuites puissantes dans notre beau pays (au Brésil où j'habite il y a une énorme école jésuite de toute l'élite brésilienne de Sao Paulo, l'école Sao Luis). Je ne dis pas du tout que la gauche l'a, mais la gauche n'a pas besoin de cela. Elle a les émotions, le coeur, nous la droite devons avoir le logos, la raison, l'intelligence, la vision d'une Suisse du futur mais aussi du passé.

    Bien sûr je m'inspire fortement d'une doctrine conservatrice d'un Roger Scruton, mais quel génie cet Anglais. Le conservatisme est cool, mais doit être très bien transmis au peuple, avec pédagogie. Et je le dis souvent, un intellectuel comme Jordan Peterson si bien compris (le problème peu de gens parlent assez bien l'anglais pour le comprendre à 100% et ont la patience ou le temps de l'écouter parler 1h30 sur YouTube) me paraît être un prophète pour la droite conservatrice occidentale.

    Et je sais on pourrait toujours m'accuser d'être dans le monde des idées, mais enfin il faut tout pour faire un monde, j'ai toujours être très platonique, les disciples d'Aristote de droite n'ont qu'à faire le job et transformer l'essai.

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