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Liberté - Page 1636

  • Le tort d'être un homme



    Édito Lausanne FM – Mercredi 06.02.08 – 07.50h


    « J’ai le tort d’être un homme » : le conseiller national Vert Ueli Leuenberger commence à dire franchement, devant les micros et les caméras, ce qu’il nous confie en coulisses depuis des semaines. Candidat à la succession de Ruth Genner pour la présidence nationale de son parti, il se heurte, frontalement, à une cabale féministe particulièrement sectaire, venant principalement de Suisse alémanique.

    On peut partager ou non les convictions d’Ueli Leuenberger, mais nul ne peut contester la compétence, la force de travail, la vision d’ensemble, le courage de cet homme. Parti d’en bas, il s’est fait tout seul. Son caractère, sa détermination sont impressionnants. Mais il y a ce problème, cette tare originelle, cette errance de chromosomes : il est un homme. Oui, il existe, beaucoup du côté de Zurich, un peu chez nous, une manière de vivre le féminisme qui confine à l’intolérance, au rejet de l’autre, au dogmatisme. Le dire, simplement le dire, nous vaut déjà des foudres.

    Le problème, dans cette affaire, n’est pas la concurrente d’Ueli Leuenberger, l’excellente conseillère nationale bernoise Franziska Teuscher, biologiste, présidente de l’ATE, qui aurait aussi, à coup sûr, le format pour le poste. Le problème, c’est le sectarisme des fundi. Et, face à ce néo-conformisme, ce qui fait plaisir à voir, c’est la détermination d’Ueli Leuenberger à se battre. Trop d’hommes, face à un certain féminisme de croisade, ont rampé. Lui, se bat. Lui, existe. Il va prendre des coups, mais il maintient le cap. C’est nouveau, rafraîchissant, comme une petite sortie sur le pont d’un navire, dans la tempête, à contre-courant.

    Cette détermination n’a, chez Ueli Leuenberger, strictement rien de machiste. C’est justement un homme ouvert à la promotion des femmes, il l’a maintes fois prouvé. Mais là, juste là, il a décidé de ne pas baisser la garde. Juste pour donner un signal contre les excès, le fondamentalisme, le sectarisme.

  • La chasse aux sorcières, ça suffit.



    Edito Lausanne FM – Mardi 05.02.08 – 07.50h


    Dimanche soir, à Neuchâtel, un prêtre catholique a mis fin à ses jours. Il avait été impliqué, il y a près de 25 ans, dans une affaire avec un adolescent mineur. Il y avait eu dénonciation, beaucoup plus tard, puis non-lieu pour cause de prescription. Ainsi avait parlé la loi. Depuis, il officiait dans une paroisse, sans contact avec des adolescents.

    Un prêtre qui se suicide pour cause de pression médiatique. Cette pression, j’en ai dit un mot vendredi matin, sur cette antenne, juste avant la conférence de presse de Mgr Genoud, j’y reviens ce matin.

    Les affaires de pédophilie, dans l’Eglise catholique comme ailleurs, sont abominables. Il ne s’agit en aucun cas de les nier. Et la première préoccupation doit en être les victimes. Cela posé, la chasse aux sorcières, ça suffit. La meute, ça suffit. Les redresseurs de torts, ça suffit. L’inélégance de certains pasteurs, défilant dans des studios radio et profitant de l’aubaine pour raviver, face à l’Eglise catholique, des questions qui n’ont rien à voir, ça suffit.

    La presse de Suisse romande, dans cette affaire, a parfois pris des positions qui confinent au délire. J’ai lu un édito, d’une plume avertie et talentueuse, appelant noir sur blanc à l’enfer. J’ai entendu des intervieweurs, d’ordinaire bien conciliants dans leur tonalité, se parer d’un ton glacial lorsqu’ils avaient face à eux Mgr Genoud. Il y a eu crescendo dans le ton de procureur. L’effet Fouquier-Tinville, vieille tentation du métier, a joué.

    Dimanche soir, à Neuchâtel, un prêtre catholique s’est donné la mort. Faudra-t-il d’autres drames pour que se calme un peu la rage mimétisée, moutonnière, tellement facile au fond, et tellement confortable, des justiciers à deux sous ?


  • L'aubaine anti-cathos



    Édito Lausanne FM – Vendredi 01.02.08 – 07.50h



    Il n’est pas question, ici, de nier une seule seconde la gravité des actes commis, en matière de pédophilie, par des membres du Clergé du l’Eglise catholique. Il y a eu atteinte à l’innocence des enfants, cela relève de la loi, celle de la République bien sûr, toute notion de « droit canon » étant, en l’espèce, aussi dépassée que déplacée.

    Mgr Genoud, dans un instant, va s’exprimer. Nous verrons bien ce qu’il dira. Il est sûr, en tout cas, qu’il parle un peu tard, et que la communication, dans cette affaire, a été gérée d’une manière pour le moins approximative. Quelles que soient les qualités de Nicolas Betticher, c’est, depuis longtemps, la voix de l’évêque qu’on attendait.

    Mais il y a autre chose, dont il faudra bien parler : cette tempête d’éditos, de condamnations, revanchardes, à l’emporte-pièce, à la faveur de ces affaires, contre le monde catholique. Ainsi, il y a quelques jours, dans l’émission « Le Grand Huit » à la RSR, le pasteur vaudois Antoine Reymond a lié le thème de la pédophilie à celui du célibat des prêtres. Association pour le moins hasardeuse, même certains de ses collègues pasteurs l’ont reconnu.

    Plus récemment, il y a quelques minutes, je viens d’entendre un commentaire radio, d’un éminent confrère protestant, liant ces abominables affaires de mœurs à la structure hiérarchisée de l’Eglise catholique romaine. Là aussi, on ne peut pas s’ôter de l’idée que certains réformés saisissent la situation – en effet bien inconfortable pour les catholiques – pour faire resurgir les vieilles, les éternelles querelles.

    Ces querelles ont lieu d’être. Il est absolument normal de les poser. Mais, de grâce, par temps de paix. Dans un dialogue interreligieux où puissent régner, sereinement, l’estime et le respect mutuels. Profiter de les déterrer au moment où le diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg affronte une crise majeure, ne m’apparaît pas comme la plus élégante des formules.