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Liberté - Page 1240

  • L'herbe brûlée

     

    Sur le vif - Jeudi 01.03.12 - 15.14h

     

    L'excellent Pierre Maudet sera-t-il candidat au Conseil d'Etat? En attendant la réponse, une remarque: il n'est pas sûr du tout que le Maire de Genève apprécie au plus haut point le passage de son collègue de parti, également ministre des Affaires sociales, à la tête du DCTI.

     

    Car l'intérim de plusieurs mois pourrait bien se prolonger. Une fois élu, le nouveau conseiller d'Etat pourrait être appelé à reprendre le Département de la Solidarité et de l'Emploi. Et le cher camarade de parti de Maudet, se tailler sur mesure un empire dans le legs de Mark Muller. Où il aura, finalement, pris goût à ses fonctions intérimaires. Une bonne raison de se présenter pour un troisième mandat, non?

     

    Ainsi va la vie politique: parfois on chemine ensemble, parfois on se sépare. Parfois on s'embrasse, parfois on se poignarde. On comprendra donc, dans ces conditions, que le brillant jeune loup de la Ville réfléchisse quelque peu avant de se lancer. "On" pourrait lui avoir brûlé l'herbe, nos seulement pour juin 2012, mais aussi pour novembre 2013.

     

    Pascal Décaillet

     

  • Le Petit Régent


    Sur le vif - Jeudi 01.03.12 - 10.03h


    Sans la moindre distance critique, la presse genevoise, ce matin, prend acte du coup de majesté interne au Conseil d'Etat, qui concentre dans les mains d'un seul homme près de la moitié des pouvoirs réels de la République. Ca n'est pas pour quelques mois, mais pour beaucoup plus longtemps que l'homme s'apprête à régner sur un empire. Nommer ses proches. Infiltrer ses relais partout. Non un super-ministre, mais un super-contrôleur, un surintendant général. Un régent.


    Pascal Décaillet

  • Trop de pouvoirs pour un seul homme

     

    Sur le vif - Mercredi 29.02.12 - 16.48h

     

    Puisque personne, parmi mes confrères, ne le dira, les chapes de plomb étant à Genève ce qu'elles sont, je me lance : oui, bien sûr qu'un homme, désormais, au sein du Conseil d'Etat genevois, va tenir en ses mains, pour de longs mois, beaucoup trop de pouvoir. Et cet homme, c'est l'actuel ministre des Affaires sociales, le magistrat radical du gouvernement.

     

    Il était clair, dès ce matin 05.09h, pour qui sait lire entre les lignes, que ce ministre-là allait, tout en gardant l'ensemble de ses prérogatives actuelles, assumer l'héritage de Mark Muller. Officiellement, pour quelques mois. Mais pourquoi pas pour bien davantage ? Ce qui gêne, c'est l'incroyable concentration de pouvoir, jusqu'à l'été, dans les mains d'un seul homme : la Solidarité, l'Emploi, Palexpo (où tous les pions ont soigneusement été placés), l'Aéroport, les Constructions, les Technologies de l'Information, le Plan directeur cantonal. Sans compter la tutelle, avec Charles Beer, de Madame Rochat ! C'est trop, beaucoup trop. Du jamais vu, dans l'Histoire récente de Genève.

     

    Comment Pierre-François Unger a-t-il pu laisser glisser tant de prérogatives, auxquelles s'ajoutent les pouvoirs de nommer, révoquer, copiner, dans le giron d'un seul de ses cinq collègues restants ? C'est ahurissant, inexplicable. Que va faire, pendant ce temps, Madame Künzler ? Observer les castors ? Déséquilibre !

     

    On sait maintenant qui va être le véritable homme fort du Conseil d'Etat. Déjà que l'homme n'a pas son pareil pour placer les siens, maîtriser les réseaux, tout contrôler. Il y aura désormais l'aimable PDC qui coupe les rubans, et le redoutable ancien secrétaire général de Guy-Olivier Segond, à qui rien n'échappe. Parce que tout son système repose sur le contrôle. Et pour l'épauler, un homme de l'ombre qui a, en plus, la haute main sur la répartition des bénéfices de la Loterie romande.

     

    Trop de pouvoirs pour un seul homme. Sans parler de la quasi-totalité de la presse couchée devant lui. Le début d'une dérive.

     

    Pascal Décaillet