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Sur le vif - Page 860

  • Nous sommes tous des Tessinois

     

    Sur le vif - Samedi 18.01.14 - 17.42h

     

    Genève s’intéresse au Tessin, et le Tessin s’intéresse à Genève. Avant-hier, je donnais une interview à mes amis du Giornale del Popolo, dont je suis chroniqueur politique depuis des années, sur les possibles similitudes entre les deux cantons dans le vote du 9 février prochain sur l’immigration de masse. Si je prévois un oui très large au Tessin, il me semble tout de même que Genève refusera l’initiative. Et puis, ce matin, très bonne page 3 dans la Tribune de Genève (et 24 Heures), sur la situation du Tessin, soumis à une pression migratoire très violente de la part de la Lombardie : soixante mille frontaliers, soit un travailleur sur quatre, et un taux de chômage de 4,9%. Ça ne vous rappelle rien ?

     

     

    Le Genevois qui lit cette page 3, il pense à qui ? Aux Tessinois ? Oui, sûrement. Mais évidemment, par effet de miroir, comment pourrait-il ne pas songer à lui-même ? Pression migratoire, frontière, chômage, voilà des mots qui lui parlent. Bien sûr, nous ne votons pas le 9 février sur l’idée de frontière, enfin pas officiellement. Nous votons sur une régulation des flux migratoires. Nous ne votons pas sur les frontaliers, mais bien sur les personnes qui viennent s’établir en Suisse : quelque 80'000 par an depuis l’entrée en vigueur des bilatérales. C’est beaucoup.

     

     

    Nous ne votons pas sur la frontière, mais le grand retour de cette notion que des générations de libéraux-libertaires, tout occupés à la mondialisation, ont voulu diluer, occupera puissamment les esprits. Oui, le Tessin et Genève figurent dans les cantons exposés. En termes de front, on appelle cela la première ligne. Comme par hasard, c’est au Tessin et à Genève que prospèrent des partis, Lega ou MCG, thématisant la notion de frontière.

     

     

    Je continue de penser que Genève rejettera l’initiative, et n’émets aucun pronostic sur le résultat final suisse. Parce que notre gauche à nous, avant tout les Verts mais aussi une partie des socialistes, demeure bizarrement acquise au libre-échangisme sans entraves. Que ce principe n’ait enrichi que les plus puissants, généré une sous-enchère éhontée (et qu’ils devraient être les premiers à condamner) ne semble pas les rebuter. Comme s’ils demeuraient envoûtés par un libéralisme ultra qui a fait faillite, et dont une partie croissante de la droite se détourne. Au Tessin, on est moins bobo :Verts et socialistes soutiennent l’initiative.

     

     

    Genève et le Tessin : beaucoup de points communs. Il sera passionnant, au soir du 9 février, d’observer, canton par canton, et même district par district, comment la Suisse aura voté. Genevois et Tessinois seront sous les projecteurs. Comme ils sont, aujourd’hui, en première ligne du front migratoire.

     

     

    Pascal Décaillet

     

  • Mehr Demokratie in ARENA als in INFRAROUGE

     

    KOMMENTAR - Pascal Décaillet - Samstag, den 18.01.14 - 15.09 Uhr



    Ich habe gerade die Arena Sendung von gestern abend angesehen, über die Abstimmung vom 9. Februar (Massenmigration). Bundesrätin Simonetta Sommaruga und Walliser Regierungsrat Jean-Michel Cina im Lager der Gegner. Gegenüber: Schaffhauser Ständerat Thomas Minder (ja, DER Minder) und SVP Fraktionschef Adrian Amstutz. Viele Leute im Hintergrund, unter denen meine Kollegin Ariane Dayer. Frau Sommaruga war nicht allein, nicht königlich gestellt, wie Herr Burkhalter in Infrarouge: sie war mitten in der Debatte, was ganz normal ist. Sie war eine, unter anderen. Vasall vor der Macht ist man wahrscheinlich weniger bei DRS als bei den Welschen. Es herrscht mehr Demokratie in ARENA als in INFRAROUGE.



    Die Debatte ist klar und interessant gewesen, Frau Sommaruga verteidigt die Stellung des Bundesrats mit Respekt und Klasse. Aber einen unvergleichbaren Vorteil haben die Pro-Initiative: sie erwähnen, und erwähnen noch (jedesmal wenn sie das Wort haben) den Vorrang der völkischen Entscheidung, in der Schweiz, über administrative Verträge mit UE. Zuerst das Volk, erinnert noch und noch Amstutz, dann das Parlament, endlich die Exekutive.



    In diesem Sinne betrachte ich sie als Sieger. Dem Volke haben sie direkt gesprochen. Dem Volke, und nicht nur der politischen Klasse. Dem Volke, in seiner Souveränität. Dem Volke, in seinem Stolz. Dem Volke, als Entscheider unseres Schicksals. Schon überzeugt war ich ja vorher, Sie hatten das durschschauen können, wenn Sie mich manchmal, hier oder anderswo, lesen.

     

    Manchmal werde ich hier, wenn ich über ein bisschen Zeit verfüge, einige Zeilen für meine deutschsprachigen Freunde schreiben. Wenn sie mir natürlich die Armut meiner Ausdrücke verzeihen möchten.



    Pascal Décaillet

     

  • 9 février : il suffit de voter oui

     

    Sur le vif - Jeudi 16.01.14 - 17.40h

     

    Un sondage Gfs-SSR dont la légendaire crédibilité ne nous arrachera, tout au mieux, qu’un sardonique éclat de rire. Un matraquage hallucinant des milieux patronaux, que bizarrement dans notre pays on appelle « les milieux de l’économie », comme si un ouvrier, une caissière, un paysan de montagne, un petit indépendant ne participaient pas pleinement, eux aussi, à notre économie nationale. Des dizaines de millions jetés dans la campagne du non. Un président de la Confédération ayant annoncé dès le 1er janvier qu’il serait le commis-voyageur en chef des opposants, menant la charge tambour battant, Matinales par ci, Infrarouge par-là, et ayant de surcroît le culot de déclarer qu’il ne faisait pas campagne. On pensait que tout cela suffirait à définir la machine de guerre du non à l’initiative « contre l’immigration de masse », sur laquelle nous votons le 9 février.

     

    Eh bien non. Cela ne suffisait pas. Il aura encore fallu qu’hier, un Conseil fédéral bien nerveux vînt nous fourguer in extremis, à trois semaines du verdict du peuple et des cantons, des mesures d’accompagnement qu’il aurait dû nous annoncer depuis des années, si la dérive néo-libérale et la sanctification de la libre circulation absolue, conçue comme un dogme, ne l’avaient à ce point, et depuis si longtemps, aveuglé.

     

    Depuis le départ de Jean-Pascal Delamuraz (1998), le dernier grand radical, le dernier de cette famille qui fût de tempérament à se soucier en priorité de l’intérêt supérieur de l’Etat, des petites gens, de notre cohésion sociale et nationale, oui le dernier radical qui ne fût point en génuflexion devant les forces de l’Argent, le Conseil fédéral donne l’impression de n’agir qu’au service d’une économie mondialisée, où la spéculation de quelques-uns, hélas, l’emporte sur l’intérêt de tous.

     

    On nous dit que la libre circulation, depuis dix ans, est un facteur de croissance. Admettons-le. Mais qui, en priorité, dans ce pays, en a profité ? Ces 80'000 nouveaux migrants par an, qui ont-ils, avant tout, enrichi ? Voter oui le 9 février, ça n’est en aucun cas fermer la porte à l’immigration. Encore moins, déconsidérer l’étranger dans une démarche de nature xénophobe. C’est juste instaurer, au service de tous, un minimum de régulation pour éviter, un jour, l’explosion par le surplus. J’ignore absolument quel résultat obtiendra l’initiative le 9 février. J’ignore si elle passera. Mais une chose est sûre : quel que soit le résultat, la Suisse devra empoigner, dans les années qui viennent, la question migratoire. Si ce n’est par des contingents (la solution de l’UDC), cela pourrait être par une typologie plus sévère des choix d’accueil, en fonction des besoins sur le marché du travail.

     

    « Il ne suffit pas de voter non », titrait récemment un éditorialiste à Genève. Je suis bien d’accord avec lui : on pourrait parfaitement, par  exemple, pousser le souci de l’intérêt supérieur de notre population résidente jusqu’à voter oui.

     

    Pascal Décaillet