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  • François Longchamp rencontre demain une délégation de grévistes

     

    Sur le vif - Mercredi 06.01.10 - 12.40h

    L'homme à trois têtes sort de son invisibilité: demain, une délégation de sept personnes, avec notamment le syndicaliste Yves Mugny, sera reçue à 11.30h dans le bureau de François Longchamp. Les deux hommes ont eu une conversation téléphonique, ce matin. La délégation admise dans le bureau du magistrat sera très réduite, mais un cortège d'accompagnement est prévu.

     

    PaD

  • François Longchamp, l’homme à trois têtes

     

     

    Sur le vif - Mercredi 06.01.10 - 10.35h

     

    Dans l’affaire de la grève à l’aéroport, le très remuant syndicaliste Yves Mugny se trouve, un peu comme devant la porte des Enfers, face à une créature à trois têtes. En plus d’être tricéphale, ce qui est déjà peu banal, elle est invisible. Trois têtes, dont aucune ne se montre, c’est le conseiller d’Etat François Longchamp. Mythologie ou conte fantastique, une histoire qu’on hésiterait (à l’instar de certains romans de Chessex) à raconter aux enfants, les cauchemars sont si vite là.

    Trois têtes : président de l’Aéroport international de Genève, ministre des Affaires sociales, président du Conseil d’Etat. C’est beaucoup. Un seul de ces titres, déjà, justifierait, disons, un peu d’attention pour ce qui est en train de se passer entre partenaires sociaux. Pour un magistrat qui ne cesse de louer les mérites des négociations contractuelles, on se serait peut-être attendu à un minimum d’intérêt pour ce conflit. Grand admirateur de Jacques Chirac, le radical se souvient-il du rôle éminent que joua le jeune secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, entre Georges Séguy et le patronat, à Grenelle ?

    Seulement voilà, dans le cas d’espèce, c’est un peu ennuyeux : président du Conseil d’Etat et président de l’Aéroport, c’est être à la fois un arbitre putatif et, à coup sûr, quoi qu’il s’en défende, un patron de l’ombre. Donc, juge et partie. Alors, on répond aux cris (certes assez vociférants) par l’arrogance du silence. C’est une tactique. Jusqu’à quand durera-t-elle ? Hier soir, en plus du socialiste René Longet, c’était la libérale Nathalie Fontanet qui appelait le ministre à pointer un peu le bout de son nez.

    L’aéroport, c’est le joyau de François Longchamp. En pâmoison devant le conseiller d’Etat Louis Casaï (qui fit construire la piste en pleine Seconde Guerre mondiale), l’actuel président du Conseil d’Etat, tout fier d’avoir, il y a quatre ans, arraché ce fleuron au Département de l’Economie (dont il relevait pourtant naturellement), a voulu faire de cette plate-forme aéroportuaire sa chose. On ne touche pas, on ne salit pas l’aéroport. Surtout, on ne vient pas y braire avec des banderoles.

    L’homme à trois têtes, silencieux, invisible, face aux rugissements. L’homme à trois têtes, c’est le pouvoir. Trois fois le pouvoir. Trois fois trop.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

  • La flibuste et l’homme de l’ombre

    «Une opération de flibustiers » : c’est par ces termes que le secrétaire général adjoint du Département de la solidarité et de l’emploi, à Genève, a qualifié hier, sur les ondes de la RSR, l’action du syndicat SSP à l’aéroport de Genève.

    Dérivé du néerlandais « vrijbuiter » (celui qui tente librement d’obtenir un butin), le mot « flibustier », qui pourrait aussi remonter à « free booter », une sorte de franc-tireur marin, commence par désigner les corsaires des Antilles qui attaquent des bateaux, avant de s’étendre, dès l’époque des Lumières, au sens d’escroc, ce qu’il désigne clairement aujourd’hui.

    Le syndicat qui tente, depuis 48 heures, de ralentir l’activité de l’aéroport mérite-t-il une telle étiquette ? A chacun d’en juger. Ce qui est sûr, c’est qu’un mot aussi fort ne peut avoir crédit et légitimité que s’il vient de la bouche d’un élu du peuple, tiens par exemple le magistrat en charge.

    Cette légitimité, cette liberté de parole ne sauraient être celles d’un secrétaire général adjoint. A moins – ce que nul n’ose imaginer – que ce dernier ne soit investi d’une fonction beaucoup plus politique que son cahier des charges ne le laisserait paraître. Une sorte de « chargé des missions spéciales », par exemple. Ou de corsaire du langage. Celui qui, le premier, monterait à l’abordage. Pour dégager le terrain. La fonction publique, décidément, recèle des trésors méconnus. Quelque part à la sainte-barbe. A côté de la cabine du capitaine. Là où se trouvent les explosifs.

     

    Pascal Décaillet