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Le printemps des moralistes

 
Sur le vif - Mardi 23.02.21 - 09.59h
 
 
Le printemps approche, les moralistes bourgeonnent ! Ils sont partout. Vocations ratées de pasteurs, de curés, d'aumôniers de centres aérés, de confesseurs pour âmes en peine. L'index érigé vers le ciel, l’œil bienveillant de celui qui a saisi l'essence précieuse du bien, et daigne vous en laisser perler quelques gouttelettes, en échange de votre contrition. Ils bourgeonnent, ils fleurissent, ils pullulent, ils sont la pollution nocturne de l'enfant de choeur.
 
Ils analysent la politique à la seule aune de la morale. Ils n'ont jamais lu Machiavel, ni Tocqueville, mais sans doute la Comtesse de Ségur, Camille, Madeleine, Sophie, le Cousin Paul, Madame de Réan, l'ignoble Madame Fichini, la punition, le fouet. Leur univers n'est pas celui de l'analyse, ni du recul, ni de la patience par les textes, ni de l'ascèse dans le chemin de connaissance. Non, il est forgé de pulsions de châtiment, le bien, le mal, la rédemption, le "travail intérieur", le "chemin sur soi".
 
Mais qu'ils se convertissent, les tièdes agneaux ! Le Cloître les attend, sandales et robes de bure, laudes et matines, règle de Saint-Benoît, férule de l'horaire, plain-chant, suprême jouissance de se relayer, pendant le repas silencieux, pour lire à haute voix la Sainte Parole.
 
Pour notre part, nous continuerons à prendre les hommes comme ils sont. Dissocier le temporel du spirituel. Laisser la morale aux moralistes. Nous continuerons, infatigablement, de nous renseigner sur l'Histoire telle qu'elle fut, avec sa part de noirceur, ses guerres, ses traités, l'analyse des besoins économiques, les massacres, les luttes pour le pouvoir, les prétextes moraux jetés en pâture. A des agneaux, sur le chemin.
 
 
Pascal Décaillet

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