Liberté - Page 57
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Bravo, Alberto !
Sur le vif - Jeudi 22.05.25 - 18.14hAlberto Velasco, de la première à la dernière seconde de son année de fonction, a été un excellent Président du Grand Conseil. Je l'ai salué chaleureusement il y a un an, je le salue à nouveau ce soir, tout en adressant mes félicitations à Ana Roch, qui lui succède.Excellent, pourquoi ? Parce qu'il a su demeurer au-dessus de la mêlée. Jamais il n'a favorisé l'un des siens, bien au contraire. Il a toujours eu, dans la prise de parole, la hauteur et le sens de l'intérêt général qui le caractérisent.Alberto est, profondément, un républicain. Il a le sens de l'Histoire, de la dignité des institutions. Il sait que le Parlement est au service du peuple, et de lui-seul, il n'a aucun compte à rendre au gouvernement, dont il est l'organe de contrôle. A cet égard, le Président du Grand Conseil n'a aucune déférence particulière à rendre à un ministre, lorsque ce dernier s'exprime au sein du Parlement. Cette distance, Velasco l'a eue : il a servi le peuple, et lui-seul.Quant à Ana Roch, femme d'engagement tous azimuts, personnalité compétente et sachant trouver des compromis, capable de discuter avec tous, dotée d'une capacité de travail de nature à impressionner l'entrepreneur que je suis, elle a largement l'envergure pour assumer cette fonction.Pascal Décaillet -
L'impératif social
Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.05.25
Premiers mois au pouvoir de Donald Trump, Ukraine, Proche-Orient, élections municipales à Genève, mort du Pape : tant de sujets qui nous ont occupés, et qui nous ont, hélas, détournés pour un temps de ce qui doit être, à mes yeux, notre préoccupation majeure : la douce, lente et solide construction de notre Suisse sociale. Au fond, ce qui nous lie. Ce qui, depuis 1848, nous fait tenir ensemble.
Sans une attention soutenue aux uns et aux autres, et principalement aux plus faibles d’entre nous, la Suisse s’écroule. La cohésion sociale, entre nantis et dépourvus, entre générations, entre villes et périphéries, entre plaine et montagne, loin d’être un luxe, est une condition de notre survie. A quoi bon faire la Suisse, si c’est pour oublier les Suisses ?
Les grands chantiers, on les connaît : la santé, les retraites. A Berne, ils sont immenses, avec des enjeux structurels autrement plus importants que toutes les autres questions, à part la sécurité, la formation, l’agriculture, la souveraineté alimentaire, et surtout cette relance de l’industrie que j’appelle de mes vœux, y compris ici, depuis tant d’années.
A Berne, loin des projecteurs, d’excellents parlementaires, à gauche comme à droite, font avancer, pas à pas, des dossiers moins spectaculaires que la Caisse unique, ou l’âge de la retraite, mais d’une importance majeure. Donnons-leur la parole ! Débattons-en ! La Suisse sera sociale, solidaire, ou disparaîtra.
Pascal Décaillet
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Gaza : ça suffit, la Suisse officielle doit parler !
Sur le vif - Mercredi 21.05.25 - 14.29hExcessives sur la forme et sur les mots choisis, les prises de position de deux parlementaires fédéraux genevois sur M. Cassis n'en sont pas moins parfaitement pertinentes sur le fond.Sur le Proche-Orient, depuis des décennies, vous connaissez ma position : amitié pour Israël, amitié pour les Palestiniens. Souhait, tellement vif, d'avoir un jour deux Etats, celui d'Israël, celui de Palestine.Maintes fois, je me suis rendu au Proche-Orient. Toujours, comme Suisse, j'ai été bien accueilli par les deux parties en présence. Notre pays, en ces terres de déchirures et de souffrances, mais qui nous sont tellement matricielles, est perçu comme un pays de paix. De même, dans les dernières années avant les Accords d'Evian (1962), la Suisse était respectée à la fois par la France et par le FLN, pour son rôle d'écoute, de patience, d'intermédiaire.Ignazio Cassis, sur l'affaire du Proche-Orient, n'est pas l'homme de la situation. Sa préférence affichée depuis toujours pour Israël, son refus total d'écouter les sensibilités du monde arabe, et notamment l'immense souffrance des Palestiniens à Gaza, son silence face à l'horreur, tout cela le disqualifie pour continuer à exercer ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères.Que, tout au moins, le dossier du Proche-Orient soit géré par le collège entier du Conseil fédéral. Que la Commission des Affaires extérieures du Parlement soit écoutée. Que la voix des Palestiniens monte enfin jusqu'à Berne. Que l'émotion de tant de Suisses devant le carnage soit perçue. Elle était nôtre, en faveur d'Israël, au lendemain des abominables attentats du 7 octobre. Elle est nôtre, aujourd'hui, face aux massacres de Gaza.La Suisse officielle doit sortir de son silence. J'ai plaidé depuis des décennies pour qu'elle reconnaisse un Etat de Palestine. Mais aujourd'hui, tout cela est tellement loin. Il s'agit, avant toute chose, d'arrêter le massacre. Il s'agit de mettre un terme à l'infinie souffrance d'un peuple. Nul besoin, pour affirmer cela, d'aller chercher des mots empruntés aux années de braise de la Seconde Guerre mondiale. Nul besoin de l'emphase des colleurs d'étiquettes. Nul besoin de jeter de l'huile sur le feu. Simplement, nous déclarer amis des deux peuples en conflit. Mais rejeter, par la voix de la Suisse officielle, la folie meurtrière de l'actuel gouvernement d'Israël.Nous ne condamnons pas un Etat, encore moins son peuple, encore moins son droit à se défendre. Nous condamnons la démesure totale, la disproportion inimaginable, dans la répression. Avec ou sans Cassis, de préférence sans, la Suisse officielle doit dire cela. Ou perdre son honneur.Pascal Décaillet