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Liberté - Page 298

  • La vie privée, ça existe !

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.06.22

     

    De quoi, au fond, la politique doit-elle s’occuper ? Depuis ma jeunesse, je planche sur cette question, fondamentale. Et je fais partie d’une école de pensée, une philosophie politique, qui lui apportent une réponse précise, cadrée, où demeure la césure capitale, celle de ma génération, entre vie privée et espace public. Aujourd’hui, cette séparation s’estompe, jusqu’à parfois se diluer. Je le regrette infiniment. Eh oui, on a parfaitement le droit de déplorer le cours des choses, ne pas s’ébahir devant toute mode, toute évolution, toute jeunesse. Le droit d’affirmer les valeurs de son âge, ses lectures, ses passions, ses admirations. Mes références s’appellent Charles de Gaulle, Willy Brandt, Pierre Mendès France. Je les assume. Je les emporterai avec moi, dans l’autre monde.

     

    Alors, où place-on la limite du champ politique ? Là aussi, j’apporte une réponse qui pourra déplaire à certains jeunes (pas tous), je respecte leur position, j’énonce la mienne. Lecteur d’Aristote, je note que la politique est l’affaire de la Cité. Entendez l’espace public, avec des institutions, un droit de vote accordé à certains, et non à d’autres, des citoyennes et des citoyens libres, de qui tout procède (là, j’en suis déjà au système suisse). Dans ce champ, nous avons à décider, tous ensemble, des affaires concernant les intérêts supérieurs d’un Etat. En statuant, non sur toutes les choses de la vie, mais sur quatre ou cinq priorités publiques, touchant à l’indépendance du pays, sa souveraineté, la sécurité nationale, celle des personnes et des biens, les assurances sociales, la solidarité, les systèmes de santé, les retraites, la formation, les grandes infrastructures, les choix énergétiques. J’ai presque tout dit. Et, pour ma part, je m’en tiens à cela.

     

    Autrement dit, je n’inclus pas dans le champ politique tout ce fatras de préoccupations privées, familiales, alimentaires, toutes ces questions liées au genre, qui envahissent l’espace public depuis quelques années. Non qu’il faille les taire. Mais ces sujets « de société » ont pris une telle importance dans les débats qu’ils éclipsent la finalité même de la politique, qui se définit autour d’un Etat, d’une nation, de ses intérêts vitaux à préserver. Ces mots-là vous semblent datés ? Vous avez tort. La paix ou la guerre, la victoire ou la défaite, l’indépendance ou la sujétion, tout cela existe, l’Histoire la plus récente nous le rappelle. Survivre comme nation, comme communauté humaine libre, n’est pas garanti. Et dépend de nous seuls. Le jour venu, seule compte la cohésion nationale, tous les mirages de facilité s’évanouissent.

     

    Dans ces conditions, on comprendra que mes attentions intellectuelles soient davantage magnétisées par la question centrale de l’Etat et de la nation, que sur le mode de vie alimentaire, carnivore ou végétarien. Cela n’a tout simplement rien à faire dans le débat politique. Ma position personnelle, sur la question, aurait d’ailleurs de quoi vous surprendre. Mais justement, je la garde pour moi. Et pour mes quelques proches.

     

    Pascal Décaillet

  • Macron, le pacifique qui aimait les barrages

     
    Sur le vif - Mardi 14.06.22 - 16.30h
     
     
    A force de "faire barrage aux extrêmes", la Macronie pérennise en France l'étrangeté physique d'un centre mou, introuvable, sans repères. Un Marais.
     
    Faire barrage à l'extrême droite, ça veut dire quoi ? Considérer, pendant cinq ans, comme des citoyens de deuxième zone les 42% d'électeurs de Marine Le Pen, au second tour ?
     
    Faire barrage à l'extrême gauche, ça veut dire quoi ? Prendre de haut les millions d'électeurs de Mélenchon ? La fureur montante contre le libéralisme sans entraves ?
     
    "Faire barrage" à la droite et la gauche les plus claires, chacune désormais en tête dans son camp, c'est diluer volontairement tout ce que la politique peut avoir d'idéologique, d'antagoniste, dans le sens le plus noble depuis la Révolution française et les grands affrontements sous la Convention, au profit d'un centrisme vague, visqueux, opportuniste, ductile comme un métal prêt à toutes les fusions. Une démocratie chrétienne de vicaire douteux.
     
    Macron, l'homme sans repères. Doué pour guetter l'occasion. Surdoué pour diviser l'adversaire. Incomparable pour durer. Mais au service ce quelle grande cause ? Quelle vision supérieure de la chose publique ? A l'aube du second quinquennat, ces questions fondamentales n'ont encore trouvé aucune réponse.
     
     
    Pascal Décaillet

  • L'essence ? Mais elle précède l'existence !

     
    Sur le vif - Mardi 14.06.22 - 12.55h
     
     
    Pouvoir d'achat : il faut lancer la démocratie directe. Les nantis des corps intermédiaires préfèrent se pavaner dans le palais des glaces des ineffables "sujets sociétaux". Pour aller en pérorer dans l'une des 397 émissions qui leur sont consacrées sur les innombrables chaînes de la SSR. Menées par des bobos, pour des bobos. On est si bien, entre soi.
     
    Ainsi, l'ahurissant refus, hier au Conseil des Etats, d'une réduction des taxes sur l'essence et le chauffage. C'était, pourtant, la voix du bon sens, de la raison. Et un signal d'attention aux réels soucis prioritaires de l'écrasante majorité des gens, dans ce pays. La masse des habitants, pas les bobos !
     
    Que le peuple suisse donne une leçon à cette cléricature, totalement déracinée de la vraie hiérarchie des préoccupations et des souffrances.
     
    Le peuple ! Pas celui qui vocifère. Pas celui de la rue. Mais celui qui vote. En ordre de bataille. Il est le souverain. Celui dont tout procède.
     
    Pour les classes moyennes qui n'en peuvent plus d'être tondues, l'essence précède l'existence. Avec ou sans plomb.
     
     
    Pascal Décaillet