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  • Thomas : voir, pour croire ?

     

    Sur le vif - Mardi 03.12.19 - 14.31h

     

    Plus j'observe le jeune Thomas Juch, président des Jeunes libéraux-radicaux genevois, Argovien d'origine, plus je me dis que nous tenons là un tempérament politique d'avenir.

    Voilà un jeune homme dont toutes les apparences laisseraient poindre l'image d'un gendre idéal, un gentil Alémanique, devenu premier-lieutenant pour ne pas déplaire à la convenance, toujours poli, jamais contrariant.

    Oui mais voilà, la vie c'est se méfier du paraître. Il ne suffit pas de voir, pour croire. En maintes circonstances, sur le plateau de GAC, ou des Yeux dans les Yeux, ces dernières semaines, le gendre a montré, sans le moindre énervement, ni même hausser la voix, qu'il avait un jugement sûr et lucide, centré sur l'objet même du débat, en toute indifférence des circonstances, des passions, ou de la personne qu'il avait face à lui.

    Une capacité aiguë de discernement, qui l'amène très souvent à attaquer de front son propre parti "adulte", le PLR. Dernier épisode en date (cf. le Temps) : une proposition de refonte totale des statuts du parti genevois, et quelques jouissifs missiles décochés contre les intouchables, les indécrottables, les apparatchiks.

    Plus j'observe ce garçon, plus je me dis qu'il a en lui la force tranquille, le souffle aussi, de ceux qui n'ont, dans la vie, aucune espèce d'intention de se laisser distraire des objectifs qu'ils se sont donnés à eux-mêmes. Et qu'ils sont seuls à connaître.

    Bravo, Thomas, continuez. Sous votre apparence lisse et facile, il y a des équations cachées, du non-dit, de la pudeur aussi. Et sans doute, une volonté de lumière et de vérité qui pourraient faire pas mal de bien, au sein d'un parti genevois bien trop las de porter ses fatigues patriciennes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Regula, les Saxons, l'ardeur

     

    Sur le vif - 03.12.19 - 10.40h

     

    Le groupe des Verts libéraux aux Chambres fédérales nous fait savoir aimablement qu'il recevra Regula Rytz, candidate des Verts au Conseil fédéral, en milieu d'après-midi, et... qu'il n'y a strictement rien à attendre de cette rencontre au sommet !

    Rien : ni décision du groupe (reportée au 10 décembre, veille de l'élection, une fois que tous les autres se seront prononcés), ni communiqué de presse, ni le moindre frémissement de paupière, rien !

    Galvanisés par cette nouvelle fracassante, révélatrice du courage, du sens de la surprise, de l'offensive, de l'anticipation, de ce parti, adepte de la guerre de mouvement, qui bouscule les normes et bascule les lignes ennemies, nous envoyons toutes nos équipes au Palais fédéral, cet après-midi.

    Quant à Regula, elle peut compter, de la part de ce parti, sur le même soutien que celui porté par les Saxons à Napoléon, lors de la bataille de Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813.

     

    Pascal Décaillet

     

     

  • Mariss Jansons (1943-2019) : dépossession d'une âme

     

    Sur le vif - Dimanche 01.12.19 - 12.36h

     

    Mariss Jansons ! Le monde de la musique perd l'un des plus grands chefs de notre époque. J'apprends à l'instant son décès, ce matin à Saint-Pétersbourg, à l'âge de 76 ans. Coïncidence : hier soir, je regardais encore la Dame de Pique, de Tchaïkovski, texte de Pouchkine, sous sa direction, sur Mezzo.

    Il y a 23 ans, à Oslo, il avait été foudroyé par une attaque cardiaque, alors qu'il dirigeait la Bohème. Il s'en était remis. Il avait repris le chemin des pupitres.

    Incroyable destin que celui de ce petit garçon, né en 1943 en Lettonie, et qui avait été caché pour échapper à la déportation.

    Incomparable, aussi, la tenue et la renommée qu'il avait données au Concertgebouw d'Amsterdam. Puis, à l'Orchestre de la Radio Bavaroise. Sans compter la fougue de ses Concerts du Nouvel-An, à Vienne. Un très grand, oui.

    De ce spécialiste de la musique russe, mais aussi de Mahler, Dvorak, Bartók, et tant d'autres, je retiendrai, outre son génie dans la compréhension des œuvres, la capacité d'expression de son visage, la beauté, vive, pénétrante, immédiate, de son regard.

    Nous nous sentons, en ce dimanche, tout aussi dépossédés d'une âme que lorsque nous quittèrent, ces dernières années, des gens comme Claudio Abbado (2014), ou Nikolaus Harnoncourt (2016).

    Quoi de plus saisissant que la singularité d'un être, dans le fracas du monde ?

     

    Pascal Décaillet